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La direction de la radiotélévision publique a annoncé le règlement d’une partie des dettes de l’entreprise, évaluées à 29,6 milliards de francs CFA depuis 2014 selon les bilans internes, et présenté un plan stratégique pour 2026-2028 visant à apaiser le climat social. Ces gestes ont été perçus comme des réponses immédiates à une série de revendications du personnel liées à la gestion et aux conditions de travail. Les annonces cherchent à stabiliser l’activité quotidienne, mais soulèvent des questions sur la pérennité des garanties sociales pour les salariés.
La dette de 29,6 milliards de francs CFA représente l’ampleur des difficultés financières accumulées depuis plusieurs exercices, incluant des arriérés de fournisseurs et des obligations sociales reportées. La direction a effectué un paiement partiel de ces créances et a détaillé un plan qui combine stratégie marketing, formation et recrutement. Le personnel avait exprimé son mécontentement publiquement, évoquant des failles dans la gouvernance et la protection des droits syndicaux, ce qui a conduit à des tensions visibles au sein des rédactions et des ateliers techniques.
La prise en charge partielle des dettes offre un soulagement financier immédiat pour les fournisseurs et pour la trésorerie opérationnelle, et elle réduit les risques de contentieux à court terme. Les paiements ponctuels peuvent cependant masquer des déséquilibres structurels dans la gestion budgétaire et dans les engagements contractuels envers les partenaires sociaux. La présentation d’un plan stratégique pluriannuel répond à une exigence de vision, mais l’absence d’échéances liées à des garanties sociales explicites laisse une zone d’incertitude pour les salariés. La direction a insisté sur la « consolidation de la politique sociale » et sur le « renforcement des capacités », expressions reprises lors des vœux au personnel, mais le vocabulaire employé ne précise pas les mécanismes juridiques ou financiers qui assureraient la tenue des promesses.
Le règlement d’une partie des dettes peut créer une dynamique favorable à l’image de l’entreprise et permettre la reprise de dépenses courantes indispensables, comme les fournitures et les services externes. Le risque principal tient au fait que ces mesures ponctuelles peuvent réduire la pression syndicale sans engager de négociations formelles sur les garanties de long terme, telles que des accords collectifs chiffrés ou des fonds de sécurisation des emplois. Les exemples d’établissements publics ayant apaisé des conflits par des paiements ponctuels montrent que, sans clauses contraignantes, les mêmes tensions peuvent revenir à la prochaine crise budgétaire. Une comparaison avec d’autres médias publics ayant signé des accords pluriannuels révèle que les engagements écrits et vérifiables contribuent davantage à la stabilité que les mesures unilatérales de règlement.
Les versements ciblés pour calmer l’instant présentent donc un danger concret pour la défense des droits syndicaux : en l’absence de négociations formelles aboutissant à des accords collectifs, les syndicats perdent un levier de pression et voient leur capacité à obtenir des garanties durables diminuer. Le calendrier et le contenu du plan 2026-2028 seront déterminants pour savoir si la politique sociale se traduira par des protections effectives pour les salariés ou par des promesses sans mécanismes de mise en œuvre. La mise en œuvre de formations et de recrutements annoncée ne compense pas la nécessité d’accords écrits sur les conditions de travail et sur la pérennité des emplois.
Les bilans publics et les rapports internes d’autres maisons de médias montrent que les accords collectifs signés ont souvent inclus des échéances financières, des comités de suivi et des audits externes. Dans plusieurs cas européens, la mise en place d’un fonds de stabilisation a permis de garantir les paiements salariaux lors de baisses de recettes publicitaires. La situation analysée ici présente des similitudes avec ces précédents : des mesures immédiates sans garanties formelles exposent les salariés à un retour rapide des tensions. Une citation rapportée lors des vœux indique la volonté de « collaboration franche, juste et transparente », formule qui devra être traduite en dispositifs concrets pour être efficace.
Les opérations de règlement partiel des dettes et l’annonce d’un plan stratégique apportent un répit visible pour la radiotélévision publique et pour ses partenaires financiers, mais les faits disponibles ne confortent pas encore la présence de garanties durables pour les salariés. Sans accords collectifs chiffrés, sans calendrier contraignant et sans mécanismes de contrôle indépendants, la défense des droits syndicaux risque d’être affaiblie au profit d’un apaisement temporaire. Les prochains mois seront décisifs pour vérifier si les engagements annoncés se traduiront en protections effectives ou resteront des mesures d’urgence ponctuelles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Khalil F.
Mis en ligne : 23/01/2026
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