Chute du prince Andrew : Le scandale Epstein rattrape la monarchie - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - International | Par Eva | Publié le 22/02/2026 09:02:00

Chute du prince Andrew : Le scandale Epstein rattrape la monarchie

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Le frère cadet du roi Charles, Andrew Mountbatten-Windsor, a été arrêté le 19 février 2026 à Windsor par la police de Thames Valley. Il est visé par une enquête pour « faute dans l’exercice de fonctions officielles » concernant des allégations de transmission de documents officiels à Jeffrey Epstein, et des perquisitions ont eu lieu à deux adresses en Angleterre. Les faits remontent à 2010, époque où il était représentant commercial du Royaume-Uni.

L’ancien prince Andrew a déjà perdu des titres et des responsabilités publiques après l’éclatement du scandale Epstein, et cette arrestation relance les questions sur l’immunité pratique des élites. La mise en cause porte sur des rapports de voyages officiels envoyés prétendument à Epstein, documents qui décrivent des déplacements au Vietnam, à Singapour et ailleurs. L’affaire illustre une trajectoire personnelle marquée par des fonctions militaires, des missions diplomatiques et des liaisons controversées.

L’arrestation suit une plainte déposée par le groupe Republic après la publication de millions de pages liées à Jeffrey Epstein, et intervient après des années d’accusations publiques et de retrait officiel des prérogatives royales de l’intéressé.

Les éléments publics montrent un enchevêtrement entre prestige institutionnel et réseaux privés. Andrew Mountbatten-Windsor occupait des fonctions de représentation commerciale sans salaire direct du ministère, avec remboursement de frais importants, et il bénéficiait d’un accès facilité aux cercles politiques et diplomatiques. Ces conditions ont permis des rencontres et des échanges qui seraient autrement encadrés par des procédures administratives strictes. L’allégation de transmission de rapports officiels à une personne condamnée pour des crimes sexuels pointe une faille procédurale: des documents liés à des missions officielles auraient circulé en dehors des circuits habituels de protection de l’information.

Les pratiques rapportées en 2010 révèlent une porosité entre intérêts institutionnels et liens personnels. Les dépenses déclarées pour des voyages officiels, évaluées à plus de 700 000 euros certaines années, traduisent une visibilité et une liberté de déplacement supérieures à celles d’un fonctionnaire ordinaire. Cette situation rappelle d’autres cas où des représentants influents ont utilisé leur statut pour obtenir des avantages privés, comme lorsque des diplomates ont transformé des missions en opportunités commerciales personnelles. La comparaison place l’affaire Andrew dans une perspective plus large de privilèges institutionnels perçus comme hors de portée des contrôles classiques.

Premièrement, la combinaison d’un rôle non rémunéré et d’un remboursement de frais crée un flou de responsabilité: la gestion de documents et la justification des rencontres sont moins surveillées que dans un poste salarié. Deuxièmement, l’appartenance à la famille royale procure un capital symbolique et logistique qui facilite l’accès à des acteurs internationaux sans les garde-fous habituels. Troisièmement, la lenteur apparente des réponses institutionnelles jusqu’à l’arrestation illustre la difficulté de soumettre les élites aux mêmes normes d’enquête que le reste de la population.

Des faits renforcent ce constat: l’exclusion progressive d’Andrew des fonctions publiques après la révélation de sa relation avec Jeffrey Epstein, la dénonciation par un groupe antimonarchiste, et la libération massive de documents judiciaires américains qui ont alimenté la plainte. Ces éléments montrent un mécanisme où la révélation publique et la pression médiatique deviennent les moteurs principaux de responsabilité, plus que des contrôles administratifs internes.

L’affaire sert d’exemple pour étudier la culture du privilège dans les institutions. Les réseaux d’influence, qu’ils soient relationnels, financiers ou symboliques, peuvent retarder la mise en œuvre de procédures disciplinaires et judiciaires. En comparant cette situation à d’autres dossiers impliquant des élites, on observe une tendance récurrente: la responsabilité effective dépend souvent d’une exposition publique violente plutôt que d’une application préventive et systématique de la loi.

Des rapports parlementaires sur la transparence des dépenses publiques et des enquêtes judiciaires internationales montrent que le contrôle des représentants non rémunérés reste lacunaire. Des ONG spécialisées en transparence recommandent des mesures précises: registres publics de rencontres, règles strictes de gestion des documents classifiés et procédures d’audit indépendantes pour les émissaires officiels.

L’arrestation d’Andrew Mountbatten-Windsor ramène au premier plan la question de l’égalité devant la loi lorsque des personnalités protégées par le statut public sont mises en cause. Les faits disponibles décrivent un mélange de privilèges matériels et symboliques qui ont facilité des échanges hors des circuits formels, jusqu’à ce que des révélations extérieures entraînent une réaction judiciaire. L’affaire met en lumière la nécessité, appuyée par des données et des comparaisons, d’un renforcement des garde-fous institutionnels pour éviter que le prestige n’exonère de la responsabilité.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Kristina G.
Mis en ligne : 22/02/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top