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Je suis en colère et je refuse la complaisance qui entoure l’annonce d’un simple « appel à témoins » après le meurtre de Viviane Yolande Compaoré. Ce langage officiel sonne creux quand les femmes continuent de mourir chez elles, dans la rue, sous la protection défaillante de l’État. Ma position est sans ambiguïté : l’appel public ne remplace pas des politiques publiques ambitieuses, ni un soutien concret aux victimes.
Le corps de Madame Compaoré a été découvert à son domicile, et les services judiciaires ont ouvert une enquête. Les autorités demandent aujourd’hui des informations au public pour identifier les auteurs. Tout citoyen peut comprendre la nécessité d’éléments nouveaux pour une investigation, mais ce geste intervient après le drame et non avant. La scène évoque une faille qui ne se limite pas à un quartier ; elle révèle des lacunes structurelles dans la prévention et dans la prise en charge des victimes.
Je refuse l’angélisme qui consiste à croire qu’une affiche ou un message officiel suffira à protéger les femmes. L’appel à témoins est utile pour résoudre un crime, mais il est impuissant face à l’absence de centres d’accueil, face au manque de formation des forces de l’ordre, et face à l’insuffisance des moyens judiciaires pour agir en amont. Quand une victime signale une menace et qu’aucune mesure de protection n’est mise en place, l’État livre la personne à son sort. C’est une responsabilité politique, pas seulement policière.
Les chiffres de la violence faite aux femmes montrent une tendance persistante, et pourtant les budgets dédiés restent dérisoires par rapport à l’urgence humaine. Je vois des promesses sans moyens et des protocoles sans formation effective des intervenants. Comparer un appel à témoins à un pansement posé sur une fracture serait insultant pour les victimes ; comparer ce geste à une alarme qui sonne après l’incendie n’aidera personne à respirer. La prévention demande des dispositifs visibles : des refuges financés, des lignes d’aide opérationnelles, des procédures rapides pour placer les personnes en danger à l’abri, et des campagnes publiques qui transforment les mentalités.
Ce crime confirme que les politiques actuelles contre les violences faites aux femmes sont insuffisantes. Je refuse la rhétorique sécuritaire qui confond répression et prévention. Il faut des actions à long terme : formation des magistrats, renforcement des compétences de la police judiciaire en matière de violences conjugales, et mise en place d’un suivi psychologique et social durable pour les victimes. La parole publique ne doit pas servir à masquer une absence de volonté politique ; l’appel à témoins ne doit pas être utilisé comme substitut à des mesures préventives.
Des exemples concrets existent dans des pays qui ont investi dans des structures spécialisées et dans la formation des intervenants, avec une baisse mesurable des homicides liés au genre. Des études montrent que l’accès rapide à un refuge réduit le risque de récidive. Au niveau local, la création de cellules mixtes police-protection sociale a permis d’intervenir plus vite et de sécuriser des victimes menacées. Ces solutions exigent des ressources et une volonté politique qui font défaut aujourd’hui.
Je ne réclame pas seulement des mots ; je demande des actes et des budgets proportionnés à la gravité du problème. Tant que l’État continuera à brandir des appels à témoins comme preuve d’action, des femmes continueront de payer le prix fort. Je ne me contente pas d’espérer une enquête efficace : j’exige une politique qui protège avant qu’il ne soit trop tard, qui écoute les alertes et qui offre des refuges, des soins et une justice rapide. Sans cela, chaque « appel » restera un cache-misère et chaque victime restera seule.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 28/01/2026
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