Mairie de Dakar : L'arrêt du 8 janvier qui peut tout changer - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 07/01/2026 11:01:00

Mairie de Dakar : L'arrêt du 8 janvier qui peut tout changer

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Le litige autour de la mairie de Dakar prend une tournure qui retient l’attention. Après la confirmation du nouveau maire par la Cour suprême le 18 septembre 2025, le siège municipal reste l’objet d’un bras de fer juridique après le recours déposé par Barthélémy Dias. La dispute n’est pas seulement procédurale : elle questionne les conditions de retrait d’un mandat municipal et la légitimité d’une succession politique sous haute tension.

La situation part d’une décision administrative qui a déclaré Barthélémy Dias « démissionnaire » de son mandat de conseiller municipal, décision prise par le préfet de Dakar. Sur cette base, Abass Fall a été installé et sa position a été ensuite validée par une décision de la Cour suprême rendue le 18 septembre 2025. Malgré cette validation, Dias conteste la procédure devant la chambre administrative de la Cour suprême, estimant que l’autorité administrative a outrepassé ses pouvoirs et que les conditions légales permettant de déclarer sa démission n’étaient pas réunies.

L’affaire tient à la frontière fragile entre droit administratif et droit électoral municipal. Le recours de Dias s’appuie sur l’idée que la qualification « démissionnaire » a été appliquée sans respect des garanties prévues par la loi, ce qui soulève une question centrale : une autorité administrative peut-elle priver un élu de son mandat sans que la procédure statutaire soit strictement respectée ? La chambre administrative est chargée d’examiner si le préfet a commis un excès de pouvoir en prononçant cette déclaration, et si cette erreur de procédure justifie l’annulation de l’acte administratif qui a ouvert la voie à la nomination d’un successeur.

Du point de vue de Barthélémy Dias, la contestation vise à rétablir ce qu’il présente comme une injustice personnelle et institutionnelle ; la demande porte sur l’annulation de l’acte qui l’a privé de son mandat, ce qui, en cascade, remettrait en cause la nomination d’Abass Fall. Du côté administratif, la décision du préfet et la confirmation ultérieure par la Cour suprême apparaissent comme des décisions destinées à assurer la continuité du fonctionnement municipal. La jurisprudence administrative jouera un rôle décisif : si la chambre estime que le préfet a outrepassé ses compétences, l’arrêt qu’elle rendra ce mercredi 8 janvier pourrait provoquer des répercussions directes sur la validité des actes posés depuis la déclaration de démission.

Le dossier illustre la manière dont les procédures administratives peuvent être instrumentalisées ou perçues comme telles dans un contexte politique local tendu. Au-delà des personnes, c’est la pratique des rapports entre autorités préfectorales, juridictions et institutions municipales qui est questionnée. La décision à venir doit donc être lue à deux niveaux : celui de la régularité procédurale qui concerne le cas individuel de Dias, et celui de la clarification des pouvoirs entre administration et élus locaux. La chambre administrative devra trancher en tenant compte du droit positif sans élargir ou restreindre artificiellement la compétence du préfet.

L’attention se concentre sur la séance prévue, étant donné que l’arrêt attendu pourrait modifier la donne au conseil municipal et, par ricochet, affecter l’exercice du mandat au quotidien. Les observateurs juridiques et politiques suivent de près l’audience, qui servira de test sur la rigueur des contrôles administratifs dans les questions de mandats locaux. La portée de la décision dépendra strictement de l’analyse juridique opérée par la chambre administrative, sans que d’autres éléments nouveaux interviennent dans le dossier.

La situation reste suspendue au prononcé de la chambre administrative de la Cour suprême, dont l’arrêt du 8 janvier pourra soit confirmer la stabilité actuelle de la mairie, soit rouvrir le débat sur la légitimité de la succession municipale. Barthélémy Dias maintient son recours, affirmant s’être vu retirer son mandat sans respect des règles, tandis que la confirmation antérieure par la Cour suprême continue de peser pour le camp d’Abass Fall. Quel que soit le sens de la décision, la municipalité de Dakar sortira marquée par une clarification judiciaire des règles qui gouvernent la vie politique locale.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Doudou Gueye.
Mis en ligne : 07/01/20
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