Au-delà des clichés : Ces Guinéennes qui défendent la polygamie - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Eva | Publié le 23/02/2026 04:02:00

Au-delà des clichés : Ces Guinéennes qui défendent la polygamie

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Un récent article de Mediaguinee met en lumière un phénomène souvent mal compris : en Guinée, certaines femmes revendiquent la polygamie non comme une contrainte, mais comme un choix conscient et assumé. Pour elles, lorsque l’homme fait preuve d’équité, de responsabilité et de respect, ce modèle peut favoriser l’équilibre du foyer, réduire les tensions conjugales et instaurer une forme de solidarité entre coépouses. Je souhaite ici partager une analyse nuancée de cette réalité, loin des clichés, et défendre l’idée que la polygamie, lorsqu’elle est vécue dans le respect et la transparence, peut représenter une organisation familiale structurante et épanouissante.

En Guinée, la polygamie est une pratique ancrée dans les mœurs, malgré les débats juridiques et sociétaux qui l’entourent. Le nouveau Code civil guinéen, adopté en 2019, encadre désormais cette pratique en exigeant l’accord explicite de la première épouse lors de la célébration du mariage, limitant le nombre d’épouses à quatre. Cette évolution législative reflète une volonté de concilier tradition et droits des femmes, tout en reconnaissant la diversité des aspirations familiales. Selon les données, environ 26 % des mariages en Guinée sont polygames, un chiffre qui témoigne de la persistance de ce modèle, notamment dans les milieux ruraux et parmi les populations musulmanes.

Les témoignages recueillis révèlent que pour certaines femmes, la polygamie n’est pas synonyme d’oppression, mais plutôt d’une organisation pragmatique du quotidien. M’Mah Soumah, par exemple, y voit « un bon médicament de repos dans un couple », permettant de partager les responsabilités et de préserver l’harmonie familiale. Angeline Bèdymi Camara souligne quant à elle les avantages organisationnels et sociaux : solidarité entre coépouses, soutien mutuel en cas de congé de maternité ou de charge professionnelle, et réduction des tensions liées à la gestion exclusive du foyer par une seule femme. Ces récits viennent contredire l’idée reçue selon laquelle la polygamie serait systématiquement source de conflits ou d’injustice.

Plusieurs éléments plaident en faveur d’une vision positive de la polygamie, à condition qu’elle soit pratiquée dans un cadre équitable. D’abord, la transparence : contrairement aux relations extraconjugales cachées, la polygamie légale offre une reconnaissance officielle à chaque épouse, avec des droits et des devoirs clairement définis. Ensuite, la solidarité entre coépouses, souvent mise en avant par les concernées, qui décrivent une répartition des tâches et un soutien mutuel bénéfiques pour l’éducation des enfants et la gestion du ménage. Enfin, la sécurité matérielle et affective est souvent garantie, comme en témoigne cette femme : « Je n’ai aucun problème tant qu’il respecte mes jours, m’accorde du respect et répond à mes besoins. J’ai ma voiture, ma maison et mes dépenses assurées. Qu’est-ce qui me manquerait ? ».

Des études sociologiques récentes confirment que, dans certains contextes, une gestion équilibrée de la polygamie peut renforcer les valeurs d’entraide et de cohésion familiale, à condition que l’homme assume pleinement ses responsabilités et que les épouses puissent communiquer librement. Cette approche pragmatique, où chacun connaît sa place et ses droits, peut ainsi limiter les frustrations et favoriser une stabilité que la monogamie ne garantit pas toujours.

La polygamie n’est pas une exception guinéenne. Au Sénégal, par exemple, près de 35 % des mariages sont polygames, et certaines femmes intellectuelles y voient un modèle d’organisation familiale adapté à leurs aspirations. En Afrique de l’Ouest, des pays comme le Mali ou le Niger légalisent également cette pratique, sous réserve de conditions strictes d’équité et de consentement. Même en Europe, où la polygamie est interdite, des familles polygames existent de fait, souvent issues de l’immigration, et soulèvent des questions sur la reconnaissance des modèles familiaux alternatifs.

Il est temps de dépasser les préjugés et de reconnaître que la polygamie, lorsqu’elle est choisie et vécue dans le respect, peut offrir un cadre familial structuré et épanouissant. Les témoignages des femmes guinéennes qui l’assument avec fierté nous invitent à repenser notre vision de la famille et à accepter que la diversité des modèles conjugaux puisse répondre à des besoins variés. Plutôt que de la condamner systématiquement, il convient d’encadrer cette pratique pour en limiter les abus et en maximiser les bénéfices pour toutes les parties prenantes. En définitive, la question n’est pas tant idéologique que pratique : tout repose sur la justice de l’homme et l’entente entre les épouses.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 23/02/202
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