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Lundi 10 février 2026, la petite ville de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, a été le théâtre d’une tragédie qui a bouleversé tout le Canada : une fusillade dans un collège-lycée, perpétrée par une femme, a coûté la vie à neuf personnes et blessé 27 autres. Cet événement, aussi rare que choquant, rappelle douloureusement que même les communautés les plus isolées et réputées paisibles ne sont pas à l’abri de la violence armée.
Si la réactivité des autorités et des habitants a permis de limiter l’ampleur du drame, il est urgent de reconnaître que les mesures actuelles de prévention et de sécurité dans les établissements scolaires sont insuffisantes. La vulnérabilité de nos écoles et l’absence de solutions structurelles pour prévenir de tels actes doivent nous alarmer.
Les tueries de masse restent heureusement rares au Canada, mais leur fréquence semble s’accélérer. En moins d’un an, la Colombie-Britannique a connu deux tragédies majeures : après l’attaque au camion à Vancouver en avril 2025, qui avait fait onze morts, voici qu’une fusillade frappe une école secondaire. Ce qui frappe particulièrement, c’est le profil de l’auteure des tirs : une femme, alors que la grande majorité des violences de masse en Amérique du Nord sont commises par des hommes. Selon les statistiques, les femmes sont bien plus souvent victimes que perpetratrices de violences graves, et les cas de femmes auteurs de tueries de masse sont exceptionnels, ce qui rend cet événement d’autant plus déroutant et inquiétant. Cette singularité interroge sur les mécanismes psychologiques, sociaux et culturels qui peuvent pousser une personne, quel que soit son genre, à commettre un acte aussi destructeur.
Malgré les déclarations de solidarité et les hommages rendus aux victimes, force est de constater que les réactions des autorités restent principalement réactives. Le Premier ministre Mark Carney a exprimé son émotion, saluant le courage des premiers intervenants, mais où sont les annonces concrètes pour renforcer la prévention et la sécurité dans les écoles ? Les plans de prévention existants, comme ceux mis en place au Québec ou en France, montrent que des efforts sont faits, mais ils restent fragmentaires et souvent insuffisants. Les exercices de confinement, les semaines de sensibilisation et les mesures de sécurité physique sont nécessaires, mais ils ne s’attaquent pas aux causes profondes du problème : la facilité d’accès aux armes, le manque de soutien psychologique précoce, et l’absence de détection systématique des signes de radicalisation ou de détresse mentale.
Premièrement, la comparaison avec les États-Unis est édifiante. En 2025, ce pays a enregistré 233 fusillades scolaires, un chiffre effarant qui doit nous servir d’avertissement. Même si le Canada n’est pas (encore) confronté à une telle épidémie de violence, la tendance à la hausse des incidents doit nous pousser à agir avant qu’il ne soit trop tard. Deuxièmement, les conséquences psychologiques pour les survivants et les communautés sont immenses et durables. Les études montrent que les traumatismes liés à de tels événements peuvent affecter des générations entières, avec des répercussions sur la santé mentale, la cohésion sociale et la confiance dans les institutions. Enfin, la prévention de la violence fondée sur le genre, souvent axée sur la protection des femmes en tant que victimes, doit aussi intégrer une réflexion sur les rares cas où elles deviennent autrices de violences extrêmes, afin de mieux comprendre et prévenir ces situations.
Il est temps de passer des paroles aux actes. Le Canada doit s’inspirer des meilleures pratiques internationales, renforcer les contrôles sur les armes à feu, investir massivement dans la santé mentale et la détection précoce des comportements à risque, et surtout, cesser de considérer ces tragédies comme des exceptions inévitables. La sécurité de nos enfants et de nos communautés ne peut plus dépendre de la chance ou de la réactivité des forces de l’ordre. Elle doit reposer sur une stratégie nationale ambitieuse, coordonnée et dotée des moyens nécessaires.
La fusillade de Tumbler Ridge est un signal d’alarme. Elle nous rappelle que la violence armée ne connaît pas de frontières géographiques ni de profils types. Face à cette réalité, l’inaction ou les demi-mesures ne sont plus acceptables. Il est de notre responsabilité collective de faire en sorte que nos écoles redeviennent des lieux de savoir et de paix, et non des cibles potentielles. Le temps des condoléances est aussi celui de l’engagement : sans une volonté politique forte et des ressources adéquates, d’autres vies seront brisées, et d’autres communautés déchirées.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 13/02/2026
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