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L’affaire opposant Awa Baldé à l’homme d’affaires Aziz Ndiaye, autour d’un terrain situé à Ngaparou, vient de franchir une nouvelle étape judiciaire. Après des mois de silence et de tentatives de règlement à l’amiable, la jeune femme a choisi de porter le différend devant le tribunal correctionnel de Dakar, réclamant non seulement le solde impayé d’une transaction immobilière, mais aussi 475 millions de FCFA pour préjudices financiers et moraux subis. Si, à première vue, ce litige peut sembler banal dans un pays où les conflits fonciers sont légion, il révèle en réalité une problématique bien plus profonde : celle de l’impunité dont bénéficient certains acteurs économiques, au détriment des droits et de la dignité des citoyens ordinaires.
Le dossier est simple dans ses contours : en 2025, Awa Baldé vend un terrain appartenant à son ex-époux à Aziz Ndiaye pour un montant convenu de 50 millions de FCFA. Selon ses déclarations, seuls 20 millions auraient été versés, laissant un solde de 30 millions impayé. Malgré ses relances et ses tentatives de dialogue, aucune solution n’a été trouvée. Pire, le parquet financier a classé l’affaire sans suite, poussant Awa Baldé à engager une citation directe devant le tribunal, une procédure rare qui en dit long sur l’échec des voies classiques de recours.
Ce qui frappe, c’est la disproportion entre le montant initial de la transaction et la somme réclamée aujourd’hui. 475 millions de FCFA, soit près de dix fois le prix du terrain, ne reflètent pas seulement un différend commercial. Ils traduisent l’ampleur des préjudices moraux et financiers endurés par Awa Baldé, dont la réputation et la stabilité ont été ébranlées par ce contentieux. Dans une interview, elle a confié que cette affaire avait profondément affecté sa vie, la laissant seule face à des accusations infondées et à une image ternie. Comment ne pas voir, dans cette escalade, le signe d’un système où les puissants peuvent bafouer les engagements pris sans craindre de conséquences ?
Le cas d’Awa Baldé n’est malheureusement pas isolé. Au Sénégal, les litiges fonciers représentent près de 90 % des conflits enregistrés, et moins d’un dossier sur quatre aboutit à une résolution satisfaisante dans le système judiciaire formel. La complexité des procédures, la lenteur de la justice, et surtout l’influence des acteurs économiques sur les décisions judiciaires, créent un terreau favorable à l’injustice. Aziz Ndiaye, promoteur immobilier réputé et figure controversée, n’en est pas à sa première affaire. En 2023, il était déjà impliqué dans un scandale de détournement d’engrais estimé à 3,9 milliards de FCFA, sans que cela n’entraîne de sanctions significatives. Cette récurrence interroge : qui protège ces hommes d’affaires ? Pourquoi leurs victimes peinent-elles à obtenir gain de cause ?
La réponse réside peut-être dans la manière dont le foncier est géré au Sénégal. Entre corruption, pressions politiques et failles juridiques, les citoyens lambdas se retrouvent souvent désarmés face à des acteurs disposant de réseaux et de moyens bien supérieurs. Awa Baldé, influenceuse et femme d’affaires, a beau disposer d’une certaine visibilité médiatique, son combat illustre la difficulté à faire valoir ses droits dans un environnement où l’argent et les relations priment sur la justice.
Face à cette situation, plusieurs arguments plaident en faveur d’une condamnation exemplaire. D’abord, le principe même du respect des contrats : un engagement oral ou écrit doit être honoré, sous peine de saper la confiance dans les transactions économiques. Ensuite, la nécessité de protéger les plus vulnérables contre les abus des puissants. Enfin, l’enjeu de la crédibilité de la justice sénégalaise, dont l’image est déjà écornée par des affaires de corruption et de partialité.
Comparons cette affaire à d’autres litiges fonciers emblématiques, comme celui de Ndingler, où des communautés entières ont été spoliées au profit d’intérêts privés, avec la complicité présumée des autorités. Dans ces cas, comme dans celui d’Awa Baldé, c’est toujours le même scénario : des promesses non tenues, des recours judiciaires interminables, et une impunité qui perdure. La différence, ici, est qu’Awa Baldé a les moyens de se défendre et de médiatiser son combat. Mais que dire de ceux qui n’ont pas cette chance ?
Le procès du 26 février 2026 sera bien plus qu’un simple règlement de comptes. Il sera un test pour la justice sénégalaise : saura-t-elle sanctionner un homme d’affaires influent, ou confirmera-t-elle l’idée que certains sont au-dessus des lois ? Je ne peux que soutenir Awa Baldé dans sa démarche, car son combat dépasse le cadre personnel. Il s’agit de rappeler que nul n’est censé ignorer la loi, et que la dignité des citoyens ne saurait être monnayée.
En réclamant 475 millions de FCFA, Awa Baldé ne cherche pas seulement une compensation financière. Elle exige que soit reconnue la valeur de sa parole, de son honneur, et de son droit à la justice. Dans un pays où les conflits fonciers minent la cohésion sociale, son affaire pourrait, espérons-le, marquer un tournant. Puisse-t-elle obtenir réparation, et avec elle, tous ceux qui subissent, dans l’ombre, les mêmes injustices.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 15/02/2026
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