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Le Programme alimentaire mondial (PAM), représenté par Ross Smith, directeur de la préparation et de la réponse d’urgence, a averti vendredi à Genève que la Somalie pourrait basculer dans la famine sans un financement d’urgence. L’agence signale deux saisons de pluies déficientes, des conflits persistants et 4,4 millions de personnes en insécurité alimentaire critique, avec des réductions massives des aides.
L’alerte dressée par le PAM souligne des coupes opérationnelles: le nombre de bénéficiaires est passé de 2,2 millions à 640 000 en un an, et l’aide nutritionnelle pour femmes enceintes et jeunes enfants a chuté de plus de 75 %. Le ton est sobre mais grave, et la présentation des faits montre un écart entre les besoins humains et la capacité réelle à répondre si les financements n’arrivent pas.
La Somalie subit des sécheresses récurrentes et des violences qui provoquent des déplacements massifs, avec 500 000 personnes contraintes de fuir au cours des cinq derniers mois. Près de 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont plus de 400 000 en situation de malnutrition sévère.
Les parallèles avec la famine de 2011 s’imposent par des éléments mesurables: à l’époque, la combinaison de sécheresse extrême, d’un accès humanitaire limité et d’un financement tardif a conduit à la mort de dizaines de milliers de personnes. Aujourd’hui, les indicateurs structurels sont similaires: déficit pluviométrique prolongé, perturbation des marchés alimentaires et obstacles à l’accès humanitaire imposés par l’insécurité. Le PAM précise qu’il dispose d’une capacité opérationnelle pour agir, mais que les réductions de financement ont déjà cessé des programmes vitaux.
Un deuxième parallèle concerne la coordination entre acteurs internationaux et autorités locales. En 2011, la réponse a été entravée par une coordination tardive entre agences onusiennes, ONG et bailleurs, ce qui a retardé l’acheminement des secours vers les zones rurales. Les chiffres récents montrent une contraction des bénéficiaires et une baisse drastique du soutien nutritionnel, signes d’une coordination qui peine à convertir fonds promis en assistance effective sur le terrain.
Les conséquences démographiques et sanitaires sont documentées: la malnutrition aiguë chez les enfants augmente les risques de mortalité infantile et de séquelles à long terme pour le développement cognitif. L’exode intérieur croissant fragilise les moyens d’existence et accroît la pression sur les services dans les villes d’accueil, reproduisant les dynamiques observées lors de la crise de 2011.
Les faits disponibles mettent en lumière trois limites concrètes qui rapprochent la situation actuelle de l’échec de 2011. D’abord, le chronogramme du financement: des promesses tardives ou partielles réduisent l’efficacité opérationnelle et forcent des arbitrages douloureux entre distribution alimentaire et programmes nutritionnels ciblés. Ensuite, l’accès sur le terrain: les zones contrôlées par des groupes armés restent difficiles à atteindre, comme en 2011, ce qui concentre la souffrance dans des poches invisibles. Enfin, la fragmentation de la réponse: l’absence d’une chaîne logistique unifiée et de mécanismes de suivi communs entraîne des doublons dans certains secteurs et des vides critiques dans d’autres.
La réduction de 75 % du soutien nutritionnel pour femmes et jeunes enfants rappelle la période précédant 2011 où les programmes ciblés avaient été négligés avant l’explosion de la crise. L’augmentation rapide des personnes déplacées renvoie à la même dynamique de surcharge des infrastructures urbaines, constatée durant la catastrophe de 2011.
Les données humanitaires récentes indiquent que l’aide alimentaire internationale a déjà dû prioriser les populations urbaines accessibles, laissant des communautés rurales isolées sous-assistées. Les coûts logistiques augmentent avec la saison sèche, et le prix du maïs et du sorgho est en hausse dans plusieurs marchés somaliens, réduisant le pouvoir d’achat des ménages. Les équipes de santé signalent une forte demande pour les centres de nutrition thérapeutique, alors que les stocks de produits thérapeutiques diminueront si les financements ne sont pas versés rapidement.
Les éléments factuels rassemblés montrent une répétition inquiétante de schémas observés en 2011: sécheresse persistante, accès humanitaire limité, financement insuffisant et fragmentation de la réponse. Les chiffres relatifs aux bénéficiaires, à la malnutrition infantile et aux coupes budgétaires constituent des indicateurs concrets de risque systémique. Le constat est froid et précis: sans une traduction rapide des engagements financiers en assistance opérationnelle cohérente, la Somalie risque de revivre des erreurs déjà documentées et d’entrer dans une crise humanitaire d’ampleur évitable.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Erika F.
Mis en ligne : 21/02/2026
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