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Le projet minier de Simandou, souvent considéré comme un pilier de la transformation économique de la Guinée, traverse une période troublée marquée par une vague de licenciements. En effet, un mois après l’inauguration du site, des milliers d’employés se retrouvent sans emploi, soulevant des inquiétudes quant à l’avenir de ce projet emblématique. Ces licenciements, qui surviennent dans un contexte électoral, soulèvent des interrogations sur les motivations sous-jacentes de cette décision.
Simandou est un projet minier d’envergure, destiné à exploiter l’une des plus grandes réserves de fer au monde. Initialement, pour respecter les délais imposés par le gouvernement, plus de 60 000 travailleurs avaient été mobilisés sur le site. Cependant, la transition vers la phase de production, prévue pour 2024 et 2025, nécessite une réduction significative de la main-d’œuvre, avec seulement 15 000 postes maintenus pour faire fonctionner les infrastructures nécessaires, notamment les mines, les ports et la voie ferrée de 670 kilomètres.
La vague de licenciements à Simandou soulève des préoccupations quant à la gestion des ressources humaines dans un secteur déjà instable. Les employés, qui ont contribué à la mise en place de ce projet, se retrouvent désormais en première ligne d’une stratégie politique qui semble privilégier des objectifs à court terme. En effet, ces licenciements se produisent alors que le pays se prépare pour des élections présidentielles cruciales, prévues pour le 28 décembre 2025. Le chef de la junte au pouvoir, Mamadi Doumbouya, se positionne comme un candidat majeur, ayant lui-même inauguré le lancement de la production à Simandou. Ce contexte électoral pourrait influencer les décisions économiques, mettant en lumière une possible exploitation des travailleurs au profit de gains politiques.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors que le projet de Simandou promettait de revitaliser l’économie guinéenne, la réalité des licenciements suggère une gestion à court terme des ressources humaines. Comparativement, d’autres projets miniers dans la région, comme ceux en Sierra Leone ou au Liberia, ont su maintenir des niveaux d’emploi plus stables même en période de transition. De plus, la situation actuelle à Simandou pourrait avoir des répercussions économiques plus larges, affectant non seulement les travailleurs licenciés, mais aussi les familles et les communautés qui dépendent de leurs revenus.
Les travailleurs de Simandou semblent donc être sacrifiés sur l’autel des ambitions politiques. Les décisions prises dans ce contexte électoral ne tiennent pas compte des conséquences sur l’emploi et la stabilité économique des familles guinéennes. Les licenciements en cours pourraient être perçus comme une manœuvre visant à redéployer les ressources en fonction des intérêts politiques, laissant de côté les véritables besoins des employés et de la communauté. Ce phénomène n’est pas isolé, mais s’inscrit dans une tendance plus large où les enjeux politiques prennent le pas sur la protection des travailleurs.
Des études récentes sur l’impact des projets miniers en Afrique de l’Ouest montrent que la stabilité de l’emploi est souvent compromise par des changements de direction politique. En 2021, un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) a souligné que les licenciements massifs dans le secteur minier peuvent entraîner des crises sociales, exacerbant les tensions locales. À Simandou, la situation actuelle pourrait donc non seulement nuire aux employés, mais aussi compromettre la réputation du projet sur la scène internationale.
La vague de licenciements à Simandou met en lumière les tensions entre les ambitions politiques et la réalité économique des travailleurs guinéens. Alors que le pays se prépare pour des élections cruciales, il est essentiel de considérer les impacts à long terme sur l’emploi et la stabilité économique. Les travailleurs, au cœur de ce projet, méritent une attention particulière et une protection contre les fluctuations politiques qui pourraient mettre en péril leur avenir.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Soukeyna Fall.
Mis en ligne : 08/01/2026
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