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L’organisation prochaine des assises nationales des daaras a reçu la bénédiction du khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, lors d’une audience à Touba. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mbamba Guissary, a confirmé l’accord et l’accueil favorable réservé aux conclusions de la concertation régionale de Diourbel. L’initiative vise à concilier la sauvegarde du patrimoine religieux et la mise à jour des pratiques d’enseignement coranique, tout en respectant la spiritualité qui fonde ces écoles.
Les daaras constituent une composante historique du paysage éducatif et religieux sénégalais, avec des milliers d’établissements informels répartis sur le territoire et près de 3 000 structures recensées à Touba selon la concertation régionale. Ces écoles coraniques assurent traditionnellement l’apprentissage du Coran, la transmission de valeurs spirituelles et la socialisation des enfants. Le projet d’assises s’inscrit dans une dynamique nationale de dialogue entre les autorités étatiques, les cadres éducatifs et les responsables religieux, avec pour objectif une régulation concertée et une meilleure articulation entre enseignement religieux et système scolaire formel.
Le soutien explicite du khalife donne une légitimité religieuse à la démarche, facteur décisif dans un contexte où la parole religieuse influence fortement les pratiques communautaires. Le ministre a rapporté que le guide religieux a non seulement béni le processus, mais aussi encouragé les acteurs à poursuivre leur engagement. L’approche prévoit d’identifier les besoins pédagogiques, les conditions de protection de l’enfance et les modalités de formation des maîtres coraniques, tout en respectant l’identité spirituelle des daaras. La concertation régionale a rassemblé des représentants locaux, des autorités administratives et des acteurs du secteur, ce qui facilite la création d’un cadre normatif adapté aux réalités locales.
La fusion de la sauvegarde patrimoniale et de la modernisation pédagogique repose sur plusieurs constats factuels. Premièrement, la reconnaissance officielle par une autorité religieuse majeure favorise l’adhésion des familles et des maîtres coraniques à des réformes progressives. Deuxièmement, l’existence d’un dialogue structuré permet d’intégrer des standards de protection et de qualité sans effacer les pratiques spirituelles propres aux daaras. Troisièmement, l’appui étatique peut faciliter l’accès à des ressources pédagogiques et à des formations, améliorant simultanément l’apprentissage du Coran et les compétences de base en lecture et calcul. Le ministre a souligné la volonté d’avancer dans des délais raisonnables afin d’assurer des résultats tangibles pour les enfants et les communautés.
Mettre en lumière la façon dont ces assises renforcent la sauvegarde du patrimoine religieux implique de montrer comment le respect de la tradition accompagne la modernisation. Le khalife a rappelé la place centrale des daaras dans l’histoire éducative nationale, ce qui ancre la réforme dans une logique de continuité plutôt que de rupture. Comparativement à une réforme imposée depuis l’extérieur, la démarche bénie par la hiérarchie religieuse favorise une appropriation locale. Comparée aux modèles d’intégration observés dans d’autres systèmes éducatifs, l’option sénégalaise privilégie le dialogue entre acteurs religieux et éducatifs pour préserver l’identité culturelle tout en améliorant les pratiques pédagogiques.
Des éléments concrets soutiennent la faisabilité du projet : la représentation massive lors de la concertation régionale, la présence simultanée des autorités administratives et éducatives à Touba, et les déclarations publiques en faveur d’un calendrier raisonnable. Des études antérieures sur les réformes éducatives montrent que l’implication des leaders communautaires augmente le taux d’acceptation des changements et améliore la pérennité des mesures mises en place.
La bénédiction du khalife apporte une dimension symbolique et pratique aux assises des daaras, en ouvrant la voie à une modernisation respectueuse du patrimoine religieux. L’alliance entre la reconnaissance spirituelle et l’engagement institutionnel crée les conditions d’une réforme sensible aux réalités locales et bénéfique pour la qualité de l’enseignement coranique. Si les acteurs maintiennent la concertation et suivent le calendrier annoncé, ces assises peuvent devenir un modèle de préservation culturelle intégrée à une modernisation pédagogique réfléchie.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Karim Ba.
Mis en ligne : 24/01/2026
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