Colère des étudiants à l’UCAD : Un avertissement politique déguisé ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Education | Par Eva | Publié le 23/01/2026 11:01:45

Colère des étudiants à l’UCAD : Un avertissement politique déguisé ?

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La visite du ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, sur le chantier de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été interrompue par les étudiants le 8 janvier 2026, qui ont poussé le ministre à quitter les lieux. Le collectif des amicales de l’UCAD a justifié cet acte par la frustration liée à une crise des bourses et à des irrégularités administratives persistantes. Parmi les faits saillants figure le non‑paiement des bourses aux étudiants de Master 1 pendant treize mois.

La communauté universitaire sénégalaise traverse une période de tensions récurrentes autour du financement des étudiants et du fonctionnement des administrations académiques. Les bourses d’études sont censées être versées selon des calendriers réguliers afin de couvrir la vie quotidienne et les frais pédagogiques des bénéficiaires. Ici, l’absence de versement pendant plus d’une année pour une cohorte de Master 1 a créé un effet de rupture sociale sur le campus, amplifié par des signalements d’irrégularités touchant des étudiants de tous niveaux. Les représentants estudiantins avaient suspendu un mot d’ordre pour privilégier le dialogue, mais ils affirment que les demandes n’ont pas reçu de réponse satisfaisante.

L’interruption publique de la visite ministérielle pointe vers des failles de coordination entre le ministère et les autorités universitaires. Le retard de treize mois dans les paiements suggère des dysfonctionnements financiers ou des blocages administratifs prolongés, alors que la logique budgétaire prévoit des versements mensuels. Le geste des étudiants traduit une rupture de confiance qui compromet le climat universitaire et la tenue normale des enseignements. Les autorités n’ont pas présenté de calendrier clair de régularisation lors de l’incident, ce qui laisse planer le risque d’escalade des mouvements sociaux sur le campus.

Les faits renforcent l’idée d’une gestion chaotique des dossiers de bourses : délais de paiement anormaux, absence de communication transparente et multiplication des cas d’irrégularités. Ces éléments sont compatibles avec une administration dont les procédures de contrôle et de gestion sont insuffisantes face au volume des demandes. Le caractère public et symbolique de l’interruption — devant un ministre en visite — accentue l’impact politique et médiatique de la crise. Les étudiants ont averti qu’ils « n’hésiteront pas à passer à la vitesse supérieure », formule qui traduit un potentiel de radicalisation des formes de contestation si la situation reste inchangée.

Cette action met en lumière l’échec simultané du ministère et des autorités universitaires à garantir la stabilité financière et institutionnelle sur le campus. Le non‑paiement prolongé des bourses révèle une incapacité opérationnelle à traiter des engagements essentiels envers les étudiants, ce qui constitue un déni de la mission sociale de l’enseignement supérieur. La réponse institutionnelle, jusqu’ici factuelle et ponctuelle, n’a pas su restaurer la crédibilité nécessaire pour apaiser les tensions, ce qui expose l’université à des perturbations prolongées.

Des indicateurs administratifs simples confirment la gravité : un bénéficiaire de bourse attend normalement un versement mensuel pour assurer l’hébergement, la restauration et les fournitures. Treize mois d’impayés représentent plus d’une année civile sans ce soutien, situation comparable à une interruption de salaire prolongée pour un employé public. Les précédents mouvements étudiants liés aux questions financières ont souvent entraîné des retards académiques et des fermetures temporaires d’universités, avec des conséquences mesurables sur les parcours et la réussite des étudiants.

L’arrêt de la visite ministérielle à l’UCAD cristallise des déficiences administratives et financières qui mettent en danger la stabilité universitaire. Les treize mois sans bourse pour une cohorte démontrent l’ampleur du problème et la fragilité des mécanismes de soutien aux étudiants. Sans calendrier précis de régularisation et sans mesures de transparence, le risque de nouvelles mobilisations reste élevé et la confiance entre les acteurs universitaires et le ministère demeure fortement entamée.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : François N.
Mis en ligne : 23/01/202
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