Urgence sanitaire à Kédougou : L’hôpital en panne d’eau - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Eva | Publié le 23/01/2026 10:01:00

Urgence sanitaire à Kédougou : L’hôpital en panne d’eau

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Le Centre hospitalier régional Amath Dansokho de Kédougou fait face à une rupture d’approvisionnement en eau qui dure depuis plusieurs semaines et compromet le fonctionnement des services de soins. L’établissement s’appuie sur deux forages dont la production couvre seulement seize heures par jour, laissant les unités sans eau pendant huit heures quotidiennes. Le personnel soignant et les patients subissent des restrictions d’hygiène et des interruptions de services, ce qui pose des risques sanitaires concrets et répète des défaillances structurelles déjà observées dans d’autres structures périphériques.

L’hôpital est alimenté actuellement par deux forages locaux dont la nappe phréatique est peu profonde, ce qui limite la productivité des pompages. La fréquentation des consultations et la taille des équipes ont augmenté, entraînant une hausse significative des besoins en eau. La connexion au réseau urbain de distribution est absente et la station de Sen’Eau la plus proche se situe à environ cinq kilomètres, ce qui rend impossible une alimentation directe sans travaux d’extension. Pour pallier l’urgence, la société de distribution livre ponctuellement de l’eau par camions-citernes, solution logistique mais temporaire et coûteuse pour l’établissement.

L’origine du problème combine un déséquilibre offre-demande et une insuffisance d’investissement structurel. Les deux forages existants ne sont pas dimensionnés pour l’activité actuelle de l’hôpital, et la géologie locale restreint la possibilité d’augmenter rapidement le débit. Le recours aux camions-citernes garantit un approvisionnement intermittent mais n’assure pas la continuité requise pour les blocs opératoires, les services de maternité et les unités d’hospitalisation. Le directeur de l’établissement a résumé la situation par cette phrase : « La problématique de l’eau à l’hôpital est réelle et préoccupante ». Les autorités locales ont été saisies, mais l’absence de financement centralisé bloque l’extension du réseau urbain.

Le défaut d’eau expose les patients à des risques d’infection nosocomiale et complique la stérilisation des instruments, la gestion des plaies et l’hygiène des locaux. Les équipes médicales voient leurs pratiques contraintes, avec des reports de soins et des gestes d’urgence réalisés dans des conditions dégradées. L’absence de raccordement au réseau public empêche une solution durable sans investissement majeur, qui dépasse les capacités financières locales. La proposition de creuser un troisième forage figure parmi les options retenues, mais la viabilité technique dépend d’études hydrogéologiques et d’engagements financiers externes.

La crise illustre une incapacité des autorités sanitaires locales à garantir l’accès à l’eau au sein d’un centre hospitalier régional. Les structures périphériques dépendent d’infrastructures centralisées pour des travaux d’envergure, et l’absence de planification et de financements adaptés crée des vulnérabilités évitables. Comparée à des hôpitaux raccordés au réseau urbain, la situation de Kédougou montre l’impact direct d’un manque d’investissement sur la sécurité des soins. Comparée aussi aux établissements ayant anticipé la croissance des effectifs, l’hôpital régional souffre d’une gestion prévisionnelle insuffisante.

Des chiffres disponibles au niveau national montrent que l’accès durable à l’eau dans les structures de santé reste inégal entre zones urbaines et zones rurales ou périphériques. Les interventions par camions-citernes sont utilisées comme mesures d’urgence dans plusieurs régions, mais elles entraînent des coûts récurrents et ne garantissent pas la qualité microbiologique permanente. Des partenaires techniques et financiers ont manifesté un intérêt pour le projet de forage supplémentaire, tandis que l’extension du réseau urbain nécessiterait des investissements publics lourds et une coordination entre les services techniques et la direction de la santé.

La situation au Centre hospitalier régional Amath Dansokho révèle des lacunes concrètes dans la capacité des autorités sanitaires locales à sécuriser une ressource essentielle pour les soins. Les données indiquent une production limitée des forages, une absence de raccordement au réseau urbain et des solutions temporaires insuffisantes pour protéger la santé des patients et des travailleurs. Face à ces faits, la poursuite des études hydrogéologiques, l’engagement de financements adaptés et une coordination administrative renforcée restent des étapes nécessaires pour transformer une gestion d’urgence en réponse durable.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Fadilou G.
Mis en ligne : 23/01/2026

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