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Le Pool judiciaire financier (PJF) est un organe chargé de la lutte contre la corruption et le détournement de fonds publics au Sénégal. Récemment, des déclarations ont été faites concernant le traitement des dignitaires de l’ancien régime de Macky Sall, soulevant des interrogations quant à l’impartialité de la justice. Arona Coumba Ndoffène Diouf, ancien ministre-conseiller, a évoqué des pratiques de recouvrement d’avoirs en dehors des radars, ce qui questionne la transparence des actions menées par le PJF.
Le PJF a été établi pour faire face aux cas de corruption au sein des institutions publiques. Son rôle est de récupérer les fonds détournés et de sanctionner les responsables. Cependant, la perception de son efficacité et de son impartialité est souvent mise en doute. Les accusations de favoritisme ou de traitement inéquitable à l’égard de certains anciens dignitaires soulèvent des préoccupations sur la justice au Sénégal. La médiation pénale, un des outils utilisés par le PJF, est censée faciliter le recouvrement des fonds, mais elle peut également être perçue comme un moyen de contourner les procédures judiciaires traditionnelles.
Les déclarations de Diouf indiquent que certains dignitaires auraient réussi à « passer à la caisse en douce », suggérant une certaine opacité dans les opérations du PJF. Cette situation soulève des questions sur l’équité du traitement accordé aux anciens responsables de l’État. En comparaison, d’autres cas de figures politiques, comme celui d’Ousmane Sonko, ont été traités avec une grande rigueur, ce qui accentue le sentiment d’inégalité dans l’application de la loi. Les décisions rendues par la justice dans ces affaires, bien que souvent applaudies par certains acteurs, peuvent être perçues comme biaisées si elles ne s’appliquent pas de manière uniforme à tous les citoyens, indépendamment de leur statut.
Il est essentiel de considérer des faits documentés concernant les actions du PJF. Par exemple, plusieurs affaires de détournement de fonds ont été portées devant les tribunaux, mais le taux de recouvrement des fonds reste faible. Les critiques pointent du doigt des procédures qui semblent favoriser certains individus, tandis que d’autres, moins influents, subissent des sanctions sévères. De plus, des statistiques montrent que le nombre de dossiers traités par le PJF varie considérablement selon les personnalités impliquées, ce qui accentue les doutes sur l’impartialité de la justice.
Le traitement des dignitaires de l’ancien régime par le PJF soulève des doutes sur l’impartialité de la justice. Les allégations de traitement de faveur et d’opacité dans les procédures judiciaires alimentent un climat de méfiance envers les institutions. Les propos de Diouf, qui louent le travail des juges tout en mettant en lumière des manquements, illustrent ce paradoxe. La perception d’une justice à deux vitesses peut avoir des conséquences néfastes sur la confiance du public envers le système judiciaire.
Des études récentes sur la corruption au Sénégal indiquent que la lutte contre ce fléau est entravée par des pratiques non transparentes. Selon des rapports d’organisations internationales, le Sénégal se classe parmi les pays où la corruption est perçue comme un problème majeur, ce qui souligne l’importance d’une justice équitable et rigoureuse. Les chiffres montrent que la majorité des affaires de corruption restent non résolues, ce qui alimente le sentiment que les élites échappent à la justice.
Les préoccupations soulevées concernant le traitement des dignitaires de l’ancien régime par le PJF mettent en lumière des enjeux cruciaux pour la justice au Sénégal. L’impartialité et la transparence sont des éléments essentiels pour renforcer la confiance du public dans les institutions judiciaires. Les actions du PJF, bien que louables dans leur intention, doivent être accompagnées d’une vigilance constante pour garantir que tous les citoyens soient traités de manière équitable et juste.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Soukeyna Fall.
Mis en ligne : 06/01/2026
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