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La publication prématurée de la composition de l’équipe nationale sénégalaise, quatre heures avant un match de CAN, révèle une dérive organisationnelle difficile à ignorer. Le sélectionneur avait annoncé des mesures de « bunkerisation » pour protéger le groupe, mais la fuite provient d’un administrateur rattaché à la Fédération sénégalaise de football. Ce manquement soulève des questions précises sur les procédures internes, la chaîne de diffusion de l’information et la capacité de la Fédération à garantir la confidentialité sportive.
Le sélectionneur avait officiellement déclaré vouloir « sécuriser et bunkeriser l’équipe nationale » lors de l’annonce de sa liste pour la compétition. Le camp de base se situe à Tanger, où la délégation a restreint les accès aux personnes extérieures, selon les consignes communiquées par les responsables techniques. Malgré ces consignes, un média sénégalais a publié la composition officielle plusieurs heures avant le coup d’envoi du match contre le Bénin. L’auteur de la publication est identifié comme étant un administrateur du site, lui-même membre de la Fédération, ce qui introduit un conflit direct entre l’intention affichée et la pratique effective.
La fuite répétée met en lumière une absence de contrôle des flux d’information au sein de l’instance fédérale. D’abord, la responsabilité de diffusion des compositions doit être strictement circonscrite à une cellule officielle; or les faits indiquent une porosité des accès numériques. Ensuite, l’existence d’un administrateur fédéral qui publie des informations sensibles montre que les habilitations et les protocoles de confidentialité ne sont pas appliqués ou ne sont pas contraignants. Enfin, la récurrence de ces fuites, déjà observée lors de précédents matches, transforme un incident isolé en problème systémique qui affecte la crédibilité institutionnelle.
La première conséquence visible concerne la préparation tactique: une composition divulguée à l’avance offre un avantage logique à l’adversaire, qui peut ajuster son plan de jeu en fonction des joueurs alignés. La seconde conséquence touche la confiance interne: le sélectionneur et le staff technique voient leurs décisions rendues publiques avant qu’ils n’en contrôlent la communication, fragilisant l’autorité sportive. La troisième conséquence porte sur l’image: une fédération perçue comme incapable de protéger ses informations affaiblit sa légitimité auprès des supporters, des sponsors et des partenaires institutionnels. Ces éléments reposent sur des faits avérés de diffusion prématurée et sur l’identification du responsable de la fuite.
L’ensemble des faits converge vers une conclusion factuelle: la fuite répétée révèle une absence de contrôle au sein de la Fédération. Les protocoles annoncés n’ont pas été traduits en mesures opérationnelles efficaces, et les accès aux plateformes de diffusion restent insuffisamment sécurisés. La situation exige des comptes clairs et transparents sur les responsabilités administratives et sur la mise en place d’un contrôle d’accès solide, car l’intégrité sportive et la crédibilité de la sélection en dépendent.
Des comparaisons internationales permettent d’éclairer le problème: des fédérations ayant mis en place des procédures numériques centralisées et des comptes rendus internes sous chiffrement ont réduit les fuites médiatiques. À l’inverse, des équipes africaines ayant connu des divulgations prématurées ont vu leurs stratégies perturbées lors des phases finales. Les données disponibles sur les précédentes fuites montrent une répétition qui crée un pattern organisationnel plutôt qu’un incident isolé.
Les faits rassemblés montrent une faille de gouvernance opérationnelle qui dépasse l’anecdote: une composition diffusée par un administrateur fédéral contredit les déclarations de protection du groupe et expose la sélection à des risques sportifs et réputationnels. Les éléments factuels imposent une clarification sur les procédures internes, une revue des habilitations numériques et une communication publique sur les responsabilités engagées, afin que la protection annoncée devienne effective et que la crédibilité de la sélection soit préservée.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Abdoulaye S.
Mis en ligne : 16/01/2026
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