La chirurgie esthétique au Sénégal : Un danger public à réguler d’urgence - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Eva | Publié le 24/01/2026 02:01:45

La chirurgie esthétique au Sénégal : Un danger public à réguler d’urgence

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L’ex-danseuse Mbathio Ndiaye a récemment relancé le débat sur la chirurgie esthétique au Sénégal, en partageant des témoignages glaçants : des amies incapables d’aller aux toilettes normalement après une intervention, des séquelles physiques et psychologiques durables. Son intervention sur TikTok rappelle une réalité trop souvent ignorée : derrière l’attrait du glamour et des réseaux sociaux se cachent des risques majeurs pour la santé, aggravés par l’absence de réglementation stricte des cliniques esthétiques. Si chacun est libre de disposer de son corps, il est impératif que les autorités sanitaires sénégalaises agissent sans délai pour encadrer un secteur où l’appât du gain prime trop souvent sur la sécurité des patientes.

La chirurgie esthétique se démocratise au Sénégal, portée par l’influence des réseaux sociaux et une quête de beauté parfois déconnectée des réalités médicales. Pourtant, comme le souligne un article récent, toutes les cliniques ne respectent pas les normes de sécurité élémentaires. Les risques sont multiples : infections, complications post-opératoires, réactions allergiques, voire des conséquences irréversibles sur la santé physique et mentale des patientes. Pire, le cadre juridique actuel est flou : le décret régissant les cliniques privées au Sénégal ne définit même pas clairement ce qu’est une clinique esthétique, laissant la porte ouverte à des pratiques douteuses et à des établissements non qualifiés.

En République démocratique du Congo, le ministère de la Santé a récemment interdit la pratique du « BBL » (Brazilian Butt Lift) en raison du manque de médecins spécialisés et des risques sanitaires élevés. En France, le Sénat vient d’adopter des mesures pour encadrer la médecine esthétique, soumettant sa pratique à une autorisation de l’ordre des médecins, afin de lutter contre les dérives et garantir la qualité des soins. Au Sénégal, en revanche, aucune mesure équivalente n’existe. Les cliniques opèrent souvent sans accréditation internationale, sans protocoles de sécurité rigoureux, et sans suivi postopératoire adéquat. Les patientes, mal informées, s’exposent ainsi à des dangers évitables dans des pays où la réglementation est plus stricte.

Les comparaisons internationales sont accablantes : en Tunisie ou en Turquie, des cliniques accréditées (comme celles certifiées JCI ou ISO) offrent des garanties minimales de sécurité et de transparence. Au Sénégal, seules quelques rares structures, comme la Clinique de la Madeleine à Dakar, proposent des prestations à niveau international, mais elles restent l’exception. La plupart des patientes, attirées par des tarifs compétitifs, ignorent les risques encourus en l’absence de normes claires.

Les complications post-opératoires (infections, nécroses, séquelles fonctionnelles) sont fréquentes et parfois dramatiques. Le décès tragique de l’influenceuse Ngoné Ndiaye en Turquie a choqué l’opinion publique et relancé les appels à une législation plus stricte. Comment accepter que des vies soient mises en danger par manque de contrôle ?

Faute de cliniques fiables sur place, de nombreuses Sénégalaises se tournent vers l’étranger, où les recours légaux en cas de problème sont quasi impossibles. Une réglementation nationale forte réduirait cette fuite vers des destinations à haut risque.

Le Sénégal ne peut se contenter de suivre la tendance sans garantir la sécurité de ses citoyens. Les pays qui ont mis en place des normes strictes (comme la RDC ou la France) montrent que la régulation est possible et nécessaire.

La chirurgie esthétique n’est pas un acte anodin. Elle doit être encadrée par des protocoles médicaux rigoureux, des accréditations obligatoires et des campagnes de sensibilisation sur les risques. Les autorités sanitaires sénégalaises ont le devoir d’agir : interdire les cliniques non conformes, exiger des certifications pour les praticiens, et informer le public des dangers réels. La beauté ne doit pas rimer avec sacrifice de la santé. Il est temps que le Sénégal se dote d’un cadre légal à la hauteur des enjeux, pour protéger celles et ceux qui, en quête de bien-être, ne devraient pas payer le prix de l’absence de normes.

Une comparaison avec d’autres pays africains (comme le Maroc ou la Tunisie) montre que le Sénégal a les moyens de progresser rapidement, à condition que la volonté politique soit au rendez-vous. La balle est dans le camp des décideurs : sauront-ils entendre l’urgence ?

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 08/01/20
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