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Le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a annoncé, le vendredi 6 février 2026, la fermeture « immédiate » de tous ses restaurants universitaires à Dakar et dans les structures qu’il gère, invoquant des actes de sabotage qualifiés de « Journées Sans Tickets » commis par un groupe d’étudiants. La direction, dirigée par le Dr Ndéné Mbodji, a imputé à ces actions des dégradations d’équipements et des pertes financières, précisant que la suspension restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
Cette décision frappe sans distinction l’ensemble de la population étudiante logée ou non en résidence universitaire, et elle pose la question de l’impact sur les ménages étudiants déjà fragiles.
La mesure intervient alors que le COUD présentait la restauration comme un chantier prioritaire d’investissements pour améliorer la qualité des repas, investissements que la direction affirme voir compromis par les incidents récents.
La fermeture immédiate des restaurants par le COUD touche directement des publics identifiables: les étudiants boursiers, les internes dépendant des repas subventionnés et les jeunes travailleurs qui comptent sur la restauration universitaire pour un repas économique. L’argument officiel met en avant des « dégradations sur les équipements » et un « impact financier lourd », mais la sanction prend la forme d’une mesure collective privant l’ensemble des bénéficiaires de services essentiels. Le choix d’une suspension totale indique une réponse administrative massive plutôt qu’une gestion ciblée des auteurs présumés.
La ligne de « tolérance zéro » annoncée par la direction et soutenue par le ministère renforce le caractère répressif de la décision. Le recours à la suspension intégrale évince des solutions intermédiaires qui existent dans des contextes comparables: filtrage d’accès, enquêtes disciplinaires ciblées, réparation des matériels par expertise technique. Comparé à des procédures graduées utilisées dans d’autres établissements, la fermeture générale apparaît comme un raccourci administratif.
Les conséquences pratiques sont mesurables sur le court terme: augmentation des dépenses alimentaires pour les familles, pression sur les cantines privées proches des campus et risque d’absentéisme lié à la précarité alimentaire. Pour les étudiants internés, la suppression subite des repas oblige à des alternatives logistiques coûteuses et parfois impossibles à mettre en place. La décision expose aussi l’institution à des contestations juridiques si l’on considère la portée collective d’une sanction sans procédure disciplinaire annoncée.
Le communiqué du COUD cite « des actes de sabotage répétés » et la volonté d’appliquer « une ligne de tolérance zéro ». Le vocable révèle une posture de fermeté qui privilégie la répression visible plutôt que la réparation ciblée. Un deuxième élément factuel mérite attention: l’appel public du directeur à la responsabilité estudiantine ne semble pas accompagné d’un calendrier de réouverture ni d’un plan chiffré de réparation des préjudices matériels ou financiers mentionnés.
La suspension générale fonctionne comme une sanction collective qui affecte d’abord les plus vulnérables; elle masque une carence dans les mécanismes de dialogue et dans les procédures disciplinaires. Les faits rapportés par l’institution (dégradations, pertes financières) justifient une réponse; la forme choisie laisse croire à une incapacité à isoler les coupables et à protéger les bénéficiaires du service. Le choix de communiquer la fermeture au public sans annonce simultanée d’enquêtes précises ou de mesures d’accompagnement accentue le sentiment d’arbitraire. Comparée à des pratiques de gestion de conflit en milieu universitaire, la mesure manque de proportionnalité et de transparence.
Des exemples internationaux montrent que la gestion des incidents sur des services partagés privilégie la gradation des sanctions et l’indemnisation des dégâts avant la mise hors service totale. Les enseignements disponibles soulignent l’efficacité des commissions mixtes administrations-étudiants pour rétablir le service sans pénaliser l’ensemble des usagers.
La fermeture immédiate des restaurants universitaires par le COUD est présentée par la direction comme une réponse nécessaire à des sabotages répétés, mais elle opère en pratique comme une sanction collective qui pèse sur les étudiants les plus fragiles et sur la continuité des études. L’absence d’information claire sur les enquêtes, sur les modalités de réparation et sur le calendrier de réouverture donne l’impression d’une incapacité administrative à gérer le conflit autrement que par une coupure générale. La situation réclame des réponses factuelles: isolation des responsables, réparation des équipements et rétablissement rapide d’un service vital pour des milliers d’étudiants.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Babacar Kane.
Mis en ligne : 08/02/2026
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