CAN 2025 : Sénégal-Mali, l’illusion dangereuse de la chance - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Eva | Publié le 08/01/2026 08:01:45

CAN 2025 : Sénégal-Mali, l’illusion dangereuse de la chance

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L’annonce de Mustapha Ghorbal comme arbitre du quart de finale Sénégal-Mali à la CAN 2025 a rapidement enflammé les réseaux sociaux et les médias. L’argument ? Depuis 2018, l’arbitre algérien a dirigé six rencontres des Lions de la Téranga, pour cinq victoires et un nul. Une statistique qui, à première vue, semble rassurante pour les supporters sénégalais les plus superstitieux.

Pourtant, réduire l’issue d’un match de football à la seule présence d’un arbitre relève d’une illusion statistique dangereuse, minimisant l’impact des variables sportives réelles sur le terrain. Cet article propose une analyse critique de cette croyance, en soulignant les risques d’une telle simplification et en rappelant que le sport, surtout à ce niveau, se joue avant tout sur des réalités tactiques, physiques et psychologiques.

Le Sénégal et le Mali s’affrontent ce vendredi 9 janvier 2026 en quart de finale de la CAN 2025, dans un choc régional chargé d’histoire et de rivalité. Mustapha Ghorbal, arbitre algérien expérimenté, est effectivement un visage familier pour les Sénégalais : il a officié lors de matchs marquants, comme le barrage retour contre l’Égypte en 2022, qui avait qualifié le Sénégal pour la Coupe du monde. Cependant, son palmarès avec les Lions ne doit pas occulter les controverses qui ont émaillé sa carrière, ni les multiples facteurs qui déterminent le résultat d’un match de football.

Ghorbal est reconnu comme l’un des meilleurs arbitres du continent, mais il a aussi été au cœur de polémiques, notamment pour des décisions litigieuses lors de matchs en Algérie ou en CAN. En 2025, il a même été suspendu jusqu’à la fin de la saison en Algérie pour un arbitrage jugé scandaleux, avant d’être réhabilité pour des compétitions internationales. Ces éléments rappellent que l’arbitrage, aussi compétent soit-il, reste humain et sujet à l’erreur.

Présenter cinq victoires sur six rencontres comme une preuve de chance confère une fausse sécurité. Cette approche ignore délibérément les variables essentielles du football moderne : la tactique, la condition physique des joueurs, leur état mental, et même la dynamique collective de l’équipe adverse. Le football est un sport complexe, où chaque match est une équation unique, influencée par des dizaines de paramètres.

Tactique : Une équipe peut dominer un adversaire un jour et être dépassée le lendemain, selon son organisation, son pressing, ou sa capacité à exploiter les faiblesses adverses.

Physique : La fatigue, les blessures, ou la préparation athlétique jouent un rôle décisif, surtout en phase finale de compétition.

Psychologie : La confiance, la pression, ou même l’état d’esprit du groupe peuvent faire basculer une rencontre.

Hasard : Un rebond, une erreur d’arbitrage, ou un moment d’individualité peuvent changer le cours d’un match, indépendamment de l’arbitre.

La superstition, bien que répandue dans le sport, n’a aucun fondement scientifique. Des études montrent même que les athlètes superstitieux sont plus susceptibles de ressentir de l’anxiété et d’être moins performants sous pression. S’appuyer sur une statistique arbitrale pour prédire un résultat, c’est nier la richesse et l’imprévisibilité du football.

Ghorbal a arbitré des matchs gagnés par le Sénégal, mais aussi des rencontres controversées. Son rôle est d’appliquer les règles, pas de garantir un résultat. En 2023, il n’a pas été retenu pour les phases finales de la CAN, malgré des prestations jugées magistrales, preuve que la CAF elle-même ne considère pas son influence comme déterminante.

Qualifié après un parcours semé d’embûches, le Mali a montré une résilience et une capacité à surprendre, comme en témoigne sa victoire aux tirs au but contre la Tunisie en huitième de finale. Les Aigles abordent ce match avec une motivation intacte et une tactique adaptée.

Les Lions, favoris sur le papier, doivent gérer la pression de l’enjeu et éviter l’excès de confiance. Leur dernière performance contre le Soudan (3-1) a révélé des fragilités défensives et un manque de régularité dans le jeu.

Croire qu’un arbitre peut « porter chance » est une stratégie psychologique pour gérer l’incertitude, mais cela ne change en rien les réalités du terrain. Les équipes qui misent sur la préparation et l’analyse l’emportent souvent sur celles qui s’en remettent au destin.

Dans d’autres sports, comme le tennis ou le basket, les athlètes évitent soigneusement de parler de chance ou de superstition en phase finale. Ils se concentrent sur leur jeu, leur stratégie, et leur adaptation à l’adversaire. Le football africain gagnerait à adopter cette rigueur.

Le quart de finale Sénégal-Mali s’annonce comme un match ouvert, où la qualité du jeu, la lucidité tactique et la gestion du mental feront la différence. Espérer une victoire parce que Mustapha Ghorbal est au sifflet revient à se voiler la face. Le football se mérite, il ne se devine pas.

Plutôt que de s’en remettre à des croyances irrationnelles, les supporters et les joueurs feraient mieux de se concentrer sur les vraies clés du succès : une préparation rigoureuse, une analyse fine de l’adversaire, et une exécution impeccable sur le terrain. La chance, si elle existe, ne sourit qu’aux audacieux et aux bien préparés. Le reste n’est qu’illusion.

Et vous, chers supporters, préférez-vous croire aux statistiques ou aux réalités du terrain ? Le débat reste ouvert, mais une chose est sûre : vendredi, ce sont les Lions et les Aigles qui écriront l’histoire, avec ou sans la « chance » de l’arbitre.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 08/01/20
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