UCAD : Après le drame, place aux responsabilités - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 18/02/2026 03:02:00

UCAD : Après le drame, place aux responsabilités

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Le 17 février 2026, plusieurs responsables du dispositif sécuritaire déployé lors des heurts sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop à Dakar ont été relevés de leurs fonctions: le commandant de la compagnie d’intervention à haut risque, le chef du groupement opérationnel de Dakar, le commandant de la 4e compagnie du groupement opérationnel de Thiès, un lieutenant de police et le commissaire du Point E. La décision suit le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba et les enquêtes judiciaires et médico-légales en cours.

L’État a agi rapidement en procédant à ces mesures, ce qui ouvre un espace pour la responsabilité administrative et pour une communication plus transparente autour des interventions sur les campus.

Les décisions ministérielles interviennent après des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre et après des déclarations publiques du procureur de la République Ibrahima Ndoye et du ministre de l’Intérieur Me Bamba Cissé au sujet des circonstances du décès.

La mesure de relever des responsables constitue d’abord une réponse institutionnelle formelle: elle traduit une responsabilité administrative face à un incident grave sur la voie publique. Les faits sont précis et vérifiables: des officiers en poste le jour des violences ont été déchargés de leurs fonctions le 17 février 2026, et un arrêté ministériel a mis fin aux fonctions du commissaire du Point E. Ces décisions correspondent aux outils juridiques et disciplinaires prévus par le droit administratif pour assurer la continuité de l’ordre public tout en permettant l’ouverture d’enquêtes.

Du point de vue opérationnel, la rotation des cadres sur le terrain peut favoriser une relecture des protocoles d’intervention et une adaptation des procédures de maintien de l’ordre dans les espaces universitaires. L’État dispose d’éléments factuels à utiliser pour réviser la doctrine: le rapport d’autopsie évoqué par le procureur et les constats d’actes de violence reconnus par le ministre offrent des bases techniques pour ajuster les règles d’engagement, la formation des unités et la chaîne de commandement.

La démarche s’inscrit aussi dans une trajectoire de transparence publique, car elle fournit aux familles, aux étudiants et à l’opinion des éléments visibles de sanction administrative sans préjuger de l’issue judiciaire. La démarche peut être rapprochée de pratiques observées dans d’autres contextes où des mises à pied temporaires ont permis de préserver l’indépendance des enquêtes, comme lors d’incidents policiers dans certains pays européens, et de renforcer la confiance institutionnelle lorsque les suites judiciaires sont rendues publiques. En comparaison avec des situations où aucune mesure n’a été prise, la décision rendue à Dakar montre un traitement plus direct et visible des responsabilités.

Sur le plan préventif, la mesure ouvrira la voie à des audits internes, à des formations renforcées pour les unités d’intervention et à la mise en place de mécanismes de contrôle plus transparents, si les autorités suivent les procédures annoncées. Le ministre de l’Intérieur a reconnu l’existence d’actes de violence et a rappelé que l’usage de la force par l’État devait rester nécessaire, proportionné et maîtrisé, formule qui peut servir de cadre pour l’élaboration de nouvelles instructions opérationnelles. Un témoin ou une source officielle pourrait renforcer la crédibilité du processus si la communication publique reste régulière et documentée.

La décision de relever des responsables sécuritaires le 17 février 2026 apparaît comme une étape administrative claire et documentée face à un incident grave sur le campus universitaire. En mettant en œuvre des mesures disciplinaires visibles et en s’appuyant sur des éléments d’enquête médico-légale et judiciaire, l’État montre qu’il assume des responsabilités et qu’il ouvre la voie à une culture de responsabilité et de transparence dans les interventions. Reste à transformer ces décisions en pratiques durables par des audits, par la formation des forces et par une communication factuelle qui consolide la confiance publique.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mame Diarra.
Mis en ligne : 18/02/2026

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