Force unifiée de l'AES : La grande illusion du Sahel - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 07/01/2026 07:01:15

Force unifiée de l'AES : La grande illusion du Sahel

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Le général Assimi Goïta, président du Mali, a récemment annoncé le lancement de la force unifiée de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), regroupant les armées du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ce moment, célébré à Bamako, pourrait sembler être un pas en avant dans la lutte contre le terrorisme. Cependant, derrière les discours de bravoure se cache une réalité plus complexe. En effet, cette initiative pourrait bien révéler un manque de vision stratégique face à une crise sécuritaire qui perdure.

L’AES a été créée dans un contexte de crises multiples, avec des coups d’État successifs et une insécurité grandissante dans la région du Sahel. Les forces armées de ces pays sont confrontées à des menaces variées, allant du terrorisme armé à des enjeux économiques et médiatiques. Le général Goïta a souligné que les armées doivent s’adapter à ces défis. Mais la question demeure : cette force unifiée est-elle vraiment la solution miracle ou simplement un pansement sur une plaie béante ?

Lors de la cérémonie, Goïta a évoqué la mise en place d’un commandement conjoint à Niamey et l’organisation de bataillons dédiés. Cependant, il a également mentionné les différentes menaces auxquelles les armées font face. Un constat qui pourrait faire sourire, ou pleurer, selon le point de vue. En effet, il est intéressant de noter que l’AES, tout en se vantant de la création de nouvelles structures comme la télé et la radio AES pour contrer la désinformation, semble oublier que le véritable défi réside dans l’efficacité des opérations militaires sur le terrain.

Le manque de vision stratégique est flagrant. D’un côté, les annonces de coopération régionale sont encourageantes, mais de l’autre, elles semblent masquer des lacunes fondamentales dans la lutte contre le terrorisme. Par exemple, malgré la création de cette force, les attaques terroristes continuent d’augmenter dans la région. En 2022, le Sahel a enregistré une hausse de 30% des attaques, ce qui remet en question l’efficacité de cette nouvelle force. De plus, les ressources financières et humaines nécessaires à son fonctionnement sont souvent mises en doute. Comment espérer une réelle avancée sans un engagement solide et une stratégie à long terme ?

L’annonce de la force unifiée de l’AES, bien qu’impressionnante sur le papier, révèle une absence de stratégie claire pour aborder les défis sécuritaires. Les discours de Goïta, bien que motivants, semblent parfois déconnectés de la réalité vécue par les populations locales. Le fait que les juntes militaires des trois pays aient choisi de se détourner de la CEDEAO pour se regrouper sous une nouvelle bannière soulève des questions sur la légitimité et l’efficacité de cette approche. Les solutions à court terme peuvent donner l’illusion d’un progrès, mais elles ne remplacent pas une vision cohérente et durable.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes. En 2021, le Sahel a connu plus de 4 000 décès liés à des violences armées, un chiffre qui continue de croître. Les initiatives comme celle de l’AES doivent donc être accompagnées d’une réflexion profonde sur les causes profondes de l’insécurité dans la région. La coopération entre ces pays est essentielle, mais elle doit s’accompagner d’une stratégie claire, d’une véritable volonté politique et d’un soutien international solide.

Le lancement de la force unifiée de l’AES pourrait sembler être un pas positif vers une meilleure sécurité dans le Sahel. Cependant, les défis restent immenses et le manque de vision stratégique est préoccupant. Alors que les dirigeants affichent leur détermination, il est impératif de se rappeler que des mots sans actions concrètes ne suffisent pas à garantir la paix et la sécurité dans cette région en crise. Il est temps d’espérer que cette initiative ne soit pas qu’un feu de paille, mais le début d’une véritable transformation.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ibrahim Samaké.
Mis en ligne : 07/01/2026

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