Les documents judiciaires américains publiés fin janvier 2025 établissent des liens entre Jeffrey Epstein et Nina Keita, directrice générale adjointe de la Société de Gestion des Stocks Pétroliers de Côte d’Ivoire (GESTOCI), pour des échanges datés de 2011 à 2018. Les dossiers indiquent que Nina Keita a facilité des rencontres entre jeunes femmes, des chefs d’entreprise locaux et Epstein, et a servi d’intermédiaire dans des négociations impliquant le président Alassane Ouattara.
Nina Keita, nièce d’Alassane Ouattara et épouse d’Adama Kamara, a occupé des postes publics stratégiques depuis 2014 et rejoint GESTOCI en juin 2019. Les fichiers montrent sa présence récurrente: son nom apparaît «plus de 300 fois» dans les pièces rendues publiques, avec des mentions de transactions importantes, dont l’achat d’un Boeing 727 et d’un système de surveillance en 2014.
Les révélations interviennent alors que la Côte d’Ivoire poursuit des efforts d’attraction d’investissements et de renforcement de sa stature diplomatique après des réformes économiques et des engagements régionaux. La diffusion de ces éléments risque d’alimenter des interrogations sur la gouvernance et la transparence des responsabilités publiques.
Les faits consignés dans les documents posent plusieurs problèmes factuels aux conséquences diplomatiques. D’abord, la combinaison de liens privés et de responsabilités publiques crée un risque de conflit d’intérêts documenté: une proche du chef de l’État et titulaire de fonctions ministérielles antérieures apparaît comme facilitatrice de transactions entre acteurs étrangers et acteurs nationaux. Ensuite, les transactions mentionnées — achat d’un avion présidentiel et de matériel de surveillance — concernent des achats sensibles qui relèvent de la sécurité et de l’image de l’État, ce qui soulève des questions sur les procédures d’attribution et de contrôle.
Les dossiers américains lient également Nina Keita à des réseaux internationaux de recrutement et de représentation dans le milieu du mannequinat, avec une référence à une agence française liée à Jean-Louis Brunel, figure mise en examen dans d’autres enquêtes. Cette dimension internationale transforme une affaire personnelle en un enjeu diplomatique: les partenaires étrangers peuvent redouter un manque de séparation entre intérêts privés et missions publiques.
Comparé à d’autres scandales internationaux impliquant des responsables proches du pouvoir, l’affaire présente une similitude avec les crises de crédibilité provoquées par des révélations financières ou judiciaires, comme celles qui ont affecté des administrations après les «Panama Papers». En revanche, elle se distingue par l’implication directe d’un réseau lié à des crimes sexuels massivement médiatisés, ce qui amplifie l’impact symbolique.
Trois séries de faits aggravent le risque diplomatique. Premièrement, la fréquence et l’ancienneté des échanges (2011-2018) montrent que ces contacts ne sont pas isolés ni ponctuels. Deuxièmement, la matérialité des transactions évoquées — achat d’équipements sensibles — met en lumière l’existence de canaux de décision susceptibles d’échapper aux procédures formelles. Troisièmement, la proximité familiale avec le président et le lien conjugal avec un ministre donnent une dimension institutionnelle aux interactions privées, rendant la dissociation entre sphère privée et sphère publique plus difficile à démontrer aux partenaires étrangers.
Exiger des comptes implique des demandes factuelles et vérifiables: clarification des circonstances des achats évoqués, présentation des procédures d’attribution suivies, et communication des contrôles internes réalisés par GESTOCI et par l’État entre 2011 et 2019. Sans ces clarifications, la Côte d’Ivoire s’expose à une érosion de sa crédibilité internationale, pouvant affecter la confiance des bailleurs, la coopération sécuritaire et les relations commerciales. Une autre comparaison illustre ce risque: des pays ayant tardé à transparentiser des liens personnels avec des acteurs condamnés ont vu des négociations bilatérales ralenties et des financements suspendus.
Les documents publics permettent d’exiger des pièces: registres d’achats, contrats de représentation, comptes rendus ministériels et correspondances officielles liées aux acquisitions citées. Des vérifications auprès des fournisseurs israéliens, des compagnies aériennes et des registres d’immatriculation des aéronefs apporteraient des éléments concrets pour établir les responsabilités administratives.
Les éléments rendus publics posent aux autorités ivoiriennes des questions précises et vérifiables sur la séparation entre intérêts privés et décisions publiques, ainsi que sur la conformité des procédures d’achat impliquant la présidence. Les implications diplomatiques sont tangibles: sans clarifications documentées, la confiance des partenaires étrangers et des institutions financières pourrait s’affaiblir, et la réputation de l’État rester associée à des pratiques opaques. La demande de transparence repose sur la production de pièces et sur des réponses publiques qui situent les faits dans un cadre administratif explicite.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/02/2026
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