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La reprise apparente de l’activité dans les rues de Khartoum après le retour du gouvernement suscite un soulagement visible mais fragile parmi les habitants. Des universités ont rouvert et des commerces ont rouvert leurs portes, tandis que des passants réinvestissent des quartiers longtemps désertés. Malgré ces signes, la réouverture n’efface pas les séquelles matérielles et humaines laissées par deux années de combats intenses entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide.
La capitale soudanaise regroupe Khartoum, Omdurman et Khartoum Nord, trois villes qui ont été le théâtre d’affrontements répétés et d’assiéges pendant près de deux ans. Les combats ont provoqué des déplacements massifs de population, avec des millions de personnes contraintes de fuir vers l’intérieur du pays ou vers les pays voisins. Le bilan humain dans la seule agglomération de Khartoum est estimé à des dizaines de milliers de morts, selon des rapports circonstanciels, tandis que de nombreuses familles ont enterré des proches dans des fosses improvisées faute d’accès aux services funéraires habituels. Les infrastructures de santé, d’éducation, d’eau et d’électricité ont subi des dommages importants.
La réouverture des rues et des universités constitue une étape visible de normalisation, mais elle laisse entière la question de la sécurité durable. Les bulletins officiels annoncent la remise en marche des services publics et des plans de soutien aux habitants, sans pour autant fournir de garanties robustes sur la protection des civils. Les observations sur le terrain montrent que des quartiers restent minés par les destructions de bâtiments et par la présence possible d’engins non explosés, tandis que le réseau électrique et le système d’eau sont encore partiels dans plusieurs secteurs. Le retour d’étudiants dans les amphithéâtres ne signifie pas que les familles disposent des moyens de subsistance nécessaires ni que les établissements aient les ressources pour assurer un enseignement sûr et continu.
Les risques d’une reprise des combats persistent en raison de l’absence de mécanismes clairs de contrôle des armes et de garanties de démobilisation. Des témoins rapportent la présence de forces irrégulières dans certains quartiers, et les lignes de commandement sont restées fluctuantes au cours des mois précédents. L’état des hôpitaux, fragilisé par les pénuries de personnel et de médicaments, réduit la capacité de prise en charge en cas de nouvelles violences. La reconstruction des écoles et des universités demandera des financements et des délais importants avant de restaurer un cadre éducatif normal. Par ailleurs, la grande majorité des déplacés internes n’a pas reçu d’évaluation formelle de sécurité pour permettre un retour sécurisé vers leurs domiciles endommagés.
La simple réouverture des espaces publics offre une impression de retour à la vie mais ne constitue pas une assurance contre la résurgence des hostilités, selon les éléments factuels recensés. La vulnérabilité demeure pour les ménages qui reviennent dans des logements détruits, pour les étudiants dont les cursus ont été interrompus et pour les patients dépendants de structures sanitaires précaires. Les habitants eux-mêmes l’expriment avec prudence : « Depuis que le Premier ministre est revenu à Khartoum, la ville s’anime enfin », dit un résident, tandis qu’une autre voix indique que « la vie reprend peu à peu son cours », des formulations qui traduisent une attente mêlée d’incertitude.
Les dommages aux infrastructures essentielles incluent des hôpitaux partiellement hors service et des systèmes d’approvisionnement en eau perturbés, rendant la menace sanitaire réelle pour les populations revenues. Des études comparatives sur d’autres villes post-conflit montrent que la réouverture économique peut précéder une stabilisation politique durable de plusieurs mois à plusieurs années, lorsque les conditions de sécurité et la protection des civils ne sont pas immédiatement rétablies. Le déminage, la vérification des forces présentes et la restauration des services sociaux exigent des capacités techniques et des financements internationaux que l’État n’a pas encore entièrement mobilisés.
Les signes de reprise à Khartoum apportent un répit palpable, mais les faits disponibles indiquent que la sécurité reste précaire et que la population demeure exposée à des risques sérieux. Les infrastructures essentielles montrent des dommages persistants, les capacités médicales sont affaiblies et les garanties de non-reprise des combats font défaut, autant d’éléments qui empêchent de considérer la situation comme définitivement stabilisée. La route vers une sécurité durable demeure longue et conditionnée par des mesures concrètes et vérifiables visant à protéger les civils et à reconstruire les services publics.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Francis Y.
Mis en ligne : 29/12/2025
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