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La Brigade d’Intervention de la Police nationale (BIP) apparaît dans ce récit comme une unité capable de travailler sous haute tension et de coordonner avec des partenaires internationaux. Le commissaire Masserigne Faye, ancien chef de cette force entre 2009 et 2013, retrace une opération exemplaire menée à Dakar en 2010 visant un homme recherché par les autorités américaines et présentant des liens supposés avec l’environnement d’Oussama Ben Laden.
L’opération s’est déroulée à l’aéroport Léopold Senghor, transformé en espace de surveillance au moment de l’atterrissage du vol transportant le suspect. La BIP avait reçu une information très limitée : le passager s’était rasé la tête trois jours plus tôt. Avant d’arriver au Sénégal, cet homme avait échappé aux contrôles aux frontières en Allemagne et en Belgique, ce qui avait accru l’attention des services de renseignement. Sur place, les éléments de la BIP formèrent un comité d’accueil discret, chargé d’observer et de documenter chaque mouvement sans provoquer d’alerte inutile.
La force de la démarche tient à la patience et à la méthode plutôt qu’à l’improvisation. Les agents ont suivi le suspect dès sa descente d’avion, choisissant une filature qui privilégia la discrétion. Le futur arrêté changea d’apparence à trois reprises pendant son trajet, ce qui aurait pu inciter à une intervention immédiate. Pourtant la BIP maintint une posture attendiste afin d’établir un lien entre le suspect et d’éventuels complices. Cette attente calculée permit d’identifier la personne venue le récupérer, conduite dans un véhicule immatriculé en Mauritanie, et d’éviter une arrestation isolée qui aurait pu laisser filer des relais du réseau.
La logique opérationnelle suivie par la BIP illustre plusieurs principes de base du travail policier en contexte sensible : récolter de l’information suffisante avant d’agir, limiter les risques pour les témoins et les acteurs, et préserver la chaîne de preuve. L’intervention conjointe des forces locales et l’arrivée ultérieure des agents du FBI montrent que la capacité d’un service national à gérer une arrestation complexe renforce la crédibilité des institutions. Sur le plan stratégique, la coopération internationale devient un multiplicateur d’efficacité quand elle s’appuie sur des procédures claires et sur la confiance entre partenaires.
L’arrestation menée au commissariat du Port s’est déroulée sans incident majeur et a conduit à la remise du suspect aux autorités américaines quelques heures plus tard. La réception des agents étrangers à Dakar a servi à la fois de reconnaissance du travail accompli et d’illustration de l’interdépendance des services de sécurité. La narration du commissaire Faye met l’accent sur la maîtrise du timing et sur la capacité de la BIP à conjuguer discrétion et assertivité opérationnelle. Ce récit invite à considérer les interventions policières comme des exercices de stratégie plus que comme des démonstrations de force brute.
Le déroulé de l’affaire soulève des questions sur la gestion des informations fragmentaires et sur les mécanismes d’échange entre services nationaux et internationaux. La décision de ne pas intervenir immédiatement, malgré des éléments suspects, relève d’un arbitrage entre risque tactique et gain stratégique. La présence d’un véhicule immatriculé à l’étranger a été l’élément déclencheur décisif, validant l’hypothèse de complicité et permettant une arrestation qui préserva la preuve et le contrôle de la situation jusqu’à l’arrivée des partenaires étrangers.
L’épisode raconté par le commissaire Masserigne Faye illustre la maîtrise d’une unité spécialisée capable d’agir avec sang-froid face à une menace internationale. La BIP a fait preuve d’une tactique mesurée : observer, relier des indices et frapper au moment opportun. La coopération avec les agents du FBI a confirmé la pertinence de cette approche et a mis en lumière le professionnalisme d’une force nationale capable de s’inscrire dans des mécanismes de renseignement transfrontaliers tout en contrôlant le cadre opérationnel.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 19/01/2026
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