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Un homme d’affaires de nationalité koweïtienne s’est présenté mardi au ministère de l’Éducation nationale après qu’une vidéo l’ayant montré en train de distribuer des billets de 5 000 FCFA dans un établissement scolaire de Pikine a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux. L’individu a été entendu au commissariat central de Guédiawaye; il a déclaré effectuer la zakat et avoir reçu l’autorisation des chefs d’établissements visités. Libre après plusieurs heures d’audition, il doit revenir à la Sûreté urbaine.
La scène filmée par un élève au lycée Canada de Pikine a enflé le débat public et poussé les autorités scolaires à suspendre la distribution jusqu’à nouvel ordre.
La visite officielle du Koweïtien au ministère et sa convocation par la police interviennent dans un climat de défiance autour des pratiques d’intervention extérieure dans les écoles publiques et privées.
La permission accordée par des chefs d’établissements pour distribuer de l’argent liquide à des élèves pose des questions factuelles sur la formation administrative et l’éthique de l’encadrement scolaire. Les faits montrent qu’un directeur de société a circulé dans une centaine de daaras avant de se rendre dans des lycées, ce qui implique une facilitation locale et une acceptation institutionnelle des gestes altruistes sans cadre clair. Cette absence de protocole est un élément vérifiable: aucune procédure nationale ne prévoit la remise de liquidités aux élèves par des donateurs étrangers sans contrôle parental ou administratif strict.
Les risques sont concrets. Distribuer des billets dans un espace éducatif peut créer des tensions entre élèves, fausser les dynamiques d’autorité et exposer les établissements à des pressions externes. Des responsables scolaires ont apparemment signé des autorisations; cela révèle non seulement une méconnaissance des règles de protection de l’enfance mais aussi un déficit de formation en gestion des partenariats. Dans plusieurs pays de la région, les circulaires ministérielles encadrent désormais tout contact entre donateurs et élèves, exigeant autorisation parentale, identification du donateur et signature d’un protocole. La situation observée à Pikine ressemble à des pratiques plus permissives, comparables à celles constatées autrefois dans des établissements où l’aide ponctuelle se substituait à une politique publique de soutien.
Le premier argument repose sur l’absence de procédures écrites: sans document formalisant l’autorisation, la responsabilité administrative reste floue et l’établissement devient vulnérable à des critiques légitimes. Le deuxième argument concerne la formation: la capacité des chefs d’établissements à évaluer les conséquences pédagogiques d’une distribution monétaire devrait être enseignée dans les modules de gestion scolaire, ce qui n’est pas le cas d’après les inspections scolaires locales. Le troisième argument touche à l’éthique: permettre une distribution d’argent par un étranger sans contrôle parental met en cause les standards de protection et la neutralité éducative. Un chef d’établissement autorisant de l’argent en classe place l’autorité éducative dans une position d’ambiguïté, proche de l’achat d’influence, et cela interroge la qualité de la gouvernance scolaire.
Des audits administratifs menés dans d’autres pays montrent que les écoles mieux formées disposent d’un registre des partenariats, d’un modèle de convention et d’une procédure d’information aux familles. Comparativement, l’incident de Pikine illustre une lacune systémique: manque de formation continue pour les chefs d’établissements et absence de mécanismes de contrôle financier dans les écoles.
Les faits établis autour de la distribution de billets par le Koweïtien révèlent plus qu’un acte isolé: ils pointent des faiblesses concrètes dans la formation et l’éthique des encadrements scolaires, ainsi qu’un vide de gestion administrative. L’autorisation accordée par des chefs d’établissements sans protocole ni information parentale expose les élèves et fragilise la crédibilité des écoles. Pour que l’éducation retrouve sa première mission, les autorités scolaires devront impérativement formaliser les règles de partenariat et renforcer la formation des responsables d’établissement.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Saliou Gaye.
Mis en ligne : 18/02/2026
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