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Le samedi 14 février 2026, la ville de Titao, dans le nord du Burkina Faso, a été attaquée par des assaillants qui ont pillé le camp militaire, incendié le marché et détruit des installations de télécommunication; le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouedraogo a confirmé l’attaque le dimanche 15 février en soirée à la télévision nationale. Des habitants évoquent au moins une vingtaine de morts et des appels à l’aide sur les réseaux sociaux, tandis que les assaillants auraient pris la fuite vers le nord.
Je refuse d’avaler sans réserve la version servie sur les plateaux officiels selon laquelle « plusieurs dizaines » d’assaillants auraient été neutralisés et que la situation serait désormais contrôlée. J’éprouve une profonde méfiance face à ce récit qui sent la mise en scène: il protège une réalité plus crue, à savoir le pillage d’armes et l’aveu implicite d’une incapacité militaire criante. La langue choisie par le porte-parole ressemble moins à un constat qu’à un écran de fumée.
La région a déjà connu des raids similaires ces dernières années et les forces nationales peinent à empêcher la diffusion d’armements légers pris lors d’attaques contre des camps mal protégés.
Je pense que deux mécanismes se combinent ici: la dispersion d’un message rassurant pour l’opinion publique et la dissimulation d’un échec opérationnel. Quand un camp est pris d’assaut et que des munitions disparaissent, le premier réflexe des autorités est souvent de minimiser la gravité pour éviter la panique et préserver l’image des forces. Dire que des dizaines d’assaillants ont été neutralisés est pratique politique. Cela ressemble à un parapluie rhétorique qui couvre le pillage d’armes et la faiblesse des défenses.
Les signaux concordants sont trop nombreux pour être ignorés. Des témoins décrivent des groupes très nombreux, répartis en détachements, capables de frapper simultanément le camp, les lignes de communication et le marché. Cette tactique exige mobilité, renseignement local et accès aux armes. Si les forces avaient réellement infligé une « lourde défaite », on s’attendrait à voir des preuves plus palpables: images des saisies d’armes, bilan précis des pertes ennemies, prisonniers présentés pour vérification. Or on obtient une déclaration sommaire sur la télévision nationale, puis le silence sur les inventaires d’équipements disparus.
Je pose la question suivante: qui profite de ce flou? Les responsables militaires profitent d’un récit triomphant pour conserver le contrôle politique et éviter des enquêtes internes. Les trafiquants d’armes profitent du chaos pour alimenter des réseaux régionaux. Pour la population, c’est le double châtiment: elle subit la violence et elle est privée de vérité. La défense nationale ressemble parfois à un château de cartes où la communication sert à stabiliser l’édifice branlant plutôt qu’à réparer la faille structurelle.
Premièrement, la logique du mensonge d’État n’est pas nouvelle dans les conflits africains: annoncer des victoires fabuleuses sert à maintenir la cohésion et à masquer des pertes matérielles. Comparer cette communication à celle d’un régime en guerre psychologique ne relève pas de l’exagération mais d’un constat historique. Deuxièmement, l’ampleur du pillage d’armes explique la résurgence et la dispersion des groupes armés: quand un camp lâche ses stocks, l’équilibre local change comme après une inondation qui remodèle un paysage. Troisièmement, sans audits indépendants et sans transparence sur l’état des arsenaux, les déclarations officielles restent des slogans.
En approfondissant, j’ai trouvé des précédents où des bilans officiels ont été ensuite infirmés par des enquêtes locales ou par des ONG. Les armées qui communiquent sans preuves exposent leurs sociétés à une double fragilisation: la défiance citoyenne et l’enrichissement des réseaux illicites. Le risque est clair: chaque fois que la vérité est amputée, on facilite la propagation de violence. La confiance se délite comme une vieille corde, puis tout s’effondre.
Ce mode de communication me rappelle la manière dont certains gouvernements maquillent des défaites en victoires; c’est comparable à un capitaine qui annonce une mer calme pendant que l’eau envahit la cale. C’est aussi analogue à une entreprise qui publie des bénéfices gonflés pour masquer une fuite de capitaux.
Je maintiens ma position: les déclarations sur la neutralisation de dizaines d’assaillants sentent la propagande et servent à dissimuler le pillage d’armes et l’incapacité réelle des forces nationales. La population mérite la vérité et les familles des victimes méritent des comptes, pas des slogans. Tant que les autorités refuseront des enquêtes indépendantes et une transparence sur les pertes matérielles, les mots officiels resteront du vent et la menace continuera de grandir, plus dangereuse encore que les tirs du jour.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/2026
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