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L’éditorialiste défend une conviction claire: l’imam Mahmoud Dicko incarne une troisième voie crédible entre les militaires et les groupes armés, capable d’ouvrir une voie politique inclusive et durable pour le Mali. Cette position n’est ni naïve ni romantique; elle repose sur l’histoire politique malienne, sur le poids religieux de l’imam et sur les mécanismes modernes de mobilisation. L’idée centrale est qu’une médiation intérieure-extérieure pourrait réduire la violence et réintroduire la parole civile.
Le paysage malien reste marqué par des ruptures récentes entre autorités militaires, mouvements séparatistes et groupes jihadistes, avec une population soumise à l’insécurité et à la marginalisation politique. L’imam Dicko conserve une aura sociale et religieuse forgée lors des mobilisations de 2020, tandis que des réseaux diasporiques et numériques amplifient les discours politiques à distance. La présence de relais urbains à Bamako et d’appuis régionaux complique la donne, mais crée aussi des canaux pour une négociation non militaire.
L’idée d’une troisième voie s’appuie sur trois éléments complémentaires. D’abord, la légitimité religieuse de l’imam lui permet de parler à des publics qui se méfient des militaires et qui rejettent l’autorité des groupes armés. Ensuite, son expérience politique antérieure montre qu’il sait unir des forces disparates et déclencher des mobilisations massives. Enfin, la capacité à opérer depuis l’étranger grâce aux technologies de communication transforme un exil apparent en plateforme d’influence réelle. Ces traits rendent la proposition crédible: ce n’est pas un homme seul face aux armes, mais un pivot autour duquel des compromis politiques sont pensables.
Une négociation qui associe la CFR, les autorités militaires et des représentants civils offrirait plusieurs bénéfices concrets. Elle réduirait l’isolement des élites civiles, restaurerait des canaux de parole pour les quartiers frustrés et délégitimerait la narration de la violence comme unique solution. La comparaison avec d’autres pays du Sahel montre que l’inclusion politique a freiné la radicalisation lorsque des acteurs religieux ont servi d’intermédiaires. La situation tunisienne post-2011 offre un contre-exemple fragile; la leçon malienne est différente: une médiation enracinée dans les réseaux locaux et soutenue par des garanties régionales peut aboutir à des accords durables. Une seconde comparaison avec des transitions réussies en Afrique de l’Ouest souligne l’importance d’un leadership moral capable d’articuler compromis et justice sociale.
Présenter l’imam Dicko comme troisième voie oblige à imaginer des mécanismes précis: formation d’une table ronde multipartite, garanties pour la sécurité des délégués, et calendrier de réformes constitutionnelles supervisées par des partenaires régionaux. L’objectif serait d’élaborer une feuille de route pour la réinsertion des zones marginalisées, pour la réforme des forces de sécurité et pour la restauration progressive des libertés publiques. L’imam, par son ancrage religieux et sa capacité de parole, pourrait incarner la médiation nécessaire entre légalité, réconciliation et sécurité.
Des enquêtes d’opinion intérieure montrent que la majorité des citadins souhaite retrouver la capacité de s’exprimer sans crainte, ce qui renforce la pertinence d’une plateforme politique inclusive. Des acteurs régionaux comme l’Algérie et les organisations de la Cedeao disposent de leviers de validation pour des accords locaux. Enfin, l’étude des dynamiques numériques actuelles confirme que la mobilisation à distance n’est plus une faiblesse mais un outil stratégique pour coordonner des revendications pacifiques.
L’hypothèse d’une troisième voie centrée sur l’imam Mahmoud Dicko n’est pas une invitation au compromis avec la violence, mais une proposition réaliste pour sortir de l’impasse. En reconnaissant la légitimité religieuse et sociale de l’imam, en structurant des garanties politiques et en impliquant des garants régionaux, le Mali peut retrouver un espace civique où la parole reprend le pas sur les armes. Cette option mérite d’être explorée avec sérieux et pragmatisme afin de transformer un potentiel de crise en opportunité de paix.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Doudou Diop.
Mis en ligne : 18/01/2026
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