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L’intersyndicale des agents de l’administration et la Fédération des syndicats de la santé ont déposé des préavis collectifs de grève auprès du ministère de la Fonction publique, ouvrant la porte à une paralysie administrative annoncée pour début février. Les revendications portent sur la généralisation de l’indemnité de logement pour 16 000 agents, l’extension de cette indemnité aux contractuels de la santé, le paiement de primes et la tenue des recrutements promis. Le calendrier syndical prévoit une mobilisation nationale le 20 janvier et des grèves à compter du 3 février si rien n’évolue.
Les syndicats rappellent l’existence d’un pacte de stabilité sociale validé par une loi de finances rectificative, dans lequel l’État s’était engagé sur des mesures salariales et statutaires pour le secteur public et la santé. Les revendications couvrent des questions concrètes : indemnités de logement, primes d’habillement et de prudence, gestion des carrières dans le sanitaire, et épurement progressif des contractuels. Le gouvernement affirme qu’un décret relatif à l’indemnité de logement a été signé, mais les agents signalent qu’aucun versement effectif n’a eu lieu à ce jour.
La menace de paralysie administrative s’appuie sur une feuille de route syndicale structurée : mobilisation nationale, tournées de sensibilisation régionales, ultimatum d’un mois et démarrage de grèves le 3 février. Une perturbation des services publics essentiels est probable si les arrêts de travail concernent à la fois les guichets administratifs et les établissements de santé. Les conséquences immédiates pour la population incluent des retards dans la délivrance de documents administratifs, des reports d’actes médicaux non urgents et une réduction des services d’urgence secondaire par manque de personnel. Le paiement différé des indemnités ou l’absence de recrutements affectera la motivation des agents et la capacité opérationnelle des administrations.
Les chiffres annoncés pèsent sur l’équilibre du service public : 16 000 bénéficiaires potentiels de l’indemnité de logement représentent un impact budgétaire et organisationnel important si l’application tarde. Le non-paiement des primes d’habillement et de prudence pour les chauffeurs expose les services de transport public interne à des tensions supplémentaires, avec un risque accru d’arrêts et de retards sur les circuits officiels. La situation des contractuels de la santé, sans calendrier d’intégration clair, compromet la continuité des soins dans les régions les moins dotées en personnel. Un agent interrogé a résumé la colère en ces termes : « Nous avons signé des accords qui ne sont pas respectés. » La répétition de promesses non tenues fragilise la confiance entre l’État et les fonctionnaires, et alimente une escalade qui pourrait durer.
Du point de vue du citoyen, la paralysie annoncée signale des perturbations quotidiennes tangibles : files d’attente plus longues pour les passeports et les cartes d’identité, délais pour les certificats d’état civil et ralentissement des procédures administratives indispensables aux entreprises. Dans les hôpitaux, la réduction des effectifs pour cause de grève risque de repousser des consultations, d’allonger les temps d’attente aux urgences et d’affaiblir la prise en charge des maladies chroniques. Comparé à une grève administrative limitée aux services non essentiels, le mouvement actuel combine plusieurs secteurs sensibles et promet donc un impact plus large. De la même manière qu’une coupure d’électricité généralisée affecte simultanément le commerce et la santé, une paralysie administrative simultanée amplifie les conséquences pour les ménages et les petites entreprises.
Les exemples internationaux montrent que les arrêts de travail longs dans le secteur public entraînent un coût indirect élevé : ralentissement économique local, perte de recettes fiscales et recours accru au secteur privé pour des services urgents. Des études publiques indiquent que les retards administratifs augmentent les inégalités d’accès aux services pour les populations vulnérables. Sur le plan national, l’absence de versement des indemnités malgré l’existence d’un décret crée une situation juridique ambiguë qui alimente les contestations. La mise en œuvre effective d’un calendrier de paiement et d’un plan d’intégration des contractuels reste le principal levier apaisant identifié par les acteurs institutionnels.
La menace de paralysie administrative ne relève pas d’un scénario abstrait mais d’un risque concret pour la vie quotidienne des citoyens, avec retards administratifs et pressions sur les services de santé. Les revendications portent sur des engagements validés juridiquement, tandis que l’absence d’exécution génère frustration et blocages. Si les échéances syndicales sont maintenues, la population pourrait subir des défaillances récurrentes sans que l’État ait encore montré de calendrier d’exécution clair et effectif.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Amary Ngoné.
Mis en ligne : 18/01/2026
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