Plainte contre des journalistes : L'ASP et le document qui dérape - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Eva | Publié le 19/01/2026 08:01:00

Plainte contre des journalistes : L'ASP et le document qui dérape

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Deux journalistes ont été convoqués à la Sûreté urbaine après la diffusion d’une note virale intitulée « Explosifs ASP – Népotisme et recrutements politiques sous la direction du Capitaine Touré ». La plainte déposée par l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité vise des chefs de diffamation, de diffusion de fausses nouvelles et de divulgation de données personnelles. Le document partagé initialement dans un groupe professionnel puis relayé sur les réseaux sociaux met en lumière les fractures entre pratique journalistique et respect des procédures.

La note incriminée a été partagée dans un groupe WhatsApp professionnel par une journaliste avant d’être publiée sur Facebook par un confrère. Le directeur général de l’agence a déposé plainte en alléguant que le texte contenait des mensonges et qu’il révélait des données personnelles d’agents sans consentement. Les deux journalistes ont été entendus par les enquêteurs et ont maintenu le refus de dénoncer leurs sources, l’un affirmant s’appuyer sur des « sources internes dignes de foi ». Les autorités poursuivent la procédure selon les qualifications inscrites dans la plainte et la chronologie des faits est au cœur de l’enquête.

L’affaire illustre la faiblesse du traitement des documents non vérifiés dans certaines pratiques journalistiques. La circulation d’une note dans un groupe de travail devrait déclencher des vérifications supplémentaires avant toute diffusion publique, surtout quand elle accuse une institution et expose des individus. La divulgation de données personnelles engage des responsabilités pénales et éthiques distinctes de la simple diffusion d’un document d’opinion. L’enquête devra établir si le partage visait une vérification interne ou si la publication s’est faite sans recoupement. Les éléments à examiner incluent les échanges antérieurs dans le groupe professionnel, les tentatives de contact avec la direction, la provenance des informations et la présence de pièces justificatives.

La première conséquence factuelle est l’exposition directe des agents cités, avec les risques pour leur vie privée et leur sécurité. La seconde conséquence est l’ouverture d’un dossier judiciaire pour les journalistes, ce qui peut restreindre la liberté d’enquête si les règles déontologiques ne sont pas respectées. Les procédures judiciaires fondées sur des contenus diffusés sans vérification peuvent aussi générer un effet dissuasif chez les sources internes, qui risquent de se taire plutôt que de confier des informations aux journalistes. Une comparaison avec des cas similaires montre que des publications non vérifiées entraînent souvent des rectifications lourdes et des condamnations pour diffamation, tandis qu’une pratique rigoureuse de recoupement réduit le nombre de poursuites et protège les personnes exposées. Une autre comparaison oppose les méthodes de vérification professionnelle aux pratiques de partage impulsif sur les réseaux, la seconde augmentant la probabilité d’erreur.

Mettre en lumière la fragilité de la déontologie journalistique exige de suivre les faits qui la mettent à l’épreuve. Ici, l’échange d’un document dans un groupe professionnel sans archivage clair ou sans mention de sources vérifiées a mené à une publication publique et à une plainte formelle. L’argument central repose sur la chaîne d’actions : réception du document, tentative de vérification déclarée, partage public, plainte de l’institution. Chaque maillon pose une question factuelle sur le respect des règles : qui a vérifié, comment ont été protégées les données personnelles, quelles preuves soutiennent les allégations ? Les réponses conditionneront la qualification des faits et l’éventuelle responsabilité pénale ou disciplinaire.

Les textes juridiques encadrant la diffamation et la protection des données personnelles prévoient des sanctions en cas de diffusion non autorisée d’informations privées et en cas de propagation de fausses nouvelles. Des précédents judiciaires montrent que les poursuites pour diffamation liées à des publications en ligne aboutissent parfois à des peines et à des dommages-intérêts lorsque l’élément matériel de la fausseté est démontré. Les normes déontologiques journalistiques préconisent le recoupement à partir d’au moins deux sources indépendantes et la protection des informateurs, principes à vérifier dans le dossier présent.

Les faits établis jusqu’à présent décrivent une séquence où un document non vérifié a voyagé d’un groupe professionnel vers une audience publique, puis vers une procédure judiciaire opposant une agence et des journalistes. La situation met en évidence des risques concrets : atteinte à la vie privée des agents, procédures pour diffamation et affaiblissement des mécanismes de confiance entre sources et médias. L’enquête ouvrira une fenêtre sur la pratique réelle du recoupement et sur la manière dont la déontologie a résisté, ou non, à la pression de la viralité.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Souleymane Fall.
Mis en ligne : 19/01/2026

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