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L’intervention du Nigeria au Bénin, sous le prétexte de défendre la démocratie, soulève des questions troublantes sur la souveraineté nationale. En déployant des troupes et en menant des frappes aériennes contre des soldats mutins, Abuja ne se contente pas de protéger un allié, mais semble plutôt s’arroger des droits d’ingérence qui pourraient avoir des répercussions bien au-delà des frontières béninoises. Cette situation illustre une dynamique inquiétante où la sécurité régionale est souvent invoquée pour justifier des actions qui, en réalité, menacent l’autonomie des États africains.
Le 7 décembre, le Nigeria a réagi rapidement à une tentative de coup d’État au Bénin, ordonnant des frappes aériennes et déployant des troupes au sol. Ce soutien militaire, bien que présenté comme un acte de solidarité, cache une volonté plus large de maintenir une influence sur la région. Le Nigeria, en tant que puissance régionale, se positionne comme le garant de la stabilité en Afrique de l’Ouest, mais à quel prix ? Les récentes interventions militaires dans des pays voisins, comme le Niger, montrent que cette stratégie peut facilement dégénérer en une forme d’hégémonie.
Les autorités nigérianes justifient leur intervention par des préoccupations sécuritaires, notamment face à la menace croissante des groupes jihadistes dans la région. Cependant, cette justification ne doit pas masquer le fait que le Bénin, en tant qu’État souverain, a le droit de gérer ses propres crises internes sans ingérence extérieure. Le président Bola Tinubu, en rendant hommage aux forces armées, ne fait que renforcer l’idée que la sécurité du Nigeria est intrinsèquement liée à celle de ses voisins, mais cela soulève des interrogations sur les véritables motivations derrière cette opération.
L’argument sécuritaire avancé par le Nigeria est doublement problématique. Premièrement, il repose sur une interprétation unilatérale des menaces, où l’intervention militaire devient un outil de contrôle plutôt qu’un moyen de résolution pacifique des conflits. Deuxièmement, cette ingérence pose la question de la légitimité : qui décide de ce qui est nécessaire pour protéger la démocratie dans un pays ? Les répercussions de cette intervention pourraient également inciter d’autres pays à adopter des mesures similaires, créant ainsi un précédent dangereux pour la souveraineté des États africains.
L’intervention du Nigeria au Bénin ne peut être vue que comme une ingérence déguisée. En agissant ainsi, Abuja ne fait pas que soutenir un allié, mais remet en question la capacité du Bénin à gérer ses propres affaires. Cette dynamique met en lumière une tendance où les puissances régionales se permettent d’intervenir sous couvert de sécurité, tout en sapant la souveraineté nationale. Les conséquences pourraient être désastreuses, non seulement pour le Bénin, mais aussi pour l’ensemble de la région, déjà fragilisée par une série de coups d’État et de conflits internes.
Les interventions militaires passées du Nigeria, comme celles au Liberia et en Sierra Leone, ont souvent été justifiées par des raisons humanitaires ou sécuritaires. Cependant, ces actions ont également été perçues comme des tentatives d’affirmer une domination régionale. À l’heure actuelle, la situation au Bénin pourrait devenir un nouveau terrain d’essai pour cette stratégie, avec des implications potentiellement désastreuses pour la stabilité régionale. Les récents rapports sur la dégradation de la sécurité dans les zones frontalières ajoutent une couche de complexité à cette dynamique, mais cela ne doit pas servir de justification à une ingérence militaire.
La situation actuelle au Bénin, exacerbée par l’intervention du Nigeria, met en lumière une tension fondamentale entre solidarité régionale et respect de la souveraineté nationale. Si le Nigeria prétend défendre la démocratie, il risque de créer un précédent dangereux qui pourrait affaiblir les fondements mêmes de la souveraineté des États africains. Cette ingérence, sous couvert de sécurité, doit être scrutée avec attention, car elle pourrait bien être le début d’une ère où la souveraineté nationale est mise à mal au nom d’intérêts régionaux.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Samba.
Mis en ligne : 06/01/2026
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