Internet pour tous : Diomaye Faye active le levier satellitaire - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - High-Tech | Par Eva | Publié le 20/01/2026 11:01:45

Internet pour tous : Diomaye Faye active le levier satellitaire

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Le Sénégal lance en 2026 un programme national de déploiement d’antennes satellitaires décidé par le Président Bassirou Diomaye Faye, avec pour objectif de réduire la fracture numérique et d’offrir un accès fiable à Internet aux zones éloignées. L’initiative complète les investissements dans la fibre optique, les dorsales nationales et les réseaux mobiles, et prévoit un accès gratuit pour « un million de bénéficiaires » grâce à un mix de financements publics, de partenariats et d’actions ciblées dans les services d’intérêt général. Le projet cible prioritairement les écoles, les postes de santé, les administrations locales et les villages isolés.

Le paysage des télécommunications sénégalaises repose depuis plusieurs années sur le déploiement de la fibre optique et sur l’extension des réseaux mobiles, avec des dorsales nationales destinées à relier les grandes villes et les zones industrielles. Malgré ces investissements, certaines zones rurales, frontalières et enclavées restent peu ou pas desservies en raison du coût élevé et des contraintes géographiques des infrastructures terrestres. Le choix d’un complément satellitaire répond à ce constat en offrant une solution technique accessible sans prolonger forcément les réseaux terrestres sur de longues distances.

Le recours au satellite modifie la donne technique et stratégique du secteur. D’un point de vue technique, le satellite permet une couverture rapide et large sans les travaux de génie civil exigés par la fibre, même si la bande passante et la latence diffèrent selon les technologies spatiales utilisées. D’un point de vue économique, le recours au satellite réduit le coût unitaire de connexion dans les zones peu denses, tout en nécessitant des investissements initiaux pour les antennes terrestres et l’exploitation. Selon le Directeur des Télécommunications, El Hadji Cheikh Sylla, « la cartographie des zones mal desservies est déjà finalisée », ce qui permet une planification par étapes et une priorisation des sites à impact social immédiat. Le cadre réglementaire annoncé vise à encadrer l’arrivée d’acteurs satellitaires supplémentaires afin de protéger l’intérêt général et d’assurer la concurrence loyale entre opérateurs.

Le renforcement de la souveraineté numérique repose sur des leviers concrets. D’abord, une réglementation transparente permet de contrôler les conditions d’implantation, les obligations de service universel et les mécanismes de sécurité des données, éléments essentiels pour la maîtrise des infrastructures critiques. Ensuite, le modèle de financement mixte annoncé garantit que l’intervention publique cible les services d’intérêt général sans subventionner indûment des activités commerciales, préservant ainsi l’équilibre concurrentiel. Enfin, l’impact social attendu repose sur des usages mesurables : télémédecine en zones rurales, ressources pédagogiques numériques pour les écoles isolées et accès à des services publics en ligne dans les administrations locales.

En encadrant l’arrivée des opérateurs satellitaires par une réglementation claire, le Sénégal renforce sa souveraineté numérique tout en protégeant l’intérêt général et la concurrence loyale. Le dispositif réglementaire comprendra des procédures d’agrément, des obligations de couverture dans les zones prioritaires, des règles de coopération entre opérateurs terrestres et spatiaux, ainsi que des exigences de résilience et de sécurité des données. Ce cadre permettra de comparer la performance des réseaux satellitaires avec celle des réseaux terrestres sur des critères objectifs tels que le débit, la latence et le coût par abonné, et d’ajuster les interventions publiques en conséquence.

Des pays africains ont déjà combiné satellites et fibres pour accélérer l’accès : le recours aux liaisons satellitaires a montré son utilité pour relier rapidement des sites distants lorsqu’un déploiement de fibre serait long ou coûteux. La modernisation des services agricoles par l’accès à l’information en temps réel et le soutien à l’économie locale par l’e‑commerce constituent des gains documentés dans plusieurs régions. Le projet sénégalais mettra l’accent sur la durabilité opérationnelle des antennes, la maintenance locale et la formation des techniciens afin d’assurer l’efficacité sur le long terme.

Le déploiement d’antennes satellitaires en 2026 représente pour le Sénégal une avancée organisée vers l’inclusion numérique, avec des priorités sociales clairement définies et des mécanismes de financement ciblés. Le cadre réglementaire annoncé a vocation à garantir que l’arrivée d’opérateurs spatiaux serve l’intérêt général, protège la concurrence et consolide la souveraineté numérique nationale. Si la planification, la maintenance et le suivi des performances sont respectés, le satellite peut devenir un outil complémentaire puissant pour connecter les territoires et soutenir des services publics essentiels.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Cheikh D.
Mis en ligne : 20/01/2026

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