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Les inondations de 2025 ont laissé des cicatrices profondes sur le paysage socio-économique de certaines régions, notamment à Touba. Avec des pertes économiques annuelles estimées à 30 milliards de FCfa, il est impératif de se pencher sur la gestion des inondations qui, visiblement, n’a pas été à la hauteur des enjeux. Ce constat met en lumière une réalité préoccupante : l’impact désastreux d’une stratégie inadaptée face à des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes.
La saison des pluies de cette année a été marquée par des précipitations exceptionnelles, provoquant des inondations qui ont touché de nombreuses localités. Les autorités ont pompé plus de 10 millions de mètres cubes d’eau, et malgré ces efforts, les pertes humaines et matérielles restent alarmantes. À Touba, 70 000 habitants se retrouvent exposés à des risques accrus, tandis que la ville elle-même est confrontée à des défis économiques colossaux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 20 décès, 8 336 sinistrés, et des terres agricoles réduites à néant.
L’analyse des événements de 2025 révèle une série de lacunes dans la préparation et la réponse des autorités face aux inondations. Malgré la mobilisation de 210 camions hydrocureurs et le curage de près de 600 kilomètres de réseaux, ces actions semblent insuffisantes. La construction de sept bassins de rétention et de digues est un pas dans la bonne direction, mais cela ne compense pas les pertes colossales subies par les populations. Les infrastructures de drainage, bien que présentes, n’ont pas pu prévenir les dommages causés par des pluies torrentielles, illustrant ainsi une gestion qui nécessite une réévaluation urgente.
Les pertes économiques à Touba ne sont pas qu’un simple chiffre ; elles témoignent d’une gestion des inondations qui doit être repensée. Comparons cela à d’autres régions où des investissements préventifs ont permis de réduire les impacts des inondations. À Dakar, par exemple, des projets de drainage bien planifiés ont permis de minimiser les dégâts des inondations. En revanche, à Touba, l’absence d’une approche proactive a conduit à une situation catastrophique. Les 93 milliards de FCfa jugés nécessaires pour assécher durablement la ville sont un investissement qui pourrait transformer cette réalité. En effet, la prévention est souvent moins coûteuse que la réparation, un fait que les autorités semblent avoir oublié.
Les pertes économiques de 30 milliards de FCfa à Touba illustrent de manière frappante l’impact désastreux d’une gestion inadaptée des inondations. Les chiffres ne mentent pas : chaque année, la ville est confrontée à des défis croissants, et les mesures prises jusqu’à présent ne suffisent pas. La vulnérabilité de 20 000 personnes dans la zone du Lac Rose, avec des pertes évaluées à 4 milliards de FCfa par an, démontre que le problème est systémique. Il est temps de reconnaître que les stratégies actuelles ne sont pas viables à long terme et qu’une refonte complète de la gestion des inondations est nécessaire pour protéger les communautés.
Des études récentes indiquent que les phénomènes climatiques vont continuer à s’intensifier, rendant la nécessité d’une action rapide et efficace encore plus pressante. Les investissements dans les infrastructures de drainage, la sensibilisation des populations et la mise en place de systèmes d’alerte précoce doivent devenir des priorités. En outre, il est crucial d’impliquer les communautés locales dans la planification et l’exécution des projets, car elles sont souvent les premières touchées par les inondations.
Les inondations de 2025 à Touba sont un appel à l’action. Les pertes économiques et humaines subies ne doivent pas être considérées comme une fatalité, mais comme un signal d’alarme. Une gestion des inondations plus proactive et adaptée est non seulement souhaitable, mais nécessaire pour garantir la sécurité et le bien-être des populations. Si les autorités ne prennent pas conscience de l’urgence de la situation, les conséquences pourraient être encore plus dévastatrices dans les années à venir.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Assane Ba.
Mis en ligne : 15/01/2026
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