Le procès du massacre du 28 septembre 2009 : Une farce judiciaire - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 07/01/2026 08:01:45

Le procès du massacre du 28 septembre 2009 : Une farce judiciaire

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Le 18 décembre 2023, un second procès concernant le massacre du 28 septembre 2009 s’est ouvert devant le tribunal de Conakry. Ce procès fait suite à une première audience qui a duré près de deux ans, mais il suscite des interrogations quant à sa capacité à réellement faire éclater la vérité sur les événements tragiques qui ont coûté la vie à au moins 156 personnes, selon un rapport d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU. Les violences de cette journée ont également entraîné des centaines de blessés et des abus graves, notamment des viols et des séquestrations.

Le massacre du 28 septembre 2009 est considéré comme l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente de la Guinée. Des manifestants pacifiques ont été attaqués par les forces de sécurité, entraînant des actes de violence extrême. Le premier procès a conduit à la condamnation de l’ancien président Moussa Dadis Camara à vingt ans de prison pour crimes contre l’humanité, bien qu’il ait été gracié peu après par le chef de la junte actuelle, le général Mamadi Doumbouya. Ce contexte soulève des doutes sur l’impartialité et l’efficacité du système judiciaire guinéen.

Le procès actuel implique sept accusés, dont trois sont encore en fuite. Parmi les prévenus présents, le colonel Bienvenu Lamah fait face à des accusations graves, telles que le meurtre, le viol et la torture. Les autres accusés sont poursuivis pour des délits similaires, mais leur présence au tribunal semble davantage être une formalité qu’un véritable acte de justice. En effet, les conditions dans lesquelles se déroule ce procès, ainsi que l’absence de certains accusés, alimentent une perception de manque de volonté réelle d’établir la vérité sur les événements.

Les faits entourant le massacre et les procès qui ont suivi montrent une série de dysfonctionnements au sein du système judiciaire guinéen. D’une part, la lenteur des procédures judiciaires et les grâces accordées à des condamnés notoires soulèvent des questions sur l’intégrité des décisions judiciaires. D’autre part, l’escorte impressionnante des forces de l’ordre lors de l’arrivée des accusés au tribunal pourrait être interprétée comme une tentative de dissuasion plutôt qu’un signe de sécurité.

Le procès actuel, bien qu’il soit un événement judiciaire, semble manquer de la profondeur nécessaire pour aborder les véritables enjeux liés aux violences du 28 septembre 2009. Les familles des victimes, ainsi que les organisations de défense des droits humains, expriment des doutes sur la capacité de ce procès à apporter des réponses satisfaisantes. La présence des accusés au tribunal, sans la garantie d’une justice équitable, renforce l’idée que ce procès pourrait être perçu comme une simple formalité, sans réelle intention de faire éclater la vérité.

Les statistiques sur les violences du 28 septembre 2009 révèlent une réalité alarmante : plus de 150 morts et des centaines de blessés. De plus, un rapport de l’ONU a documenté au moins 109 cas de viols et de séquestrations. Ces chiffres illustrent l’ampleur des abus et soulignent l’urgence d’une justice véritable. Cependant, les grâces accordées à des figures clés de ce drame, comme Moussa Dadis Camara, jettent une ombre sur les efforts de réconciliation et de justice dans le pays.

Le second procès relatif au massacre du 28 septembre 2009 s’ouvre dans un contexte de scepticisme et d’inquiétude. Les événements passés, les condamnations précédentes et les grâces accordées aux responsables soulignent un système judiciaire en proie à des dysfonctionnements. Alors que les familles des victimes espèrent des réponses, la perception d’une simple formalité judiciaire persiste, laissant planer un doute sur la volonté réelle d’établir la vérité sur ces événements tragiques.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Idrissa Kanouté.
Mis en ligne : 07/01/202
6

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top