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La liberté de Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, épouse et fils du journaliste Madiambal Diagne, demeure suspendue à une étape procédurale déterminante. La Chambre d’accusation financière a ordonné leur mise en liberté sous bracelet électronique et assignation à résidence, mais l’exécution de cette décision reste conditionnée à la position du Parquet général, qui conserve la possibilité de former un pourvoi.
En infirmant l’ordonnance du doyen des juges d’instruction, la Chambre d’accusation financière a ainsi décidé de l’élargissement des deux mis en cause. Cette mesure s’accompagne toutefois de contraintes strictes : port d’un bracelet électronique, assignation à résidence, remise des passeports et interdiction de tout contact avec les autres protagonistes du dossier, y compris le journaliste concerné. Ces dispositions visent à permettre une sortie de détention tout en garantissant la poursuite sereine de l’enquête et la sécurité des personnes impliquées.
La motivation de la décision traduit la recherche d’un équilibre délicat entre le respect des libertés individuelles et les impératifs de l’instruction. La mise en liberté sous surveillance électronique reconnaît le principe de liberté auquel peuvent prétendre les proches d’un prévenu, sans pour autant leur accorder une liberté totale de mouvement. L’assignation à résidence et la confiscation des passeports réduisent les risques de fuite et de pressions susceptibles d’altérer le cours de l’enquête. Toutefois, la faculté laissée au Parquet général de contester la décision empêche toute application immédiate et maintient, pour l’heure, la détention provisoire.
La logique suivie par la Chambre d’accusation repose sur la nécessité d’adapter les contraintes à l’état du dossier. Le bracelet électronique apparaît comme une solution intermédiaire, limitant les risques de fuite tout en évitant une privation de liberté prolongée. L’assignation à résidence permet de préserver l’intégrité de l’enquête en encadrant strictement les déplacements et les interactions, tandis que la remise des passeports empêche toute sortie du territoire. En parallèle, la possibilité d’un pourvoi du Parquet général illustre la vigilance du ministère public dans des affaires sensibles, vigilance susceptible de prolonger la détention jusqu’à l’issue définitive du recours.
Ce dossier met en lumière la succession de verrous procéduraux qui conditionnent l’effectivité des décisions judiciaires. Si la Chambre d’accusation peut ordonner une mesure, son exécution dépend néanmoins du jeu des voies de recours et des délais qu’elles impliquent. Les proches d’un prévenu se retrouvent ainsi tributaires d’un calendrier juridictionnel sur lequel ils n’ont aucune prise. Cette situation nourrit une incertitude à la fois psychologique et pratique : l’espoir d’une libération prochaine se heurte à la crainte d’un pourvoi du Parquet, compliquant à la fois la stratégie de défense et la vie quotidienne des intéressés.
Les précautions prévues par la décision traduisent une attention particulière aux garanties procédurales et à la protection de l’instruction. Le bracelet électronique et l’assignation à résidence constituent des outils de contrôle destinés à concilier l’autorité judiciaire avec le respect des libertés individuelles. Quant à la possibilité de pourvoi du Parquet général, elle s’inscrit dans le cadre normal de l’action publique, afin d’assurer la défense des intérêts de la justice jusqu’à l’épuisement des voies de recours. Tant que ce mécanisme n’aura pas été tranché, la liberté des mis en cause restera en suspens.
En définitive, la décision de la Chambre d’accusation financière ouvre une perspective de liberté pour Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne, mais cette perspective demeure étroitement encadrée par le Parquet général. La mise en liberté sous bracelet électronique et assignation à résidence témoigne d’une volonté de limiter la détention lorsque des alternatives existent, sans compromettre le contrôle de l’enquête.
L’issue dépend désormais d’un ultime choix procédural : si le Parquet renonce au pourvoi, la mesure pourra être appliquée ; s’il saisit la voie de recours, la détention se prolongera dans l’attente de la suite de la procédure. Le sort des deux personnes repose ainsi moins sur la décision initiale que sur l’orientation donnée à l’étape suivante.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Faye.
Mis en ligne : 06/01/2026
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