Condamnations au Maroc : Le Sénégal doit-il continuer à tendre l’autre joue ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Eva | Publié le 22/02/2026 12:02:00

Condamnations au Maroc : Le Sénégal doit-il continuer à tendre l’autre joue ?

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La condamnation de 18 supporters sénégalais à des peines de prison ferme au Maroc, allant de trois mois à un an, a suscité une vague d’indignation au Sénégal et bien au-delà. Si Madiambal Diagne appelle à une demande de grâce royale et brandit l’option du rappel de l’ambassadeur, force est de constater que la réaction des autorités sénégalaises reste timide, voire hésitante. Pourtant, c’est bien le Maroc qui, par une justice expéditive et des peines disproportionnées, a rompu le pacte de fraternité qui unit nos deux nations. Face à cette injustice, le gouvernement sénégalais doit cesser de jouer les suppliants et affirmer sa dignité.

Les faits remontent à la finale de la CAN 2025, le 18 janvier 2026 à Rabat. Après un penalty controversé accordé au Maroc, des heurts ont éclaté entre supporters sénégalais et forces de l’ordre. Un mois plus tard, la justice marocaine a rendu son verdict : neuf supporters condamnés à un an de prison et une amende de 460 euros, six à six mois et 180 euros, et trois à trois mois et 90 euros. Ces condamnations, qualifiées de « tristes et décevantes » par la défense, reposent sur des accusations de « hooliganisme » et des preuves jugées peu solides, comme des images de caméras de surveillance et des certificats médicaux contestés. Pourtant, la Fédération sénégalaise de football (FSF) et la société civile ont dénoncé une décision « incompréhensible » et « excessive », soulignant que le sport doit rester un espace de rapprochement, non de répression.

La réponse marocaine est d’autant plus choquante qu’elle intervient dans un contexte où le Sénégal a toujours œuvré pour l’apaisement. Dès les premiers jours de la crise, les autorités sénégalaises ont mobilisé leurs services consulaires et diplomatiques, en collaboration avec Rabat, pour assurer un accompagnement juridique et humain aux détenus. Pourtant, malgré ces efforts, le Maroc a choisi la voie de la fermeté, voire de l’humiliation, en maintenant des peines lourdes et en rejetant toute idée de clémence. Pire, les avocats des supporters ont dénoncé un procès inéquitable, où les droits de la défense n’ont pas été pleinement respectés.

Les images des incidents montrent des supporters sénégalais tentant d’envahir le terrain après une décision arbitrale perçue comme injuste. Pourtant, aucune preuve irréfutable ne démontre leur culpabilité individuelle. La défense a plaidé pour des peines alternatives ou une relaxe, en vain. À titre de comparaison, lors de la CAN 2019, des supporters algériens impliqués dans des incidents similaires avaient bénéficié de mesures bien plus clémentes.

Le Sénégal a toujours privilégié le dialogue et la préservation des liens historiques avec le Maroc. Mais quand un pays partenaire condamne vos ressortissants sans nuance, il est temps de réévaluer la relation. La CEDEAO et l’Union africaine, bien que souvent critiquées pour leur sélectivité, ont montré qu’elles pouvaient sanctionner les atteintes aux droits fondamentaux. Pourquoi le Sénégal ne s’appuierait-il pas sur ces instances pour faire entendre sa voix ?

Alors que la presse sénégalaise s’indigne (« Rabat tranche, Dakar gronde »), le gouvernement semble se contenter de déclarations de principe. Pourtant, des voix s’élèvent pour exiger une réaction plus ferme, comme le rappel de l’ambassadeur ou une mobilisation continentale. Le Premier ministre Ousmane Sonko avait pourtant démontré, en janvier, qu’une intervention directe pouvait accélérer les choses. Où est passée cette détermination ?

L’histoire récente regorge d’exemples où des pays africains ont su défendre leurs ressortissants à l’étranger. En 2023, la Guinée avait obtenu la libération de ses citoyens détenus en Arabie saoudite grâce à une diplomatie offensive. Plus près de nous, l’Algérie a su faire plier la FIFA pour défendre ses joueurs. Le Sénégal, lui, semble prisonnier d’une logique de soumission, comme si la peur de froisser Rabat primait sur la protection de ses enfants.

Le Maroc a franchi une ligne rouge. Il ne s’agit plus seulement de football, mais de dignité nationale. Le président Bassirou Diomaye Faye doit passer des mots aux actes : solliciter la grâce royale, oui, mais aussi préparer des mesures de rétorsion si le Maroc persiste dans son intransigeance. La CEDEAO et l’Union africaine doivent être saisies. Nos supporters ne sont pas des criminels, mais des passionnés qui méritent mieux qu’un abandon diplomatique.

Libérez ces jeunes. Le Sénégal ne doit plus mendier le respect, il doit l’exiger.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 22/02/202
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