Montage raciste et fraude électorale : Trump franchit la ligne rouge - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 08/02/2026 01:02:10

Montage raciste et fraude électorale : Trump franchit la ligne rouge

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Le jeudi soir, le président Donald Trump a publié sur sa plateforme un montage vidéo d’environ une minute ciblant l’élection présidentielle de 2020, et affirmant l’existence de fraudes lors du scrutin. Dans la séquence, on voit pendant deux secondes Barack Obama et Michelle Obama avec leurs visages superposés à des corps de primates, sur un fond de jungle; la publication a reçu des milliers de mentions « J’aime » tôt le vendredi matin. La représentation met en scène des images générées et vise à ridiculiser des personnalités publiques de premier plan aux États-Unis.

Après ces faits, la publication a déclenché une réaction politique immédiate: le bureau du gouverneur Gavin Newsom a qualifié l’image d’ignoble et a demandé une condamnation par les républicains, et des proches d’Obama ont protesté publiquement. Le recours à des visuels fabriqués n’est pas inédit chez le président pendant son second mandat, qui a déjà diffusé des vidéos générées par intelligence artificielle visant des dirigeants politiques, y compris une mise en scène d’arrestation et d’incarcération de Barack Obama et une caricature montante de Hakeem Jeffries.

La diffusion survient alors que la communication politique aux États-Unis utilise de plus en plus des images hyperréalistes et fabriquées pour promouvoir des récits contestés, et que les plateformes propriétaires deviennent des vecteurs de messages non filtrés.

Le montage incriminé illustre une dégradation morale dans l’espace public en combinant insultes visuelles et ciblage d’élites politiques. La superposition du visage d’un ancien président noir et de son épouse sur des corps de primates promeut un imaginaire historiquement chargé et politiquement explosif; cette association rappelle des stéréotypes raciaux exploités depuis des siècles pour déshumaniser des personnes noires. Le document n’est pas une simple provocation visuelle: il s’inscrit dans une stratégie de communication répétée, où des images fabriquées servent à décrédibiliser des adversaires et à mobiliser une base sans vérification indépendante.

Les réactions officielles fournissent des éléments factuels supplémentaires: le bureau d’un gouverneur d’État et d’anciens conseillers à la sécurité nationale ont dénoncé la publication, ce qui atteste de l’ampleur de la controverse et de ses implications institutionnelles. À cela s’ajoutent les précédents cités, où des vidéos générées par IA ont montré des scènes humiliante pour des responsables noirs, renforçant un motif récurrent plutôt qu’un incident isolé.

Premièrement, l’usage de telles images par une personne qui occupe la charge présidentielle pose une question de responsabilité institutionnelle. Le président dispose de canaux de communication directs et d’une audience massive; diffuser des contenus insultants depuis ce niveau d’autorité normalise l’attaque visuelle et abaisse le seuil des normes publiques. Deuxièmement, la répétition de montages ciblant des personnalités noires transforme une provocation en pattern: la répétition multiplie le risque de radicalisation et d’incitation, car des sympathisants peuvent interpréter ces messages comme des autorisations tacites. Troisièmement, le traitement des faits dans la vidéo principale — allégations de fraude électorale — est amplifié par des éléments grotesques, ce qui rend la confusion entre preuve et spectacle plus probable.

Ce montage manifeste une dégradation morale inacceptable car il instrumentalise l’image et l’histoire pour humilier. Mettre en scène des figures publiques en singes exploite une longue histoire de stigmatisation raciale et transforme l’espace public en ring de la diffamation visuelle. Le manque de condamnation rapide et unanime de la part des alliés politiques du président signale un désengagement de la responsabilité: quand les soutiens tolèrent ou célèbrent ce type de contenu, la frontière entre critique légitime et déshumanisation s’efface. La comparaison avec des campagnes politiques précédentes montre un déplacement: autrefois des attaques portaient sur des positions ou des actes, maintenant elles s’attaquent à l’apparence et à l’humanité affichée des adversaires. Comparer cette stratégie à une opération de désinformation révèle une logique commune: détourner l’attention des arguments par le choc visuel.

Des études sur la désinformation visuelle indiquent que les images manipulées sont plus virales que les textes et qu’elles influencent durablement la perception publique. Les travaux en psychologie sociale montrent que la déshumanisation visuelle augmente la tolérance à la violence symbolique et physique contre les groupes visés. Sur le plan juridique, la liberté d’expression protège un large spectre de contenus, mais les plateformes et les responsables publics conservent des obligations déontologiques et politiques; le rôle d’un chef d’État impose une vigilance particulière sur la qualité du débat démocratique.

Les faits décrits dressent le portrait d’une escalade: un président qui partage des montages insultants, des alliés hésitants à réprouver, et une population exposée à des images conçues pour choquer et circonscrire la vérité. La diffusion de visuels qui caricaturent des figures noires en primates n’est pas un simple excès de langage mais un acte qui porte atteinte à la dignité publique et qui fragilise les normes démocratiques. Les éléments factuels réunis ici invitent à considérer la responsabilité politique et médiatique comme une variable centrale pour protéger l’espace civique contre la banalisation de l’insulte et de la désinformation.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Théodore R.
Mis en ligne : 08/02/2026

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