Brama Traoré écarté, le mal demeure : Crise structurelle du football burkinabè - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Sport | Par Eva | Publié le 28/01/2026 04:01:15

Brama Traoré écarté, le mal demeure : Crise structurelle du football burkinabè

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La Fédération burkinabè de Football (FBF) a annoncé la rupture de contrat avec Brama Traoré et l’ensemble de son staff le 14 janvier 2026, après l’élimination des Étalons en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 face à la Côte d’Ivoire (3-0). L’objectif officiel fixé avant le tournoi était d’atteindre les demi-finales, un seuil qui n’a pas été atteint. La décision a été présentée comme la conséquence d’une « analyse approfondie » de la participation, sans calendrier public pour une nouvelle stratégie durable.

Brama Traoré avait pris les rênes de la sélection en janvier 2024 et avait obtenu la qualification pour la CAN 2025. Sous sa direction, le Burkina Faso a terminé deuxième de son groupe de qualification pour la Coupe du monde, performance insuffisante pour accéder aux barrages. La FBF a communiqué rapidement après l’élimination, privilégiant une annonce claire sur le départ de l’entraîneur plutôt que des éléments publics sur les causes profondes de l’échec. Le calendrier fédéral montre une succession rapide de décisions depuis 2022, avec plusieurs changements de staff technique et des réformes de communication plus visibles que des bilans de formation.

L’action de la Fédération se concentre sur la gestion de l’image et sur des remplacements rapides plutôt que sur des investissements structurels mesurables. Les faits disponibles indiquent l’absence de communication sur des programmes de long terme pour la formation des jeunes, l’encadrement des entraîneurs de clubs et la professionnalisation des staff techniques. La FBF a publié des communiqués de presse et des mots officiels, mais n’a pas publié de feuille de route chiffrée pour les académies ou pour la mise à niveau des entraîneurs depuis 2023. Le vide documentaire laisse supposer que la stratégie privilégie la réaction médiatique après les défaites plutôt que la prévention par l’investissement.

La première observation tient aux résultats sur plus d’un cycle : qualification à la CAN obtenue, performance insuffisante en phase finale et non-qualification pour les barrages mondiaux. Ces éléments montrent une progression ponctuelle sans assise durable. La deuxième constatation porte sur la gouvernance : la rapidité du licenciement illustre une logique de signal politique, destinée à apaiser l’opinion publique locale, au lieu d’une restructuration technique. La troisième donnée relève de la continuité des encadrements : plusieurs changements de staff depuis 2022 n’ont pas permis l’émergence d’une direction sportive stable, condition souvent liée à la formation de joueurs et à la montée en compétence des entraîneurs.

La perspective développée par les faits met en lumière un échec structurel : la FBF a privilégié la communication et la prise de décision immédiate plutôt que des engagements financiers et programmatiques à long terme. Les dépenses documentées dans les communiqués sont majoritairement orientées vers la préparation de compétitions et la communication institutionnelle, et non vers des investissements dans les infrastructures de formation ni dans la formation continue des entraîneurs. La conséquence tangible est une sélection nationale dépendante d’ajustements tactiques à court terme, sans capital humain consolidé.

Des comparaisons succinctes aident à situer le cas : des fédérations voisines ont publié des plans quinquennaux d’académies et des bilans financiers dédiés à la formation, ce que la FBF n’a pas rendu public récemment. Les chiffres de qualification montrent que la performance sportive isolée ne suffit pas sans pipeline de joueurs formés; la répétition des changements de staff est corrélée dans d’autres pays à des résultats erratiques.

Les faits exposés montrent une Fédération qui a réagi vite et communiqué davantage que construit. Le renvoi de Brama Traoré est un acte visible mais non une preuve d’une réforme technique durable. À court terme, la décision répond à l’exigence de résultat; à moyen terme, l’absence publique d’un plan d’investissement dans la formation des joueurs et dans la professionnalisation des encadrements laisse planer un risque répété d’échecs similaires. Sans feuille de route transparente, la succession d’entraîneurs risque de reproduire les mêmes limites structurelles.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ferdinand T.
Mis en ligne : 28/01/2026

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