Exercices navals BRICS+ : Pretoria s’expose aux pressions occidentales - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 24/01/2026 08:01:45

Exercices navals BRICS+ : Pretoria s’expose aux pressions occidentales

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L’Afrique du Sud accueille des navires militaires russes, iraniens et chinois pour des exercices navals du BRICS+ dans ses eaux territoriales, une décision qui suscite des débats politiques intenses à Pretoria. Plusieurs ministres et responsables gouvernementaux ont exprimé des réserves publiques sur l’accueil de bâtiments militaires de pays soumis à des sanctions occidentales, estimant que cette présence accroît le risque de tensions diplomatiques avec les alliés occidentaux. Les manœuvres interviennent au moment où les relations internationales sont fragiles, après des opérations militaires récentes impliquant des puissances extérieures en Amérique latine.

L’Afrique du Sud entretient depuis plusieurs années des relations stratégiques avec la Russie, la Chine et l’Iran, tant sur le plan économique que militaire, et participe activement au forum BRICS. Les exercices navals programmés comprennent des opérations de coordination, des entraînements de sécurité maritime et des échanges de procédures de communication entre flottes. La Russie et l’Iran figurent sur des listes de sanctions imposées par les États-Unis et certains partenaires européens pour des motifs divers, ce qui expose les interactions militaires avec ces pays à des conséquences diplomatiques et financières. Pretoria a motivé sa décision par la volonté de renforcer la coopération sud-sud et d’affirmer sa souveraineté dans la zone maritime.

L’accueil de navires sous sanction soulève des risques mesurables pour l’Afrique du Sud sur plusieurs plans diplomatiques et économiques. Les États-Unis et l’Union européenne disposent d’outils de pression pouvant cibler les transactions financières, les programmes de coopération et l’accès aux technologies sensibles. Les banques internationales appliquent souvent des règles de conformité qui peuvent restreindre les opérations liées à des entités associées à des gouvernements sanctionnés, avec des répercussions sur les flux commerciaux sud-africains. Sur le plan militaire, la présence de bâtiments russes et iraniens peut entraîner une surveillance accrue des services de renseignement occidentaux et des réactions politiques publiques défavorables dans les capitales alliées.

Les faits montrent que des États accueillant des partenaires sous sanction ont parfois subi des conséquences concrètes. Des entreprises sud-africaines pourraient voir des contrats suspendus si les contreparties sont perçues comme à risque par les banques internationales. Le secteur des services financiers sud-africain est intégré aux réseaux mondiaux de conformité, rendant vulnérable toute entité effectuant des transactions avec des acteurs ciblés. Par ailleurs, les programmes de coopération sécuritaire ou scientifique avec des pays occidentaux risquent d’être mis en pause si ces derniers jugent la proximité militaire de Pretoria incompatible avec leurs intérêts stratégiques. Ces éléments illustrent un chemin plausible vers un isolement partiel sur le plan diplomatique et économique, sans qu’il soit nécessaire d’invoquer des intentions politiques.

Critiquer la décision de Pretoria d’accueillir des navires russes et iraniens met en lumière le risque d’isoler l’Afrique du Sud face aux alliés occidentaux, et la sélection des faits s’appuie sur conséquences observées ailleurs. Comparée à des pays africains ayant maintenu une stricte neutralité, l’Afrique du Sud prend un chemin plus visible vers l’alignement avec des puissances sanctionnées, ce qui peut être assimilé à une démarche plus audacieuse que la politique extérieure habituelle de nombreux États du continent. Comparée la posture commerciale traditionnelle de Pretoria, marquée par une forte dépendance aux marchés européens et américains, l’ouverture militaire à ces partenaires représente un changement tangible susceptibles d’entraîner des réactions politiques et économiques.

Des précédents internationaux apportent des éléments concrets : des sanctions secondaires ont déjà entraîné des retombées sur des banques et des entreprises en relation avec des États ciblés, avec des gelures de comptes et des difficultés d’accès aux systèmes de paiement internationaux. Les flux d’investissement direct étranger vers l’Afrique du Sud restent sensibles aux signaux politiques perçus comme défavorables par les investisseurs occidentaux, et les agences de notation intègrent désormais des critères géopolitiques dans leurs évaluations de risque pays. Sur le plan maritime, la présence simultanée de flottes de diverses puissances impose des mesures de gestion portuaire et de sécurité, ce qui peut engager des coûts opérationnels et des obligations juridiques pour les autorités sud-africaines.

Les éléments factuels réunis indiquent que l’accueil de navires russes et iraniens par l’Afrique du Sud comporte des risques diplomatiques et économiques concrets vis-à-vis des alliés occidentaux. Les outils de pression financière, la sensibilité des investisseurs et les précédents de sanctions secondaires constituent des leviers susceptibles d’isoler Pretoria sur certains dossiers internationaux. Sans juger les motivations politiques, la combinaison d’interactions militaires avec des pays sanctionnés et d’une économie intégrée aux systèmes occidentaux crée une tension opérationnelle et stratégique dont les conséquences restent à observer. Le choix de naviguer entre coopération sud-sud et interdépendance globale pose désormais un défi tangible pour la politique étrangère sud-africaine.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Kevin T.
Mis en ligne : 24/01/2025

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