Tourisme sexuel numérique : Le Ghana traque un prédateur russe - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 18/02/2026 09:02:00

Tourisme sexuel numérique : Le Ghana traque un prédateur russe

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Le gouvernement ghanéen a annoncé vouloir demander l’extradition d’un ressortissant russe accusé d’avoir filmé sans consentement des relations intimes avec plusieurs femmes et d’avoir diffusé ces vidéos en ligne. Le ministre des Technologies, Sam George, a convoqué l’ambassadeur de Russie à Accra samedi pour évoquer l’affaire et a indiqué que les actes constituent une infraction à la loi ghanéenne sur la cybercriminalité. Les autorités ghanéennes disent que le suspect aurait déjà quitté le pays.

Le ton officiel insiste sur la gravité des accusations et sur la volonté d’utiliser Interpol et les voies diplomatiques pour obtenir coopération et justice, même si la Russie extrade rarement ses citoyens.

Les premières constatations relient le même individu à faits similaires au Kenya, tandis que la loi ghanéenne de 2020 prévoit jusqu’à 25 ans de prison pour publication d’images intimes sans consentement.

La convergence des signalements au Ghana et au Kenya illustre un phénomène plus vaste: des personnes voyagent pour commettre des abus numériques, exploitant des failles juridiques et des différences d’application des lois dans la région. Le suspect, décrit comme blogueur et « séducteur » dans certains médias, aurait usé d’un dispositif dissimulé pour filmer. Les autorités ghanéennes évoquent des lunettes munies de caméra selon des sources médiatiques, sans confirmation formelle des services. Cette mobilité transfrontalière rend la poursuite pénale complexe: quand un auteur quitte le territoire, la suite dépend d’accords d’extradition, de la volonté politique et de la capacité technique des enquêteurs à rassembler des preuves numériques.

Les contrôles frontaliers et la coopération policière régionale peinent souvent à suivre le rythme des nouvelles technologies. Les enquêtes sur le partage non consensuel de contenus exigent expertise médico-légale numérique, conservation rapide des preuves et coordination internationale, éléments parfois insuffisants chez certains États de la région. La rareté des extraditions depuis la Russie complique l’option d’un renvoi forcé, tandis que la procédure ghanéenne permet de juger en l’absence du prévenu si celui-ci refuse de revenir, ce qui reste une solution imparfaite pour garantir l’accès aux pièces et aux témoins.

La répétition d’incidents impliquant un même individu entre plusieurs pays met en lumière l’existence d’un tourisme sexuel numérique organisé à l’échelle régionale. Premièrement, la mobilité du suspect et la diffusion rapide sur les réseaux sociaux favorisent l’impunité si les Etats ne coordonnent pas leurs réponses. Deuxièmement, les écarts entre lois et pratiques judiciaires renforcent les opportunités pour ces prédateurs: la présence d’une loi stricte au Ghana contraste avec les difficultés pratiques d’exécution extraterritoriale. Troisièmement, les victimes subissent des préjudices durables, et les autorités locales peinent à offrir soutien et réparation dans des affaires qui franchissent les frontières.

Comparer la situation avec l’affaire de 2022 au Ghana, où un technicien a été condamné pour diffusion de photos intimes, montre que la législation peut produire des condamnations nationales mais reste limitée face aux acteurs mobiles. Comparer la coopération régionale à celle observée dans d’autres régions du monde révèle des lacunes: alors que certaines zones disposent de mécanismes rapides d’entraide judiciaire, l’Afrique de l’Ouest et de l’Est sont encore en phase d’amélioration des échanges opérationnels. Les éléments de preuve numérique, la formation des forces de l’ordre et l’harmonisation des cadres juridiques sont des leviers concrets identifiés par des experts pour réduire le tourisme sexuel numérique.

Les statistiques locales indiquent une hausse des arrestations liées au partage non consensuel de contenus au Ghana depuis 2020, et la peine maximale inscrite dans la loi témoigne d’une volonté légale de sanctionner ces faits. Pourtant, les études régionales sur la criminalité numérique montrent que le principal obstacle reste l’exécution transnationale des décisions et la conservation des données hébergées à l’étranger.

Le lien apparent entre incidents au Ghana et au Kenya met en évidence l’ampleur du problème: des auteurs qui se déplacent pour commettre des violations sexuelles numériques exploitent des décalages juridiques et des faiblesses de coopération régionale. La législation ghanéenne est sévère, mais la prévention et la répression efficaces exigent plus de coordination transfrontalière, d’investissements en capacités d’enquête numérique et d’accords d’entraide judiciaire opérationnels. Sans ces mesures, les victimes resteront vulnérables et les prédateurs continueront à tirer profit de territoires morcelés.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Tiana T.
Mis en ligne :18/02/2026

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