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La récente levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom, député-maire des Agnam, a suscité de vifs débats au Sénégal. Si cette décision s’inscrit dans le cadre d’une procédure légale visant à permettre à la justice de faire son travail, elle soulève également des interrogations sur l’équilibre entre droit et politique. En tant qu’observateur attentif de la vie publique, je me permets d’exprimer des réserves sur la manière dont cette affaire a été conduite, notamment au regard des irrégularités procédurales pointées par la défense et des divisions apparues même au sein de la majorité parlementaire.
Farba Ngom, membre influent de l’Alliance pour la République (Apr), est au cœur d’une enquête pour des faits présumés de blanchiment de capitaux et d’escroquerie. Son audition devant la commission ad hoc de l’Assemblée nationale, suivie de la levée de son immunité, a été présentée comme une étape nécessaire pour avancer dans l’enquête. Pourtant, plusieurs éléments invitent à s’interroger sur la régularité et la transparence du processus. La découverte de téléphones portables dans sa cellule, par exemple, a servi de justification à une nouvelle demande de levée d’immunité, alors que la loi prévoit que la responsabilité de l’introduction d’objets prohibés en prison incombe à l’administration pénitentiaire, et non au détenu.
La défense de Farba Ngom, ainsi que certains députés, ont mis en lumière des irrégularités dans la procédure. Parmi celles-ci, le fait que des actes de poursuite aient été engagés avant même que son immunité ne soit officiellement levée, ce qui soulève des questions sur le respect des droits de la défense et des garanties procédurales. Par ailleurs, l’abstention d’un député de Pastef lors du vote final est révélatrice : elle montre que même au sein de la majorité, certains élus estiment que les arguments de la défense méritaient une attention plus grande, notamment concernant les vices de procédure invoqués.
Il est légitime de s’interroger sur la rapidité avec laquelle l’Assemblée nationale a statué, d’autant plus que des comparaisons avec d’autres pays africains, comme l’Afrique du Sud ou le Gabon, montrent que les procédures de levée d’immunité y sont généralement encadrées par des garanties renforcées pour éviter tout abus. Au Sénégal, l’histoire récente montre que de telles procédures, lorsqu’elles concernent des figures politiques, peuvent être perçues comme expéditives ou influencées par des considérations extérieures à la stricte application de la loi.
Un autre point de préoccupation réside dans le fait que des auditions et des actes de procédure ont été menés avant la levée effective de l’immunité, ce qui pourrait constituer une entorse aux règles de droit. Ces éléments, combinés à la précipitation apparente du processus, risquent d’alimenter la perception d’une justice inégale, où les protections légales ne s’appliquent pas de la même manière à tous.
En République démocratique du Congo, des affaires similaires, comme celle de Matata Ponyo, ont également donné lieu à des débats sur la politisation de la justice. Ces exemples rappellent l’importance de garantir des procédures équitables et transparentes, afin de préserver la confiance dans les institutions judiciaires et parlementaires.
Si la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom peut se justifier par la nécessité de permettre à la justice de faire son travail, les irrégularités procédurales et les divisions politiques qu’elle a révélées appellent à une réflexion plus large sur l’équilibre entre rigueur judiciaire et respect des droits. Il est essentiel que le Sénégal montre l’exemple en matière de transparence et d’équité, afin de renforcer la crédibilité de ses institutions. Une justice indépendante et impartiale est la pierre angulaire de toute démocratie, et chaque procédure doit être menée avec la plus grande rigueur, surtout lorsqu’elle concerne des élus du peuple.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 15/02/2026
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