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Le gouvernement burkinabè a rendu public le récit d’une tentative de coup d’État déjouée dans la nuit du samedi 3 janvier, qualifiant l’opération de ciblée, visant le capitaine Ibrahim Traoré ainsi que plusieurs personnalités civiles et militaires. La version officielle attribue la conception et le financement de ce complot à l’ancien président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, aujourd’hui exilé. Le ton choisi par les autorités mêle fermeté et souci d’expliquer les modalités, tandis que la population attend des réponses sur l’ampleur réelle de la menace et sur la suite de l’enquête.
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a détaillé l’affaire lors d’une intervention diffusée à la télévision publique. Selon lui, l’opération aurait été planifiée pour la nuit en question, avec pour objectif principal l’élimination du capitaine Traoré. L’annonce précise l’arrestation de plusieurs individus liés au complot et évoque un circuit de financement impliquant un transfert de 70 millions de francs CFA, principalement en provenance de la Côte d’Ivoire. L’ancien président Damiba est présenté comme l’architecte principal, chargé de la planification, du recrutement et de la mobilisation des fonds.
La narration gouvernementale articule plusieurs volets à examiner ensemble pour comprendre la dynamique de la tentative. D’abord, l’objectif militaire est clair : neutraliser le chef de l’État afin de créer un vide pouvant ouvrir la voie à une intervention externe et à des actions de sabotage ciblées, comme la mise hors service d’une base de drones. Ensuite, la stratégie de recrutement combine des relais au sein des forces armées et des réseaux civils, soulignant la volonté des instigateurs de tisser des complicités à différents niveaux de la société. Enfin, l’aspect financier est central ; la mention d’un montant précis et d’un transfert international vise à donner une assise matérielle à l’accusation portée contre l’ex-président.
Le gouvernement précise que Damiba avait pour mission de concevoir et planifier l’opération, de mobiliser des fonds et de recruter des soutiens civils et militaires. Les rôles auraient été distribués : des militaires chargés de convaincre d’autres éléments des forces armées et de mener les actions de terrain, et des civils en charge de mobiliser des partisans pour légitimer et soutenir l’effort après l’action armée. Les arrestations intervenues sont présentées comme la preuve que les services ont identifié des maillons du réseau. La diffusion d’une vidéo montrant l’un des présumés opérateurs économiques détaillant son rôle est évoquée comme élément probant, sans que le ministre ne fournisse d’autres noms afin de protéger la progression de l’enquête.
La description ministérielle met en lumière plusieurs enjeux simultanés : la fragilité sécuritaire persistante dans le pays, la menace que représentent les opérations coordonnées contre des infrastructures militaires sensibles, et la capacité supposée des conspirateurs à solliciter des ressources à l’étranger. Le fait que le principal accusé soit un ex-chef de la transition, aujourd’hui en exil, complexifie la situation politique et soulève des questions sur les relais transfrontaliers des réseaux impliqués. La prudence affichée par les autorités concernant la divulgation des noms vise à préserver l’enquête, tout en alimentant les interrogations publiques sur l’étendue réelle du complot et sur les garanties offertes aux personnes arrêtées.
Les éléments communiqués par le ministère constituent la trame de l’enquête en cours : date et heure précises de l’opération projetée, cible prioritaire, séquençage des actions prévues, mécanismes de financement et rôle attribué à l’ancien président de la transition. Les autorités s’appuient sur ces détails pour justifier les arrestations et expliquer la diffusion de preuves partielles, comme la vidéo d’aveux. Le cadre narratif proposé cherche à convaincre l’opinion que la menace était réelle et sérieuse, tout en soulignant que la réponse sécuritaire et judiciaire devra se déployer sans précipitation afin de garantir des procédures respectueuses des droits et efficaces contre les réseaux identifiés.
Le récit officiel de la tentative de déstabilisation décrit une opération concertée, destinée à éliminer le chef de l’État et à neutraliser des capacités militaires stratégiques, avec un financement présenté comme externe. L’accusation portée contre Paul-Henri Sandaogo Damiba place cette affaire au croisement du politique et du sécuritaire, et invite à suivre attentivement la progression de l’enquête. La population et les observateurs chercheront à obtenir des preuves complémentaires et des garanties procédurales, pendant que les autorités poursuivent leurs investigations pour établir la vérité et prévenir toute nouvelle menace.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Habib Diop.
Mis en ligne : 10/01/2026
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