Biggy vs Bour Gueweul : Le pouvoir destructeur des médias people - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - People | Par Maimouna | Publié le 24/02/2026 12:02:00

Biggy vs Bour Gueweul : Le pouvoir destructeur des médias people

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Le journaliste-influenceur Amadou Moctar Rahim Teuw, connu sous le nom de Biggy, a porté plainte contre le chroniqueur Bour Gueweul du Comité national des médias. L’affaire est inscrite au rôle du Tribunal de Dakar pour le lundi 23 février; les chefs d’accusation cités sont la collecte illicite de données à caractère personnel, les injures publiques, la diffamation et le harcèlement. La plainte indique que des images et une photo de l’influenceur ont été diffusées pendant une émission traitant de l’homosexualité.

Cet affrontement judiciaire place la question de la vie privée au cœur du débat public et interroge la pratique des chroniqueurs dans les médias audiovisuels.

La procédure fait suite à une émission au cours de laquelle Bour Gueweul aurait caricaturé Biggy en le montrant vêtu d’habits féminins, puis aurait projeté sa photo en gros plan dans un débat sensible, selon la plainte déposée à Dakar.

Le dossier rassemble des éléments qui illustrent les dérives possibles d’une presse de divertissement quand elle empiète sur la sphère privée. La diffusion d’une photo en gros plan au sein d’un débat sur l’orientation sexuelle expose une personne à une stigmatisation publique et à des risques de réputation durables. La collecte et l’utilisation de données personnelles sans consentement constituent une infraction prévue par la loi sur la protection des données, et la mention explicite de ces chefs d’accusation dans la plainte montre que l’affaire dépasse la simple provocation verbale.

Les chroniqueurs disposent d’une forte capacité d’audience et d’une influence sur les réseaux sociaux, ce qui transforme parfois une remarque en lynchage médiatique. Quand un animateur choisit d’exposer l’image et l’identité d’une personne dans un débat polémique, il met en jeu la sécurité morale et sociale de la personne visée. Des décisions judiciaires précédentes au Sénégal et dans d’autres juridictions ouest-africaines ont déjà sanctionné des excès comparables, en retenant la diffamation ou la violation de la vie privée comme motifs de condamnation. La comparaison avec des cas de presse people en Europe montre que la répétition des attaques publiques produit des dommages psychologiques et professionnels sur la durée.

La plainte de Biggy s’appuie sur plusieurs types de préjudice: atteinte à l’honneur, atteinte à l’image et collecte illicite d’informations. Ces éléments sont vérifiables et rappellent l’existence d’un cadre légal qui vise à protéger la personne contre l’exposition non consentie. La responsabilité civile et pénale d’un chroniqueur peut être engagée si les faits sont prouvés, et le tribunal devra examiner la provenance des images, l’existence d’un consentement et l’intention éventuelle de nuire.

La mise en spectacle de la vie privée par les médias de divertissement pose une question éthique: jusqu’où la recherche d’audience autorise-t-elle l’humiliation? Une chronique qui frôle l’invective publique peut satisfaire une demande de sensations, mais elle laisse des victimes derrière elle. La presse qui transforme des individus en objets de raillerie court le risque de banaliser la transgression des droits individuels. Les autorités judiciaires sont ainsi appelées à clarifier les frontières entre la liberté d’expression et la protection de la dignité humaine.

Des études juridiques sur la protection des données et la diffamation montrent que la répétition d’attaques publiques multiplie les conséquences dommageables pour la personne ciblée, y compris en termes d’opportunités professionnelles et de santé mentale. Un comparatif entre sanctions prononcées dans les contentieux de presse et les condamnations pour harcèlement en ligne met en évidence une tendance: les médias qui externalisent l’humiliation bénéficient d’une impunité relative sauf lorsque la victime saisit la justice.

Le procès prévu au Tribunal de Dakar oppose des faits précis: diffusion d’images, injures publiques, allégations de collecte illégale de données et plainte pour harcèlement. Au-delà du cas personnel de Biggy, l’affaire illustre un conflit plus large entre la quête d’audience des chroniqueurs et les droits des citoyens à la protection de leur vie privée et de leur dignité. La décision judiciaire apportera des éléments concrets sur la responsabilité des médias et pourra servir de repère pour éviter que la vie privée ne devienne un spectacle sans limites.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Makhtar S.
Mis en ligne : 24/02/202
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