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Un article récent de RFI révèle que la ville de Nioro du Sahel, au Mali, subit depuis cinq mois un blocus imposé par les jihadistes du JNIM, affiliés à al-Qaïda. Les habitants, coupés du monde, vivent dans une précarité extrême, privés de vivres et de liberté de mouvement. Pourtant, malgré l’urgence, la couverture médiatique et la réaction politique restent tièdes, voire absentes. Ce silence est inacceptable. Il est temps de dénoncer l’indifférence collective face à ce calvaire et d’exiger une mobilisation immédiate.
Nioro du Sahel, ville stratégique à la frontière mauritanienne, est depuis septembre 2025 la cible d’un blocus systématique. Les jihadistes du JNIM accusent la population de soutenir l’armée malienne et ont verrouillé toutes les routes d’accès. Les prix des denrées de base ont explosé, les enlèvements se multiplient, et les habitants survivent dans des conditions inhumaines. Malgré la présence symbolique des autorités locales, l’État malien, soutenu par des mercenaires russes, peine à briser l’étau jihadiste. Pire, les opérations militaires annoncées n’ont pas permis de rétablir la sécurité, et les convois humanitaires sont régulièrement attaqués.
Les témoignages recueillis par RFI et Jeune Afrique décrivent une population abandonnée, livrée à elle-même. Les jihadistes contrôlent les axes routiers, imposent des taxes, et punissent toute tentative de résistance. Les autorités maliennes, bien que présentes, sont incapables d’assurer la protection des civils sans escorte militaire. Les rares opérations menées se soldent par des communiqués triomphalistes, mais la réalité sur le terrain reste inchangée : les habitants de Nioro, comme ceux de Léré ou Kayes, sont pris en otage.
La crise de Nioro est rarement en Une. Pourtant, des villes comme Farabougou, Tombouctou ou Léré ont déjà subi le même sort, sans que cela ne déclenche une indignation internationale. Les médias nationaux et internationaux minimisent la gravité de la situation, se contentant de brèves ou de reportages épars. Où sont les enquêtes approfondies, les éditoriaux percutants, les appels à la mobilisation ?
Ni la junte malienne, ni la communauté internationale n’ont su proposer une réponse à la hauteur. L’Union africaine et l’ONU ont lancé des appels à l’aide, mais sans effet concret. Les pays voisins, comme la Mauritanie ou le Sénégal, restent prudents, tandis que les puissances occidentales, après avoir quitté le Sahel, se contentent de recommander à leurs ressortissants de fuir le Mali.
Le groupe jihadiste utilise le blocus comme arme de guerre économique, asphyxiant les populations pour affaiblir l’État. Cette tactique, déjà éprouvée ailleurs, montre l’urgence d’une réponse coordonnée. Pourtant, les négociations avec les jihadistes piétinent, et les promesses de dialogue restent lettres mortes.
Le blocus de Nioro rappelle ceux de Mossoul en Irak ou de Marioupol en Ukraine, où des populations entières ont été prises pour cible. Mais contrairement à ces crises, Nioro ne bénéficie ni de l’attention médiatique, ni de la pression diplomatique nécessaire. Pourquoi un deux poids, deux mesures ?
Le calvaire de Nioro du Sahel est un scandale humanitaire et une honte collective. Il est temps que les médias brisent le silence, que les responsables politiques assument leurs responsabilités, et que la communauté internationale agisse avant qu’il ne soit trop tard. La vie des habitants de Nioro vaut autant que celle des autres. Leur souffrance ne peut plus être ignorée.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Diop.
Mis en ligne : 26/01/2026
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