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Pour la première fois depuis le début de la guerre en octobre 2023, l’armée israélienne a implicitement reconnu le bilan de 71 500 morts palestiniens à Gaza, un chiffre jusqu’alors fourni par le ministère de la Santé de Gaza sous l’autorité du Hamas. Cette confirmation, bien que prudente et indirecte, marque un tournant dans la perception internationale du conflit. Pendant plus de deux ans, ces données ont été contestées, minimisées, voire discréditées par Israël et certains médias, qualifiées de « chiffres du Hamas ». Pourtant, elles sont aujourd’hui validées par un large consensus d’organisations internationales, de chercheurs et d’experts indépendants.
Cette reconnaissance, aussi tardive soit-elle, met en lumière l’ampleur dramatique d’une tragédie humaine sans précédent, et soulève des questions urgentes sur la responsabilité internationale face à un tel désastre.
Dès les premiers mois du conflit, le ministère de la Santé de Gaza a publié des bilans quotidiens des victimes, systématiquement remis en cause par Israël. Pourtant, des institutions comme l’ONU, l’OMS, Amnesty International, ou encore l’Institut Max Planck pour la démographie, ont confirmé la fiabilité de ces chiffres, voire estimé que le nombre réel de morts pourrait être bien plus élevé, en raison des disparus sous les décombres et des décès indirects liés à la famine et au manque de soins. Selon une étude publiée dans The Lancet, le bilan humain pourrait être sous-estimé de 40 %, portant le nombre de victimes à plus de 100 000 depuis octobre 2023. Malgré cela, la communauté internationale a longtemps hésité à prendre position, laissant Israël imposer son récit sans preuve contraire.
La reconnaissance, même partielle, de ces chiffres par l’armée israélienne est un aveu implicite de l’échec de sa stratégie de communication. Pendant des mois, des responsables politiques et médiatiques ont relayé la thèse d’une surévaluation des pertes civiles, sans jamais apporter de données alternatives crédibles. Pourtant, les faits sont accablants : selon les Nations unies, 70 % des victimes sont des femmes et des enfants, et plus de 85 % de la population de Gaza a été déplacée de force. Le taux de mortalité civile à Gaza est l’un des plus élevés jamais enregistrés dans un conflit moderne, dépassant largement ceux observés en Syrie, en Ukraine ou au Yémen. En décembre 2023, des rapporteurs spéciaux de l’ONU alertaient déjà sur le risque de génocide, une qualification aujourd’hui reprise par plusieurs commissions d’enquête indépendantes.
Plusieurs éléments renforcent la gravité de cette situation :
Le nombre de civils tués à Gaza (plus de 70 000) est sans commune mesure avec les pertes israéliennes (environ 1 200 morts, civils et militaires confondus). Même en tenant compte de l’attaque du 7 octobre 2023, la riposte israélienne a été d’une violence disproportionnée, avec une moyenne de 250 morts par jour à certains moments, un chiffre inégalé dans les conflits récents.
Hôpitaux, écoles, mosquées et camps de réfugiés ont été ciblés, rendant toute vie normale impossible. L’espérance de vie à Gaza a chuté de plus de 30 ans en deux ans, un effondrement sans équivalent dans l’histoire récente. Malgré les résolutions de l’ONU et les appels des ONG, Israël a maintenu un blocus asphyxiant, utilisant la famine comme arme de guerre, selon plusieurs rapports.
Malgré les preuves accumulées, aucune enquête internationale indépendante n’a encore abouti à des sanctions concrètes. La Cour internationale de Justice a ordonné à Israël de cesser ses entraves à l’aide humanitaire, sans effet.
Le conflit en Syrie, souvent cité pour son bilan humain catastrophique, a causé en moyenne 96,5 morts par jour à son pic. À Gaza, ce chiffre a dépassé 300 morts par jour à plusieurs reprises. Pourtant, la réaction internationale reste timide. Alors que la Russie a été rapidement sanctionnée pour son invasion de l’Ukraine, Israël bénéficie d’un traitement de faveur, protégé par le veto américain au Conseil de sécurité de l’ONU.
La reconnaissance par Israël du bilan de 71 500 morts ne doit pas être un simple constat, mais un électrochoc. Ce chiffre représente bien plus qu’une statistique : il symbolise l’échec collectif à protéger les civils et à faire respecter le droit international. Face à une telle tragédie, la communauté internationale ne peut plus se contenter de déclarations. Il est temps d’exiger un cessez-le-feu immédiat, le retrait des forces israéliennes, et la mise en place d’une commission d’enquête indépendante dotée de pouvoirs contraignants. Sans cela, Gaza restera le symbole d’une impunité qui mine les fondements mêmes de la justice internationale.
La question n’est plus de savoir si ces crimes ont été commis, mais quand la communauté internationale trouvera enfin le courage d’y mettre un terme.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Pape Faye.
Mis en ligne : 03/02/2026
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