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Un article récent révèle que le directeur général de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Alé Niang, a déposé une plainte contre plusieurs responsables syndicaux et agents de l’entreprise, les convoquant devant la Section de recherches de Colobane. Ce passage du conflit social au terrain judiciaire marque un tournant préoccupant. Alors que le dialogue et la négociation devraient primer, cette escalade judiciaire interroge : est-ce une stratégie de résolution ou une fuite en avant ?
La RTS traverse une crise sociale profonde depuis plusieurs semaines. Les syndicats SYNPICS et SYNPAP dénoncent une « dérive managériale », pointant des décisions arbitraires, des atteintes à la liberté syndicale, et l’écartement de cadres expérimentés au profit de profils jugés plus dociles. Les tensions ont culminé avec l’interdiction d’un point de presse syndical dans les locaux de la RTS, une mesure qualifiée d’illégale par les syndicats, qui y voient une violation du Code du travail et des conventions internationales ratifiées par le Sénégal.
Le dépôt de plainte par Pape Alé Niang contre des journalistes et syndicalistes, juste après une marche réussie des travailleurs, illustre une logique de confrontation plutôt que de conciliation. Les syndicats, qui réclament le départ du directeur général et un audit urgent, accusent une gestion autoritaire et opaque, où les décisions sont prises sans concertation, voire en contournement des organes de contrôle. Le recours à la justice, dans ce contexte, apparaît comme un outil de pression, voire d’intimidation, plutôt qu’un moyen de résoudre les revendications légitimes des travailleurs.
La judiciarisation du conflit aggrave la méfiance et ferme la porte à une issue négociée. En Afrique subsaharienne, les entreprises publiques sont souvent appelées à jouer un rôle exemplaire en matière de respect des droits syndicaux et de gestion pacifique des conflits. Or, ici, la justice est instrumentalisée pour museler la contestation, au mépris des mécanismes traditionnels de médiation.
Les syndicats soulignent que les décisions unilatérales de la direction (comme la désignation de proches à des postes clés) nuisent à la qualité du service public audiovisuel et sapent la crédibilité de l’institution.
Dans d’autres pays africains, la judiciarisation des conflits sociaux a souvent conduit à une polarisation durable, affaiblissant la cohésion interne et l’efficacité des entreprises publiques.
En Côte d’Ivoire ou au Kenya, les conflits dans les entreprises publiques sont généralement gérés par la médiation ou l’arbitrage, afin de préserver le climat social et la continuité du service. Le choix de la voie judiciaire, comme à la RTS, est rare et souvent perçu comme un aveu d’échec du dialogue.
Le bras de fer judiciaire engagé par Pape Alé Niang risque d’aggraver la crise à la RTS, au détriment des travailleurs et du public. Plutôt que de recourir à la justice, la direction gagnerait à privilégier la médiation et le respect des accords collectifs. À défaut, c’est l’avenir même de l’audiovisuel public sénégalais qui est menacé. Il est urgent que l’État, garant de l’intérêt général, intervienne pour rétablir un dialogue apaisé et transparent.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 19/02/2026
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