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Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu à Rabat pour co-présider la 15e session de la commission mixte sénégalo-marocaine avec le chef du gouvernement marocain. Sa visite a pris place après la finale de la Coupe d’Afrique des nations, événement qui a suscité des émotions vives et des débordements. Plutôt que de réduire sa présence à une visite d’apaisement, Sonko a inscrit son déplacement dans une démarche politique plus vaste visant à confirmer et à consolider des liens historiques entre les deux pays.
La rencontre intervient dans un climat marqué par des images et des épisodes douloureux pour des citoyens des deux rives. Les tensions n’ont pas effacé des décennies d’échanges humains, culturels et économiques, mais elles ont interrogé la robustesse du lien diplomatique. Le Premier ministre a pris la parole dès l’ouverture des travaux pour replacer cette visite dans un cadre politique et historique, insistant sur la dimension durable des relations entre le Sénégal et le Maroc, au-delà des émotions passagères liées à un événement sportif.
Sonko a cherché à neutraliser la tentation de réduire l’incident à une rupture définitive entre les deux peuples. Il a présenté la situation comme une mise à l’épreuve plutôt que comme une fracture irrémédiable, en distinguant les excès émotionnels des ruptures politiques profondes. L’analyse qu’il propose repose sur une lecture de long terme: les relations sont ancrées dans des circulations humaines, des solidarités spirituelles et des échanges économiques qui dépassent la temporalité d’un match. En adoptant ce point de vue, il met l’accent sur la résilience des relations bilatérales et sur la capacité des deux Etats à requalifier des débordements sans remettre en question la nature du lien.
Le discours développe plusieurs arguments pour soutenir cette vision. Le premier argument insiste sur l’ancienneté des rapports entre les peuples, en évoquant la mobilité des étudiants, des entrepreneurs et des acteurs religieux comme facteurs d’un socle commun. Le second argument porte sur la confiance politique construite au fil du temps, qui traverse alternances et conjonctures. Le troisième argument considère le sport comme révélateur d’intensités passionnelles, mais pas comme un révélateur souverain de la qualité des relations diplomatiques. Ces éléments assemblés visent à montrer que les émotions collectives peuvent produire des excès sans pour autant redéfinir la relation entre États.
Dans le développement de son propos, Sonko a précisé que sa visite n’était pas destinée uniquement à calmer les esprits, mais à affirmer une volonté de dépassement et de refondation du lien. Il a donné au geste diplomatique une portée constructive: faire en sorte que l’émotion ne devienne pas l’arbitre des relations et que les deux pays puissent transformer une conjoncture délicate en opportunité de renforcement. Le ton mêle lucidité et sollicitude, reconnaissant la douleur liée à certains incidents tout en invitant à la responsabilité politique et civique. L’appel est moins formel que ferme: il s’agit de remettre en perspective, de reconnaître les fautes quand elles existent et de rappeler la priorité de l’histoire partagée.
Le chef du gouvernement a puisé dans la mémoire commune pour légitimer son propos. Il a rappelé la multiplicité des échanges, l’existence d’un capital de confiance institutionnelle et l’intensité des liens sociaux qui tissent les deux sociétés. Cette approche vise à réduire l’horizon de lecture à quelque chose de plus large que l’actualité immédiate, en montrant que les événements sportifs, même lorsqu’ils sont violents, ne suffisent pas à redessiner les frontières d’une amitié interétatique. Le discours fait ainsi effort pour replacer chaque incident dans un récit historique et relationnel plus vaste, offrant des points d’ancrage pour la reprise du dialogue.
La visite d’Ousmane Sonko à Rabat se présente comme une affirmation politique: il ne s’agit pas d’une simple opération de gestion de crise, mais d’un acte de confirmation des liens entre le Sénégal et le Maroc. En replaçant les récents débordements dans le registre des excès émotionnels et non des ruptures politiques, il ouvre une voie de reconstruction fondée sur la continuité historique et la confiance mutuelle. L’enjeu posé est clair: transformer une épreuve en occasion de densifier la coopération, tout en rappelant que les peuples liés par l’histoire peuvent traverser des moments d’angoisse sans perdre leur capacité à se reconnaître et à projeter un avenir commun.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Assane Fall.
Mis en ligne : 29/01/2026
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