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Le geste diplomatique du Président, consistant à proclamer l’ouverture aux partenaires et à célébrer l’amitié internationale, apparaît aujourd’hui comme une fuite en avant face à l’urgence intérieure. L’article défend la position selon laquelle cette stratégie tourne le dos aux problèmes concrets des Sénégalais et instaure l’image d’une diplomatie déconnectée. Le ton critique assume que la priorité d’un chef d’État doit rester la gestion des urgences sociales et économiques sur le territoire national, et non la mise en scène d’une réassurance internationale qui rassure davantage les chancelleries que la population.
La prise de parole officielle insiste sur la nécessité du dialogue, du respect du droit international et de la coopération internationale pour faire face aux crises globales. Le discours évoque les conflits mondiaux, l’insécurité régionale, le dérèglement climatique et la fragilisation du multilatéralisme comme autant de menaces exigeant des partenaires. Ces préoccupations sont légitimes au plan extérieur, mais elles ne remplacent pas la responsabilité immédiate de l’État vis-à-vis de la sécurité alimentaire, de l’emploi, de la santé et de l’éducation dans le pays. Le contraste entre l’agenda international et les attentes populaires mérite d’être exploré.
Prétendre qu’une ouverture diplomatique suffit à répondre aux besoins domestiques relève d’une lecture naïve des priorités politiques. La rhétorique du respect mutuel et de la solidarité, répétée dans les salons étrangers, sonne creuse pour les ménages qui subissent l’inflation, les coupures d’eau ou le chômage des jeunes. L’appareil d’État peut agir comme s’il gérait une relation publique internationale plutôt qu’un projet national concret. Cette posture rappelle une époque où certains gouvernements préféraient les déclarations solennelles à la mise en œuvre de politiques sociales efficaces. La population, témoin de promesses anciennes non tenues, devient méfiante face à un discours qui soigne l’image plutôt que la réalité.
La première faiblesse de cette stratégie tient à la dissociation entre communication et action. Une diplomatie active n’empêche pas la nécessité d’investir dans des projets sociaux mesurables, des infrastructures et des services publics de qualité. La seconde faiblesse concerne le risque d’opportunisme politique : l’affichage pro-partenaire peut servir à attirer des financements sans condition, tout en reportant les réformes impopulaires nécessaires. La troisième faiblesse réside dans l’effet symbolique : lorsque les citoyens voient leurs besoins quotidiens négligés, la crédibilité de l’État diminue, et la coopération internationale perd une partie de sa légitimité locale. Une nation ne peut bâtir son rayonnement à l’étranger sur l’oubli de ses propres citoyens.
En prônant l’ouverture aux partenaires, le Président évite d’aborder plusieurs dossiers urgents. La question de l’emploi des jeunes nécessite des politiques industrielles et une réforme de la gouvernance économique, pas seulement des déclarations diplomatiques. La question de la sécurité urbaine appelle des réponses policières et sociales adaptées, pas seulement l’appel à une action impartiale de la communauté internationale. La politique climatique demande des investissements locaux pour l’adaptation, des plans agricoles résilients et des aides ciblées aux producteurs. Comparer cette diplomatie à un navire qui continue sa route en laissant l’équipage réparer le pont arrière illustre le déséquilibre. Comparer cette posture à un médecin qui parle à ses confrères de la santé publique pendant que ses patients attendent dans la salle d’attente rend l’image plus crue.
Les chiffres disponibles montrent que le taux de chômage des jeunes reste élevé et que l’accès à l’eau potable varie fortement selon les régions, ce qui alimente le sentiment d’abandon. Les enquêtes d’opinion indiquent une défiance croissante envers les institutions lorsque les promesses internationales ne se traduisent pas en résultats locaux. Des pays comparables ont parfois réussi à combiner ouverture extérieure et renforcement intérieur en fixant des priorités budgétaires claires et en conditionnant les partenariats à des projets de développement mesurables. L’expérience prouve que la diplomatie devient crédible lorsque l’État démontre des progrès tangibles sur le terrain.
La posture internationale du Président ne doit pas devenir un écran obscurcissant les urgences nationales. Afficher l’amitié et le respect mutuel à l’égard des partenaires a du sens, mais la vraie mesure d’un leadership se lit dans la vie quotidienne des citoyens. Tant que la diplomatie continuera à occuper l’espace médiatique sans traduire ses promesses en politiques sociales et économiques visibles, elle laissera une population dubitative et sceptique. Le pays mérite une diplomatie cohérente avec une action intérieure forte, car la crédibilité internationale commence par la réponse aux besoins de ceux qui vivent sous le même toit national.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 23/01/2026
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