Téléphones en prison : Mame Diarra Fam sort de la réserve - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 28/01/2026 08:01:00

Téléphones en prison : Mame Diarra Fam sort de la réserve

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L’affaire Farba Ngom, annoncée d’abord comme un dossier portant sur des sommes colossales — 91 et 31 milliards de francs CFA — a pris un tour inattendu. Onze mois après l’ouverture, l’attention se concentre désormais sur la découverte de deux téléphones portables dans la cellule du Pavillon spécial. Cette réduction de périmètre suscite ironie et interrogation dans l’espace public, et met en lumière des questions de responsabilité carcérale.

Le dossier avait été présenté comme hors norme, attirant l’intérêt des médias et de l’opinion. La découverte des deux appareils dans la cellule du détenu a été signalée comme élément central de l’enquête récente, reléguant au second plan les montants initiaux évoqués. Parmi les voix qui réagissent, l’ancienne parlementaire Mame Diarra Fam s’est exprimée sur les réseaux sociaux avec une tonalité moqueuse, rappelant que la présence de téléphones en détention n’est pas une nouveauté dans les établissements pénitentiaires sénégalais. Elle a décrit la situation comme une longue habitude plutôt qu’un fait isolé destiné à ébranler les institutions.

La bascule du récit, depuis des dizaines de milliards vers deux téléphones, mérite un examen calme. Le glissement symbolise une tension entre attente publique de transparence financière et réalité opérationnelle des prisons. Lorsque l’accusation initiale met en scène des montants astronomiques, l’opinion s’attend à une chaîne de responsabilités claire et à des preuves proportionnelles. La mise au centre de deux appareils réduit la perception d’ampleur et invite à s’interroger sur la qualité de l’instruction et sur la communication autour du dossier. L’ironie de Mame Diarra Fam traduit une exaspération partagée par une partie de la population qui voit dans cette affaire un décalage entre discours et pratique.

La critique essentielle qui ressort est double. D’un côté, il y a le sentiment que l’affaire a été surexposée dès le départ, créant une inflation d’attente qui rend la chute d’autant plus spectaculaire. De l’autre, la question de la surveillance derrière les barreaux se pose : si des téléphones circulent, qui en tolère l’entrée et quel contrôle exerce la hiérarchie pénitentiaire ? Les Échos formule la question de la responsabilité collective en rappelant que, dans une situation démocratique digne de ce nom, la responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur le détenu lorsque la chaîne de surveillance montre des failles.

En approfondissant la réflexion, il apparaît que la gestion des établissements et la formation du personnel jouent un rôle central. La présence d’objets interdits dans une cellule n’est pas forcément le produit d’une faute isolée du détenu ; elle peut résulter d’un système où la surveillance est insuffisante, où les procédures ne sont pas appliquées, ou encore où des complicités existent. La réaction publique, teintée d’ironie, révèle aussi une fatigue face à des scandales annoncés puis réduits, ce qui fragilise la confiance dans les institutions chargées de rendre des comptes. La parole d’une figure politique qui minimise le caractère exceptionnel de la découverte sert à rappeler que le contexte carcéral a ses dynamiques propres, souvent peu visibles hors des murs.

Sans ajouter de faits nouveaux, l’examen des éléments déjà connus invite à garder la perspective : la mention des 91 et 31 milliards reste dans le récit originel et pèse sur l’évaluation globale de l’affaire. Le contraste entre ces montants et la matérialité des deux téléphones illustre bien la dérive possible entre accusation initiale et éléments d’enquête ultérieurs. Cette tension impose de suivre la suite de la procédure avec exigence et de questionner, au-delà de la personne mise en cause, l’organisation qui devait assurer la sécurité et la prévention des infractions en milieu carcéral.

L’affaire Farba Ngom, telle qu’elle se présente aujourd’hui, interroge autant la manière dont les dossiers sont montés médiatiquement que la capacité des services pénitentiaires à contrôler l’environnement carcéral. L’ironie exprimée par Mame Diarra Fam sait frapper là où le public est sensible : face à une promesse d’ampleur, l’issue peut paraître dérisoire si la responsabilité collective n’est pas examinée. Reste la nécessité de laisser la procédure suivre son cours tout en exigeant que, si des manquements existent, ils soient traités à tous les niveaux concernés.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Oumar Ba.
Mis en ligne : 28/01/202
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