UCAD : Après la pandémie, ce que le Sénégal a appris du Covid-19 - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Eva | Publié le 25/01/2026 05:01:45

UCAD : Après la pandémie, ce que le Sénégal a appris du Covid-19

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La traditionnelle leçon inaugurale de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar a repris après une décennie d’interruption, remettant la réflexion scientifique au cœur de la rentrée. Le professeur Moussa Seydi, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, a choisi d’examiner ce que la pandémie de Covid-19 a révélé et ce qu’elle impose comme préparation pour l’avenir. Sa prise de parole articule des constats sur la capacité de riposte, des principes éthiques et des orientations opérationnelles destinées au grand public et aux décideurs.

La cérémonie, tenue au centre de conférence de l’UCAD, a symbolisé la volonté de l’institution de relancer le débat académique sur des questions de santé publique. Le choix d’un praticien-chercheur reconnu, qui cumule une production scientifique importante et des responsabilités hospitalières, souligne l’intention de croiser expertise clinique et réflexion politique. L’exposé portait sur les enseignements tirés de la crise de 2020, avec un accent mis sur la manière dont le Sénégal a géré ses moyens limités et sur le rôle des populations dans la riposte.

Le diagnostic posé par le professeur Seydi repose sur une lecture lucide des forces et des faiblesses révélées par la pandémie. Il analyse la résilience du système de santé en la reliant à des réactions concrètes : mobilisation des équipes, adaptation des protocoles et résolution de problèmes logistiques malgré les ressources restreintes. Le discours ne minimise pas les difficultés rencontrées, mais il met en relief la capacité d’ajustement et la solidarité sociale qui ont permis de contenir certains effets de la crise. Les autorités universitaires ont accueilli cette analyse comme une contribution nécessaire à la construction de politiques publiques mieux informées.

L’orateur propose dix leçons pour anticiper les crises futures, structurées autour de prescriptions pratiques et de valeurs. La première exigence consiste à rapprocher la décision politique de l’expertise scientifique afin d’éviter les désaccords préjudiciables pendant une urgence sanitaire. La liberté académique figure comme condition sine qua non pour qu’une communauté savante puisse produire des évaluations indépendantes et constructives. La lutte contre la stigmatisation et contre les inégalités sociales est présentée comme une priorité, car les populations marginalisées subissent souvent les conséquences sanitaires et économiques les plus graves. Parallèlement, la prise en charge des séquelles psychologiques et des pertes économiques doit être planifiée dès la phase de riposte afin d’atténuer des effets durables.

Au-delà de règles techniques, le professeur Seydi insiste sur des fondements éthiques et moraux nécessaires à toute politique de santé durable. Il élabore sur la confiance collective : un système de santé ne progresse pas uniquement par des investissements matériels, mais aussi par la confiance des citoyens en leurs institutions et en leur propre capacité d’agir. L’intégration de nouveaux outils, dont l’intelligence artificielle pour la surveillance sanitaire, est envisagée comme un complément aux expertises humaines, sans jamais s’y substituer. L’appel à scénarios anticipés s’accompagne d’un plaidoyer pour la formation continue des professionnels de santé et pour des exercices pratiques de préparation afin d’éviter la répétition d’improvisations coûteuses.

La leçon inaugurale ne cherche pas à proposer un manuel exhaustif, mais à poser des orientations opérationnelles claires et ancrées dans l’expérience locale. Le professeur Seydi articule ses propositions autour de démarches applicables : harmonisation des protocoles, renforcement des capacités de laboratoire, mise en place de dispositifs psychosociaux et élaboration de plans économiques de soutien ciblés. Il suggère également de formaliser des mécanismes de dialogue permanent entre université, hôpital et pouvoirs publics, afin que les décisions prises en temps de crise reposent sur des données analysées par des équipes compétentes. La valeur civique et le comportement solidaire des populations sont présentés comme des leviers déterminants de toute stratégie de prévention.

La reprise de la leçon inaugurale à l’UCAD remet en perspective la responsabilité collective face aux menaces sanitaires. L’intervention du professeur Seydi combine une observation attentive de la gestion passée et des recommandations pragmatiques pour l’avenir : rapprocher science et politique, protéger la liberté académique, combattre les inégalités, anticiper les conséquences psychologiques et économiques, et moderniser la surveillance sanitaire. Le message central privilégie une approche holistique où la technique rencontre l’éthique, et où la confiance sociale soutient la résilience institutionnelle. Cette feuille de route laisse entendre que préparer un futur sans pandémie dépend autant des choix politiques et éducatifs que des capacités techniques déployées.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/01/20
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