Deepfakes hors de contrôle : Pape Thiaw au cœur d’une dérive numérique - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - High-Tech | Par Eva | Publié le 19/01/2026 02:01:00

Deepfakes hors de contrôle : Pape Thiaw au cœur d’une dérive numérique

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Une série de photomontages montrant le sélectionneur des Lions du Sénégal, Pape Thiaw, embrassant une jeune femme circule massivement sur les réseaux sociaux et a été identifiée comme générée par une intelligence artificielle. Les images ont déclenché une vague d’indignation en ligne, en partie à cause de l’apparence très jeune de la tierce personne sur les montages, ce qui ajoute une dimension sensible à la diffamation. Aucune réaction officielle de la Fédération Sénégalaise de Football ni du principal intéressé n’a été rapportée à ce jour.

Les deepfakes et les images synthétiques se multiplient depuis plusieurs années, portés par des algorithmes de génération d’images accessibles au public et par des services en ligne peu régulés. Des sociétés de cybersécurité ont documenté une augmentation significative des contenus manipulés destinés à tromper l’opinion ou à nuire à des individus, y compris des personnalités publiques. Les plateformes sociales comptent des milliards d’utilisateurs et des mécanismes automatisés de modération qui reposent souvent sur des filtres algorithmiques, sur des signalements d’utilisateurs et sur des équipes humaines limitées. Dans plusieurs affaires internationales, des images truquées ont entraîné des enquêtes, des plaintes pour diffamation et des campagnes de désinformation ciblée.

La circulation rapide des photomontages mettant en scène Pape Thiaw illustre les lacunes actuelles des plateformes pour détecter et supprimer des contenus manifestement falsifiés. Les systèmes automatisés peinent à distinguer les images synthétiques de haute qualité des images authentiques, surtout lorsqu’elles sont retravaillées avant diffusion. Les signalements des utilisateurs peuvent rester sans suite pendant des heures ou des jours en raison de la charge de travail des modérateurs. Les plateformes assument une responsabilité juridique et éthique : elles fournissent l’espace de propagation tout en disposant de moyens techniques pour limiter les dégâts. Comparé à la presse imprimée, l’économie de l’immédiateté numérique favorise la viralité plutôt que la vérification. Comparé aux chaînes de télévision, les réseaux sociaux laissent souvent moins de traces vérifiables et moins d’obligation de rectification publique.

Les faits disponibles montrent plusieurs points problématiques qui appuient la demande d’une responsabilité accrue des plateformes. Les contenus manipulés peuvent porter atteinte à la réputation, créer un risque de harcèlement et, lorsque les personnes représentées sont exposées à des accusations implicites, entraîner des conséquences professionnelles ou personnelles. Les outils de détection automatisée existent, mais leur déploiement reste inégal et insuffisant face à l’explosion des contenus. Les mécanismes de recours pour les victimes sont souvent longs et peu transparents, avec des procédures de retrait variables selon le service. Des décisions de justice et des recommandations d’autorités de protection des données dans plusieurs pays ont déjà appelé à des obligations de transparence et à des délais de traitement contraignants pour les plateformes, ce qui constitue un précédent juridique pertinent.

S’interroger sur la responsabilité des plateformes revient à examiner des éléments concrets : l’efficacité des technologies de détection, la vitesse des procédures de retrait, l’existence de sanctions en cas de défaillance et la coopération avec les autorités judiciaires. Plusieurs pays ont proposé ou adopté des lois imposant des obligations de modération proportionnées et des amendes pour non-respect, tandis que des initiatives industrielles cherchent à standardiser les marqueurs de synthèse d’images. La comparaison entre régimes juridiques montre que les plateformes soumises à des cadres plus contraignants traitent généralement les signalements plus rapidement. La protection des personnes publiques ne doit pas être moins rigoureuse que celle des citoyens privés, car l’impact viral des fausses images affecte les deux catégories.

Des rapports publics indiquent que les deepfakes à visée malveillante ont augmenté ces dernières années, y compris dans des contextes politiques et de chantage. Des organismes de régulation et des ONG recommandent l’obligation de publier des informations sur les algorithmes de recommandation et sur les délais moyens de suppression des contenus signalés. Des études techniques montrent que l’ajout de métadonnées vérifiables et de filigranes numériques peut réduire la diffusion des images manipulées, mais que l’adoption généralisée de ces méthodes reste limitée.

Les photomontages impliquant Pape Thiaw révèlent des failles concrètes dans la responsabilité des plateformes qui hébergent et propagent des contenus synthétiques. Les faits exposent un besoin de mécanismes plus rapides et plus transparents, de technologies de détection mieux déployées et de sanctions effectives en cas de manquement. Le débat porte sur la capacité des plateformes à concilier liberté d’expression et protection des personnes, avec des solutions qui vont de l’amélioration technique à des cadres juridiques renforcés. Les éléments disponibles invitent à mesurer l’ampleur du risque et à exiger des réponses tangibles.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ousmane Diagne.
Mis en ligne : 19/01/2026

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