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Je refuse de regarder ailleurs pendant que l’Université Cheikh Anta Diop se transforme en théâtre d’une mauvaise gestion qui étrangle ses étudiants. La reprise de la grève pour des bourses impayées n’est pas une vague de colère isolée ; c’est le symptôme d’une administration défaillante et d’un manque de transparence budgétaire qui alimente la précarité. Je prends position : l’UCAD doit répondre, et vite, sinon c’est toute une génération qui risque de payer les pots cassés.
Depuis plusieurs mois, des étudiants réclament le paiement de bourses en retard, avec des arriérés accumulés sur plus d’une année pour certains. Les mobilisations ont dégénéré par moments en affrontements et ont forcé des négociations entre les amicales étudiantes, les autorités universitaires et le ministère. Une enveloppe partielle a été proposée par le gouvernement, mais la colère persiste parce que la promesse d’un règlement intégral et d’un calendrier fiable n’a pas été tenue. La tension revient aujourd’hui sur l’avenue qui longe le campus, signe que la confiance est rompue.
Je vois une administration sourde et désorganisée, incapable de rendre compte de l’origine des retards et de justifier ses choix budgétaires. Le problème dépasse le simple manque de fonds ; il touche la gouvernance. Quand une université publique se contente d’offrir des explications vagues au lieu de publier des comptes clairs, elle trahit sa mission éducative. Le manque de transparence transforme des étudiants en variables d’ajustement : certains privent leur famille, d’autres abandonnent des cours, et quelques-uns renoncent à leurs ambitions. La situation ressemble à une entreprise qui serait gérée sans registre et à une trésorerie sans regard extérieur.
Je soutiens que l’absence de clarté budgétaire est responsable d’une grande part de la crise. D’abord, sans publication des états financiers, comment vérifier la destination des ressources allouées aux bourses ? Ensuite, l’absence d’un calendrier contraignant permet des promesses creuses et des paiements fragmentés qui laissent des familles sur le fil. Enfin, l’opacité encourage la suspicion et alimente des conflits qui auraient pu être évités avec une communication franche. J’oppose ici la rigueur administrative à la culture du silence : la première protège les étudiants, la seconde les sacrifie.
La reprise de la grève met en lumière la mauvaise gestion administrative de l’UCAD parce que les symptômes sont répétitifs et documentés : retards prolongés, réponses floues, et mesures partielles. Cette situation aggrave la précarité étudiante en transformant la bourse en promesse intermittente plutôt qu’en droit régulier. Comparer l’UCAD à une institution modèle serait absurde, et la comparer à une administration publique ordinaire ne justifie rien non plus ; ici, l’université a une responsabilité pédagogique qui devrait l’obliger à plus de transparence que n’importe quel autre organisme public.
Les chiffres évoqués par les étudiants parlent d’arriérés allant jusqu’à treize mois pour certains bénéficiaires, et d’une proposition budgétaire partielle de plusieurs milliards qui n’a pas réglé la totalité des dettes. Des enquêtes internes ou des audits indépendants pourraient préciser la provenance des blocages : retard de décaissement ministériel, mauvaise gestion interne, ou priorisation budgétaire discutable. J’estime que la mise en place d’un tableau de bord public des flux financiers et d’un calendrier de paiements signé par toutes les parties apporterait une réponse concrète et vérifiable.
Je refuse la langue de bois : l’UCAD doit cesser de noyer le débat sous des promesses floues et rendre des comptes. Les étudiants n’ont pas à supplier pour des droits qui conditionnent leur avenir. La mauvaise gestion administrative et l’absence de transparence budgétaire créent une précarité inacceptable, et tant que l’administration ne changera pas radicalement de méthode, les grèves reviendront comme un rappel salutaire mais amer. Je crois que l’heure est à la clarté et à la responsabilisation.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Tapha Ba.
Mis en ligne : 15/01/2026
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