Gambie contre Birmanie : La plainte qui relance l'affaire du génocide - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 27/01/2026 01:01:15

Gambie contre Birmanie : La plainte qui relance l'affaire du génocide

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La Cour internationale de Justice a rouvert un dossier lourd de souffrance lorsque la Gambie a saisi la juridiction contre la Birmanie pour violation de la convention sur le génocide. La plainte porte la voix de milliers de personnes affectées et installe à La Haye une procédure destinée à déterminer si l’armée birmane a cherché à anéantir la minorité rohingya, une accusation grave qui pèse sur l’État du Myanmar.

La Gambie intervient en représentation de l’Organisation de la coopération islamique, avec un mandat déposé il y a plusieurs années après les événements de 2017. Ces événements avaient provoqué des déplacements massifs : des milliers de victimes tuées et plus de sept cent mille personnes contraintes de fuir vers le Bangladesh, où elles résident depuis près d’une décennie. Les juges avaient déjà demandé au pouvoir en place à l’époque de prendre des mesures pour prévenir tout acte génocidaire. L’ouverture des audiences ce 12 janvier offre un cadre formel pour examiner les responsabilités étatiques alléguées.

La démarche gambienne repose sur l’argument que les forces de sécurité ont ciblé délibérément la minorité rohingya en vue de son anéantissement. Les avocats ont évoqué des preuves rassemblées lors d’audiences antérieures, incluant des témoignages et des expertises, présentés comme montrant des actes de violence extrême. La Birmanie continue de rejeter ces accusations. La procédure devant la Cour se déroule selon des règles strictes : la présentation de preuves factuelles, l’audition de témoins et d’experts, et la possibilité pour les États de se joindre à la démarche. Onze États ont manifesté leur soutien à la plainte de la Gambie, ce qui renforce la visibilité internationale du dossier.

Les arguments de la Gambie privilégient l’interprétation juridique du génocide telle que définie par la convention, en insistant sur l’intention de détruire un groupe humain en tout ou en partie. La description des violences vise à établir un schéma d’actions coordonnées et ciblées. La défense birmane maintient l’absence d’intention génocidaire. Les audiences permettront de confronter ces positions à la lumière des témoignages et des éléments soumis aux juges. Les débats incluent aussi des questions procédurales sur les mesures conservatoires ordonnées précédemment par la Cour et leur mise en œuvre effective.

Les sessions à huis clos pour l’audition des victimes et des experts cherchent à protéger la sécurité des personnes tout en garantissant l’éclairage factuel nécessaire à la Cour. Le calendrier prévu s’étend jusqu’au 29 janvier, après quoi les juges engageront un délibéré qui prendra plusieurs mois. La portée de la décision attendue dépasse les parties en cause : elle participe à la définition des standards internationaux en matière de prévention et de répression du génocide. Le dossier est suivi avec attention en raison de sa charge symbolique et de ses conséquences potentielles pour la responsabilité étatique.

Les éléments déjà présentés aux juges lors d’audiences antérieures et ceux qui seront entendus à La Haye constituent la base du travail juridictionnel. Les témoignages de victimes, les expertises et les dossiers factuels serviront à reconstituer la chronologie des événements et à apprécier l’existence ou non d’une intention de détruire la communauté rohingya. La procédure vise à trancher sur l’application de la convention sans éluder les dimensions humaines des faits exposés.

L’instruction menée à la Cour internationale de Justice place au centre la souffrance d’une communauté rendue vulnérable et la question de la responsabilité d’un État face aux allégations de génocide. La Gambie porte cette démarche au nom d’un groupe d’États, tandis que la Birmanie continue de contester les accusations. Le verdict attendu après un long délibéré devra conjuguer exigence juridique et reconnaissance des récits de victimes, et il déterminera les suites possibles pour la prévention et la réparation des crimes allégués.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Oumar Diallo.
Mis en ligne : 27/01/20
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